Grogne au Lycée technique Delafosse : Le personnel conteste la nomination du proviseur et réclame la transparence promise par le ministère


Les personnels du Lycée technique industriel Maurice Delafosse (LTID) de Dakar, réunis au sein de leur amicale, ont rendu public ce mardi, un communiqué de presse dans lequel ils dénoncent la nomination du nouveau proviseur, intervenue après celle du nouvel intendant. Ils demandent que la sélection « transparente et démocratique » annoncée par le ministère soit appliquée jusqu'au bout, et disent rester mobilisés tant qu'ils n'auront pas obtenu gain de cause. Selon le personnel, le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle et technique a nommé, en remplacement de Balla Thiam, admis à la retraite, un agent de l'administration centrale. Professeur d'histoire et de géographie de formation, celui-ci n'aurait jamais servi dans une structure de formation professionnelle et technique, alors que cette expérience figure, selon l'Amicale, parmi les critères d'éligibilité des candidats au poste.
 
Les personnels évoquent une situation similaire pour le poste d'intendant, laissé vacant par le départ à la retraite de Gilbert Fall. Un collègue de l'établissement avait été nommé intendant par intérim, avant d'être remplacé par un agent du ministère. Ces deux décisions successives ont été accueillies « avec une profonde surprise » par la communauté éducative, d'après le texte.
 
L'Amicale rappelle que le LTID, avec ses filières industrielles, ses ateliers, ses laboratoires et ses équipements, exige à sa tête une expérience avérée de la formation technique et du management d'un établissement de cette envergure. Elle soutient que le ministère l'a lui-même reconnu dans son appel à candidature, lequel exige cinq années d'exercice dans une structure de formation professionnelle et technique, ainsi que des compétences avérées en management de la formation professionnelle et technique.
 
Dans cet appel à candidature, le ministère avait annoncé que le choix des dirigeants se ferait « à travers une procédure de sélection transparente et démocratique », comprenant une étude des dossiers, une présélection et un entretien devant un comité de sélection. Les personnels disent « prendre le ministère au mot » : ils s'interrogent sur les critères appliqués et sur le déroulement de cette sélection, et demandent que les réponses soient rendues publiques. Selon eux, l'absence d'explication nourrit une défiance durable que l'établissement ne peut plus se permettre.
L'Amicale formule cinq demandes notamment, la communication des critères appliqués, de la liste des candidats présélectionnés et de la composition du comité de sélection; le réexamen de la décision de nomination du nouveau proviseur ; une rencontre avec le ministre. Mais également la prise en compte effective des compétences, de l'expérience et des profils issus du secteur de l'enseignement technique et de la formation professionnelle, notamment ceux disposant d'une expérience significative au sein des établissements de formation professionnelle et technique (EFPT). 
 
Concernant la mobilisation, les personnels indiquent s'être réunis en assemblée générale le mercredi 7 octobre 2026 pour exprimer officiellement leur désapprobation. Ils ont ensuite boycotté l'assemblée générale de rentrée du mercredi 14 octobre 2026 et porté des brassards rouges lors de l'accueil du ministre au LTID, « signe visible, pacifique et digne » de leur mobilisation.
 
Le porte-parole de l'Amicale se veut sans ambiguïté sur la nature du combat : « Nous ne contestons pas une personne. Nous défendons une règle : celle que le ministère a lui-même posée. » Il ajoute que les agents de l'enseignement technique « ne se contenteront ni de promesses ni de silence » et resteront mobilisés, « dans le calme et la dignité », jusqu'à ce que la transparence soit établie.
 
Les personnels appellent enfin l'autorité de tutelle à ouvrir sans délai un dialogue franc et respectueux. Ils invitent aussi les organisations syndicales, les parents d'élèves et l'ensemble des acteurs de l'enseignement technique à se joindre à leur exigence de transparence, de mérite et de reconnaissance des compétences, en y voyant un enjeu pour l'avenir du LTID, la formation des élèves et la crédibilité de la politique de développement de la formation professionnelle et technique.
 
Mardi 20 Octobre 2026
Dakaractu