Gestion des ressources : « Les rapports statistiques publiés par le ministère de la pêche ne sont pas fiables » (Dr Alassane Samba)


Gestion des ressources : « Les rapports statistiques publiés par le ministère de la pêche ne sont pas fiables » (Dr Alassane Samba)
Les acteurs de la société civile et les experts maritimes se sont réuni ce 05 Octobre lors d’une conférence virtuelle pour échanger sur la thématique de l’appartenance et de l’appropriation du poisson.

À la question initiale « à qui appartient le poisson ? », le chercheur halieutique chargé des relations avec les institutions nationales et internationales, le Dr Alassane Samba est revenu sur la structuration de la feuille de route liée à la gestion des ressources. Il renseigne qu’au Sénégal cette gestion est confiée au ministère de la pêche et de l’économie maritime qui donne les permis pour l'exploitation de la pêche artisanale et du côté industriel il y a les licences et les conventions. C’est dire que l’État a la responsabilité de tout ce qui touche aux ressources.


« L’État devrait négocier l’exploitation au bénéfice des populations, c’est une prérogative de l’État », soutient-il avant de poursuivre : « Le conseil national consultatif a un mandat pour relayer les informations liées aux licences. »

Les rapports statistiques publiés par le rapport du ministère donne des chiffres qui ne sont pas fiables, les structures chargés de faire la collecte des informations n’ont pas les moyens de faire leur travail correctement et c’est la croix et la bannière pour disposer d’un rapport fiable.
 
« La Mauritanie est le dernier pays à avoir accepté la production de farine de poisson », déclare Maïmouna Saleck, Journaliste indépendante par ailleurs directrice du village biodiversité en Mauritanie.


« Nous sommes inquiétés par ces usines car il faut diminuer le quota à l’exportation Nouadhibou est devenu une ville infectée par les usines ». 

Selon la journaliste engagée dans les questions liées à la biodiversité et la nature une bonne gestion de l’aire marine pourrait profiter à toutes les populations. Cependant elle déclare qu’il y a quand même de bons outils de gestion sur la planification spatiale marine. Un paramètre qui constitue l’espoir que l’espace marin et côtier sera bien géré. 
 
Toutefois, selon le Dr Ndiaga Guèye, directeur des pêches maritimes du Sénégal, secrétaire du comité des pêches pour l’atlantique centre-Est (COPACE) et du comité des pêches continentales et de l’Aquaculture (CPCAA) pour l’Afrique du bureau de la FAO, la pêche est aujourd’hui un enjeu alimentaire et au-delà, elle est à la croisée d’importants intérêts géostratégiques.


« Quelle recette pour une bonne co-gestion des ressources ? »

Lorsqu’on parle de cogestion le problème vient des acteurs qui poursuivent des intérêts différents. On devrait admettre l’importance des différences qui existent aujourd’hui par rapport aux dernières décennies. Il faut faire évoluer les mentalités dans les administrations, il nous faut du leadership, il y a une forte prépondérance de la politique dans la gestion des ressources est ce que la mer peut supporter le poids qui pèse sur elle aujourd’hui ?

« Le poisson est un patrimoine national tant qu’il est dans l’eau, il devient propriété que lorsqu’il est capturé par un tiers », termine-t-il.

« La femme un trait-d’union entre pêcheurs et consommateurs »

Il y a des défis inhérents au genre. Les femmes qui évoluent dans le secteur de la pêche sont confrontées à de nombreux problèmes. La question c’est plutôt de savoir si certains métiers comme la transformation ne vont pas disparaitre. C'est pourquoi il incite le gouvernement à la mise en œuvre d’outils pour rétablir la pêche artisanale.

Selon le Dr Hamady Diop, superviseur de la division de la coopération technique et des services d’appui conseil aux États, ces écarts de reporting des données par le fait que lorsqu’un bateau étranger déporte du poisson, ce dernier est statué dans les chiffres mondiaux. Il estime que la non fiabilité des chiffres impacte directement sur la bonne gestion de l’aire marine.

L’UA pendant la Covid-19 s’est focalisée sur la réponse sanitaire, le contenu en protéine du poisson est de 21% et à notre niveau on a développé un ensemble d’outils pour une bonne mise en œuvre post covid.

« Les impacts des accords de pêche »

Béatrice Gorez, coordinatrice de la coalition pour des accords de pêche équitable (CAPE)

« 250 bateaux venant de zones différentes vont pêcher de manière différentes. » 

C’est la question de zonage qui est au cœur de la polémique. Il y a des compagnies européennes qui sont impliqués dans l’utilisation du poisson dans l’exportation et l’exploitation de ce produit et cette situation n’est pas tolérable. Nonobstant, elle soulève la réalité selon laquelle « dans ce pays on a des nationaux qui exploitent ces ressources ».

Cette industrie de la transformation de farine de poisson n’est pas durable c’est une filière mortifère elle détruit les ressources donc il faut désinvestir. Arrêter de manger du poisson qui vient de l’aquaculture. Privilégier le poisson qui est pêché de façon durable et arrêter de manger du poisson qui n’a aucune valeur éthique.

L’Union européenne est victime de sa transparence, car ce sont les africains eux-mêmes qui signent des accords pour revenir se victimiser. Pour la farine de poisson dont on parle, la question est pourquoi les pêcheurs préfèrent vendre le poisson aux usines plutôt que de le vendre en frais ? Il y a là une sorte d’intérêt spontané et personnel.

Il sort de cette conférence virtuelle une réponse à la question de la thématique à qui appartient le poisson. Et la réponse selon les parties prenantes serait de s’interroger sur qui vend le poisson et à quelle fin ? 
Il y a des données statistiques et des données biologiques « pêche artisanale et pêche de subsistance sont deux choses différentes. 

Les ressources halieutiques constituent un patrimoine national et le poisson est une ressource naturelle. Ces ressources appartiennent au peuple. Le Dr Hamady Diop considère que c’est l’état qui doit gérer les ressources, « l’objectif du secteur de la pêche au Sénégal c’est d’assurer la sécurité alimentaire et de créer des emplois. Il apparaît clair que chaque pays a des objectifs différents c’est dans les accords de réciprocité », dira-t-il.

Selon Mme Gorez, au niveau des accords bilatéraux, le vrai débat est détourné de l’attention du public pour décrier l’Union européenne. 

L’envahissement des eaux malgaches est également cité comme exemple de la non-implication de l’Union européenne.
 
Mercredi 6 Octobre 2021
Dakaractu



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