“Les jeunes ne sont pas associés aux discussions. On nous vole notre avenir et, comme on a pu le constater ici, les écoles ne reçoivent pas les investissements dont elles ont besoin”, a déclaré, keffieh sur les épaules, la militante écologiste suédoise de 23 ans aux journalistes présents devant le lycée, où plus d’une centaine de jeunes étaient rassemblés.
“Alors, qu’est-ce qu’on est censé faire? Abandonner? Bien sûr que non. C’est justement ce que les gens expriment ici: nous n’allons pas abandonner et nous allons nous battre pour cet avenir qu’on nous vole sous nos yeux”, a-t-elle poursuivi, se disant “extrêmement fière des étudiants français”.
Des avocats pour protéger les lycéens
Une vingtaine d’avocats ont également fait le déplacement pour protéger les lycéens de la police et “empêcher l’irréparable”, a déclaré à l’AFP, Me Romain Ruiz, avocat au barreau de Paris et cofondateur du collectif Colère noire. Les avocats, qui prévoient de faire un cordon entre la police et les lycéens en cas de tension, ont également dénoncé les confiscations de pancartes et les tentatives, selon eux, d’empêcher le mouvement.
La plupart des universités “bloquées” ou “fermées”
La plupart des universités sont “bloquées” ou “fermées” mardi dans le cadre de la nouvelle journée nationale du mouvement lycéen et étudiant, a affirmé un syndicat étudiant, le gouvernement recensant des perturbations dans 35% des établissements du supérieur. “90% des facs sont bloquées ou fermées en ce 13 octobre”, a indiqué dans un message à la presse l’organisation Union étudiante, disant avoir une liste détaillée, alors que le ministère fait un calcul différent.
À Paris, un cortège doit s’élancer à 14H de la place d’Italie jusqu’aux Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l’Éducation, à l’appel des principales organisations de jeunesse, qui demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
200 établissements scolaires fermés
“Aujourd’hui, on devrait être sur environ (...) 200 établissements fermés, ce qui est moins que la semaine dernière”, a déclaré le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, sur France Inter, évoquant une “décrue par rapport aux semaines précédentes”. Le gouvernement “commence à apporter des solutions très concrètes, notamment sur le remplacement” des professeurs, a-t-il affirmé. Sur “23 académies sur 30”, “depuis vendredi, 35% des remplaçants qui étaient disponibles ont déjà été affectés”, a-t-il détaillé, “et on a recruté une centaine de personnes supplémentaires”. Le gouvernement a promis que 3.000 professeurs remplaçants seraient déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.