Grand-Yoff : six « faux pharmaciens » arrêtés et 390 kg de produits médicaux saisis au marché



Une opération menée au marché de Grand-Yoff a conduit à l’arrestation de six personnes soupçonnées d’exercer illégalement la pharmacie. Selon L’Observateur, 390 kilogrammes de produits pharmaceutiques ont été saisis, parmi lesquels des antibiotiques, des psychotropes, des corticoïdes, des produits favorisant la prise de poids et même des médicaments vétérinaires. Les suspects ont été déférés au parquet de Dakar.


Une enquête discrète ouverte autour du marché
 
Le commerce illicite de médicaments qui prospérait dans les dédales du marché de Grand-Yoff a fini par attirer l’attention de la hiérarchie policière.
 
Selon L’Observateur, les limiers du commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff ont ouvert une enquête après avoir reçu l’instruction de mettre fin à cette activité et de démanteler le réseau qui l’alimentait.
 
Le dispositif mis en place reposait sur des filatures discrètes, des opérations de reconnaissance menées par des policiers en civil et l’identification des principaux points de vente.
 
Les enquêteurs ont également cherché à déterminer les profils des personnes impliquées dans l’approvisionnement et la distribution de ces produits.
 
Une intervention lancée après plusieurs semaines de surveillance
 
Une fois les contours du réseau suffisamment établis, le commissaire a décidé de lancer l’opération.
 
Les éléments de la brigade de recherches ont investi le marché, prenant de court plusieurs vendeurs. L’effet de surprise a permis l’interpellation de plusieurs suspects et la découverte de stocks importants.
 
Les policiers ont mis la main sur des médicaments exposés sur des étals de fortune, dans des conditions de conservation décrites comme préoccupantes.
 
Certains produits soumis à une prescription médicale obligatoire étaient vendus librement, sans contrôle pharmaceutique ni suivi médical.
 
Une saisie de 390 kilogrammes de produits
 
Le premier bilan fait état de 390 kilogrammes de produits pharmaceutiques saisis.
 
L’inventaire cité par L’Observateur comprend notamment des antibiotiques de type amoxicilline, des corticoïdes, du clobetasol, des psychotropes, de la fluoxétine, de l’aspirine, du paracétamol et différents antalgiques.
 
La présence de ces produits sur des étals non autorisés pose la question de leur origine, de leur authenticité, de leur conservation et des conditions dans lesquelles ils étaient proposés aux consommateurs.
 
Les produits étaient principalement destinés à une clientèle disposant de faibles revenus et recherchant des médicaments à moindre coût, en dehors des circuits officiels.
 
Des produits pour stimuler l’appétit et provoquer une prise de poids
 
Les enquêteurs ont également découvert une importante quantité de sirops et de comprimés destinés à stimuler l’appétit.
 
D’après le journal, certains de ces produits seraient utilisés pour provoquer des prises de poids anormales, avec des risques sévères pour la santé.
 
D’autres produits étaient présentés comme pouvant modifier la morphologie. Leur utilisation exige pourtant, selon le texte, un encadrement médical rigoureux, parfois en milieu hospitalier.
 
La vente libre de telles substances expose les utilisateurs à des complications importantes, notamment lorsque les dosages, les contre-indications et les interactions avec d’autres traitements ne sont pas maîtrisés.
 
Des médicaments vétérinaires proposés à la consommation humaine
 
La découverte la plus préoccupante concerne des produits vétérinaires.
 
Des substances destinées aux animaux auraient été retrouvées parmi les articles proposés sur les étals. Leur consommation par des êtres humains présente, souligne L’Observateur, des dangers majeurs.
 
Cette situation renforce les inquiétudes sur l’absence de contrôle dans ce commerce clandestin et sur les risques encourus par les consommateurs.
 
Six profils sans lien avec la pharmacie
 
Les six personnes interpellées n’exerçaient aucune profession liée au secteur pharmaceutique.
 
L’Observateur les identifie comme P. Diaw, âgé de 24 ans et éleveur ; B. Tall, 36 ans, commerçant ; B. Guèye, 22 ans, marchand ambulant ; S. Guèye, 35 ans, commerçant ; A. Diaw, 32 ans, commerçant ; et L. Diaw, 21 ans, sans emploi.
 
Leurs profils, note le journal, n’ont rien à voir avec la formation et les compétences requises pour délivrer des médicaments.
 
Des approvisionnements dans des marchés noirs
 
Au cours de leurs auditions, certains suspects auraient tenté de nier leur implication. D’autres auraient reconnu s’approvisionner dans des marchés noirs connus de la région de Dakar.
 
Cette déclaration oriente les investigations vers l’existence possible de circuits plus larges d’importation et de distribution clandestine.
 
L’opération menée à Grand-Yoff pourrait ainsi ne représenter qu’un maillon d’un réseau alimentant plusieurs points de vente informels.
 
Des chefs d’accusation particulièrement lourds
 
Les personnes arrêtées sont notamment soupçonnées d’exercice illégal de la pharmacie, de trafic et de distribution de produits falsifiés ainsi que de mise en danger de la vie d’autrui.
 
Après leur placement en garde à vue, les six mis en cause ont été déférés au parquet du Tribunal de grande instance de Dakar.
Lundi 13 Juillet 2026
Dakaractu