Gounass en Ébullition : Arrestations Nocturnes, Foule Déchaînée et Commissariat Assiégé … Quand un coup de filet policier met le feu aux quartiers


Une opération nocturne menée par les limiers du commissariat central de Guédiawaye a déclenché une onde de choc inattendue dans les quartiers de Médina Gounass, Bagdad et Marché Boubess. Ce qui devait être une simple interpellation s’est transformé, mardi, en une véritable émeute populaire, avec des habitants furieux envahissant les abords du commissariat pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des « arrestations arbitraires ».

 

 
Un coup de filet bien préparé

 

 

Tout a commencé dimanche, vers 22h. Une « information chaude », selon des sources proches de l’enquête, signale un réseau actif dans le vol et le recel de motos entre Gounass, Bagdad et leurs environs. Les policiers mettent immédiatement en place un dispositif de filature.

 

Quelques heures plus tard, les enquêteurs frappent un grand coup :

six jeunes hommes, soupçonnés de faire partie de la bande, sont arrêtés en flagrant délit, en pleine transaction de motos dont la provenance est jugée frauduleuse.

 

Les mis en cause : Seydina Aliou Dramé, 33 ans, commerçant, Fallou Sow, 24 ans, mécanicien, Daouda Dieng, 22 ans, ferrailleur, Babacar Diouf, 22 ans, ferrailleur, Ibrahima Diop, 25 ans, charretier, Sada Wone, 22 ans, tailleur
 

Lors de son arrestation, Sada Wone est même trouvé en possession de 16 cornets de chanvre indien, aggravant les soupçons.

 

Les premières auditions ne font qu’épaissir le dossier : les jeunes reconnaissent avoir acheté des motos « sans documents », évoquant une « transaction de confiance ». Une explication que les limiers jugent peu crédible. Les motos saisies sont immédiatement immobilisées pour permettre de remonter toute la filière.

 

 
Explosion de colère dans les quartiers : mères en larmes, charretiers en furie

 

 

Mais l’affaire prend une tournure explosive le lendemain. Mardi, dès la fin de la matinée, des dizaines d’habitants de Gounass et Bagdad, charretiers, conducteurs de motos, jeunes du quartier et surtout mères en colère, se rassemblent devant le commissariat pour exiger la libération des six suspects.

 

Les scènes sont chaotiques : des femmes en pleurs hurlent à l’injustice, des charretiers bloquent les voies, des jeunes accusent les policiers d’avoir « pris les mauvais », la foule ne cesse d’enfler, transformant l’entrée du commissariat en zone de tension.

 

 
La fourgonnette prise d’assaut

 

 

Le point culminant survient vers 12h.

 

Au moment où la fourgonnette de police transportant les suspects démarre en direction du Tribunal de Pikine-Guédiawaye, la foule se lance à sa poursuite.

Des jeunes s’accrochent aux portières pour empêcher le départ, tandis que des charretiers foncent derrière le véhicule, n’hésitant pas à prendre un sens interdit le long du BRT pour ralentir le convoi.

 

Une scène d’une rare intensité, digne d’un film d’action urbain.

 

Il faudra l’intervention musclée du GMI, déployé près du terminus du BRT, pour disperser les protestataires et dégager la voie.

 

 
Sous mandat de dépôt

 

 

Finalement, malgré la tension extrême autour du commissariat, les six suspects sont bien conduits devant le Procureur du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye.

Après leur présentation, ils sont placés sous mandat de dépôt, en attendant l’ouverture d’une procédure judiciaire.

Mercredi 19 Novembre 2025
Dakaractu