Gestion des deniers publics : Sénégal Bi Nu Bokk dénonce une « austérité destructrice » et exige des clarifications sur Kosmos Energy


Le mouvement Sénégal Bi Nu Bokk s’insurge contre la trajectoire économique du gouvernement. Dans un communiqué lu à la rédaction, le Réseau des Cadres de ce mouvement dénonce ce qu'il qualifie de politique d'austérité « destructrice », qu'il dit avoir décelée derrière le discours technocratique de la récente Déclaration de Politique Générale (DPG).

 

Selon Senegal Biñu Bokk, trois mesures menacent particulièrement les populations. D'abord, la restructuration annoncée de la dette sous l'égide du FMI, qui ferait peser un risque sur l'épargne nationale, une part significative de celle-ci étant investie dans les titres d'État. Le mouvement réclame une transparence totale sur les conséquences de cette opération pour les épargnants locaux.

 

Ensuite, la réduction projetée des subventions énergétiques, qui passeraient de 3 % à 1 % du PIB, dans un contexte de hausse des cours mondiaux du pétrole. Sénégal Bi Nu Bokk juge cette décision porteuse d'une flambée des prix de l'électricité et des denrées de première nécessité, et conteste l'argument selon lequel ces subventions ne profiteraient qu'aux ménages aisés, en l'absence d'une étude d'impact publiée.

 

Enfin, le mouvement met en garde contre une rationalisation budgétaire qui se ferait au détriment du social, évoquant l'épisode des véhicules de fonction des députés comme signe d'une difficulté du régime à cibler ses priorités. Il dit refuser toute baisse des salaires, gel des recrutements publics ou démantèlement des filets sociaux.

 

Sur le plan de la gouvernance, le communiqué réclame des clarifications sur plusieurs dossiers sensibles. Concernant le retrait de Kosmos Energy du projet gazier Yakaar-Teranga, le mouvement relève une contradiction entre la version officielle, qui évoquait un retrait sans contrepartie financière, et un montant de 55 millions de dollars (environ 30 milliards de FCFA) mentionné publiquement. Il demande également des réponses exhaustives sur les fonds « Jam » de la Primature et sur l'affaire ASER, appelant à une reddition des comptes qui s'applique « à tous, sans distinction ». Le mouvement conteste par ailleurs l'idée que la morosité économique actuelle relève uniquement de l'héritage du régime précédent, estimant que la stagnation de la croissance des deux dernières années et les perspectives pour l'avenir incombent pleinement au pouvoir en place.

 
Le Réseau des Cadres formule cinq exigences : la publication d'une étude d'impact socio-économique avant toute mise en œuvre de l'austérité ; un tableau de bord public sur l'exécution de la DPG autour de cinq priorités (nourrir, loger, soigner, éclairer, travailler) ; la déclassification des documents relatifs au dossier Kosmos ; un état des lieux chiffré des renégociations des contrats pétroliers et miniers ; et un audit indépendant sur l'affaire ASER et les fonds « Jam », avec publication intégrale des conclusions.

Samedi 26 Septembre 2026
Dakaractu