Gouvernance mondiale : le rôle des BRICS+ au centre d’un panel à Dakar


À Dakar, le débat sur l’avenir du Sud global prend une nouvelle dimension. Réunis ce lundi autour du thème « Le développement du Sud global et la transformation de la gouvernance mondiale à l’ère des BRICS+ », plusieurs acteurs ont appelé à repenser les équilibres internationaux et à donner davantage de poids aux pays émergents et en développement. Pour Mariama Sylla Faye, directrice administrative de CGTN Sénégal, le monde traverse un « moment charnière », marqué par les crises économiques, climatiques, énergétiques et informationnelles, qui mettent à l’épreuve les structures traditionnelles de la gouvernance mondiale.

 

Au cœur des échanges, les BRICS+ sont présentés comme davantage qu’un simple regroupement économique. Ils incarnent, selon les intervenants, une volonté de construire un multilatéralisme plus inclusif, plus équitable et plus représentatif. El Hadji Hamidou Kassé, président du Groupe de Dakar, estime que leur véritable portée est aussi culturelle et politique, proposer une nouvelle direction fondée sur la coopération, la paix et le développement partagé, avec une place particulière accordée à la jeunesse, appelée à porter ce nouveau récit dans la durée.

 

Pour Amadou Tidiane Wone, ministre conseiller à la présidence de la République, la dynamique actuelle rappelle directement la conférence de Bandung de 1955, lorsque les pays du tiers monde revendiquaient déjà une autre voie face à l’ordre mondial dominant. Il voit dans les BRICS+ une nouvelle tentative de rééquilibrage, tout en posant une question centrale, pourquoi les mêmes pôles continuent-ils d’accumuler la puissance tandis que d’autres restent enfermés dans la pauvreté et la précarité ? Une interrogation qui, selon lui, renvoie directement à la question de la souveraineté.

 

Au delà de la finance et de la géopolitique, les intervenants ont ainsi insisté sur la bataille des récits, de la culture et de l’information. Mariama Sylla Faye a appelé à corriger le déséquilibre dans la représentation des réalités du Sud, tandis qu’Amadou Tidiane Wone a défendu l’idée d’une souveraineté d’abord « culturelle et mentale ». Pour les participants, le véritable défi des BRICS+ ne serait donc pas seulement de modifier les institutions internationales, mais de permettre au Sud global de passer du statut de spectateur à celui d’acteur majeur de son propre destin.

Mardi 15 Septembre 2026
Karim Ndiaye