Guédiawaye : 10 ans requis contre un auxiliaire de police accusé d’avoir brisé l’innocence de sa nièce de 12 ans


À Guédiawaye, l’audience a glacé le sang. Dans le box des accusés, un homme en uniforme hier encore respecté. Aujourd’hui, il fait face à la justice pour des faits d’une gravité extrême. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le parquet a requis dix ans de réclusion criminelle contre M. Sané, auxiliaire de police de 34 ans, poursuivi pour viols sur sa nièce mineure.

 

 

Un homme de loi au banc des accusés

 

Auxiliaire de police, matricule de la promotion 2018, M. Sané servait au ministère de l’Intérieur. Marié et père de deux enfants, il jouissait d’un statut respecté au sein de la famille de son épouse à Mbao. Mais en mai 2022, tout bascule.

 

D’après L’Observateur, l’ordonnance de renvoi lui reproche d’avoir abusé de sa position d’oncle pour agresser deux fillettes : L. Barry, 12 ans, et N.A. Ndiaye, 10 ans. Une scène insoutenable dans la cuisine. 

 

C’est l’épouse de l’accusé qui met fin au silence. Ce jour-là, alors qu’elle prépare le repas et s’absente brièvement pour la boutique, elle confie la vaisselle à sa nièce. À son retour, elle surprend son mari en train de soulever la jupe de l’enfant et de tenter de lui imposer des attouchements.

 

À la barre, encore bouleversée, elle témoigne : « J’ai crié de toutes mes forces pour alerter ma sœur. » Enceinte au moment des faits, elle dit avoir immédiatement confronté son mari. Sa réponse ? « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. »

 

Des aveux contradictoires

 

Face au juge, l’accusé reconnaît des attouchements, mais nie le viol. Il affirme n’avoir « mis que son doigt », tentant de minimiser les faits.

 

Mais le magistrat lui rappelle ses déclarations devant le juge d’instruction : il avait admis deux rapports sexuels avec pénétration, allant jusqu’à évoquer un prétendu consentement.

 

Un argument balayé par le certificat médical qui mentionne une « béance hyménéale », confirmant la gravité des faits.

 

Quant à la jeune L. Barry, son récit est constant et accablant. Elle évoque des agressions répétées sur plusieurs semaines, des menaces de mort pour imposer le silence, et la force brute d’un oncle qui la bâillonnait pour étouffer ses cris.

 

Bataille procédurale et ligne de défense fragile

 

Avant d’aborder le fond du dossier, la défense a tenté d’annuler la procédure. Me Alioune B. Ndiaye a soulevé une exception de nullité, dénonçant l’absence d’avocat lors de l’enquête préliminaire.

 

Le ministère public a répliqué que l’accusé avait volontairement renoncé à la présence d’un conseil, conformément à l’article 105. L’exception a été rejetée.

 

Interrogé sur son état mental, M. Sané affirme ne pas être fou, évoquant plutôt « l’œuvre de Satan » pour expliquer ses actes.

 

Un argument qui n’a pas convaincu le procureur. Dix ans requis, aucune circonstance atténuante

Dans son réquisitoire, le ministère public a souligné la « position inconfortable » de juger un homme chargé de faire respecter la loi. Il a requis dix ans de réclusion criminelle, insistant sur l’absence totale de circonstances atténuantes.

 

Fait surprenant, la mère de la victime, représentant la partie civile, a déclaré avoir rédigé une lettre de désistement : « Je lui pardonne par humanisme. » Un pardon qui n’éteint pas l’action publique.

 

La défense, elle, plaide pour la clémence. Elle décrit l’accusé comme un « délinquant primaire » qui aurait « trébuché », et demande l’acquittement pour les faits concernant la seconde fillette, au motif que le certificat médical ne relève aucune lésion.

 

Le sort de l’auxiliaire de police est désormais entre les mains du tribunal. Le verdict est attendu le 7 avril 2026.

Vendredi 20 Février 2026
Dakaractu