Groupe consultatif : confiance renouvelée des PTF à l’économie sénégalaise


Après 2002, 2007 et 2014, le Sénégal s’est encore présenté au  Groupe consultatif de Paris.
Il faut rappeler que l’objectif principal de ce Groupe consultatif, organisé avec l’appui de la Banque mondiale et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), était de mobiliser tous les partenaires autour de la phase 2 du Plan Sénégal Emergent et de converger vers un développement décliné dans le Plan d’actions prioritaires (PAP, 2019-2023).
Il s’intègre dans le processus continu de dialogue et de concertation sur les orientations du PSE, de mobilisation de ressources et de partenariats mais également, d’appropriation des priorités nationales par les acteurs au développement et la population.
Ce groupe consultatif s’est tenu dans un contexte de mise en œuvre de la seconde phase du PSE avec le renforcement de l’exploration et d’exploitation de ressources minières, notamment l’or, le pétrole et le gaz.
Lors de ce Groupe consultatif, Le Sénégal a réussi à mobiliser 8.091 milliards Fcfa, un montant qui va au-delà ce qu’ils espéraient, c’est-à-dire 2.850 milliards de francs, pour le financement de la phase 2 du Plan Sénégal émergent (qui constituaient le gap après le financement provenant de l’Etat et celui imputé au secteur privé)
Cet engouement des bailleurs dénote une grande confiance des partenaires techniques et financiers en la politique mise en oeuvre par le Sénégal au regard ses performances économiques, notamment la consolidation de la croissance, la baisse du déficit et la maîtrise de l’endettement (risque de surendettement faible).
En effet, au cours de ces quatre premières années de mise en œuvre du PSE, il s’est avéré que les fondements de l’émergence se sont consolidés.
En effet, le cadre macroéconomique s’est stabilisé, dans un contexte de mise en œuvre de l’instrument de soutien à la politique économique.
L’Etat du Sénégal a mis en place des infrastructures structurantes d’appui à la productivité économique.
Ainsi, d’importants chantiers ont été achevés ou lancés, notamment le nouvel Aéroport international de Diass, le prolongement de l’autoroute Dakar-Diamniadio, l’autoroute Thiès-Touba, le désenclavement des zones de production, l’équipement du monde rural, le Train Express Régional (TER), le Parc industriel de Diamniadio, la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Bamako, le développement de nouveaux pôles touristiques, etc.
En outre, le Sénégal a enregistré des progrès substantiels dans l’amélioration du climat des affaires, à travers la mise en œuvre du Programme triennal de Réformes de l’Environnement des Affaires et de la Compétitivité (PREAC), pour se hisser parmi les meilleurs réformateurs du monde. L’Etat du Sénégal a mis en place des Zones économiques spéciales (ZES) à Diamniadio, à Diass et à Sandiara, pour accroître les opportunités économiques du secteur privé et amorcer l’industrialisation durable du pays.
Pour une consolidation des progrès enregistrés, le Gouvernement a élaboré le Plan d’actions prioritaires (PAP) 2019-2023 qui se base sur une analyse des meilleures pratiques tant au niveau national que mondial en termes de transformation structurelle de l’économie et de la croissance.
Ce second PAP vient renforcer les bonnes performances macroéconomiques, l’offre en services sociaux de base et accélérer l’éradication de la pauvreté. Cette politique de productivité, à travers le développement des infrastructures et la diversification du tissu industriel, constitue, le véritable socle pour garantir une émergence durable de notre économie.
Cette rencontre avec les partenaires Techniques et Financiers sera poursuivi d’un forum des investisseurs privés.
Cette conférence permettra de présenter aux partenaires techniques et financiers, aux investisseurs privés et à la diaspora, la seconde phase du PSE et les opportunités d’investissement au Sénégal, en vue de mobiliser les ressources complémentaires pour financer le développement sur la période 2019-2023.
La communauté internationale a renouvelé encore une fois sa confiance en notre économie. La présence massive et les interventions des partenaires au Groupe consultatif confortent notre pays dans son option d'une croissance soutenue pour l'émergence et une prospérité partagée.
 
Toutefois, l’Etat du Sénégal doit davantage travailler à rendre plus inclusive la croissance.
En effet, certes, le Plan Sénégal Emergent a permis d’accélérer la transformation structurelle de l’économie Sénégalaise, avec des réformes qui placent désormais le Sénégal dans le Top 5 des pays africains les plus réformateurs (Doing Business) avec une nouvelle dynamique de croissance économique plus forte et régulière, dépassant 6% depuis 2015 (l’une des plus fortes du continent). Mais cette croissance est peu inclusive et largement portée par les investissements publics.
Pour rendre la croissance soutenable et durable, le secteur privé doit prendre le relais et jouer son véritable rôle.
Ainsi, dans le cadre de la deuxième phase du PSE, les défis demeure la création de richesses partagée et l’inclusion sociale, l’amélioration continue du climat des affaires du secteur privé et le développement de PME capables de créer des emplois durables, particulièrement en faveur des jeunes pour rendre la croissance inclusive.
 
Ibra MBAYE
Docteur en Sciences Economiques
Mardi 18 Décembre 2018
Dakaractu



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