Gestion de la crise à l'UCAD: « le temps est le meilleur juge… », Daouda Sidibé (NR Kolda)


Daouda Sidibé, responsable politique de la Nouvelle responsabilité est très critique de la gestion de l’UCAD par le gouvernement. Ainsi, il a écrit un communiqué dans lequel, il fustige avec la dernière énergie le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba,  suite aux événements survenus dans le campus universitaire. En tant qu’ancien Secrétaire Général de l’Amicale des Étudiants de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, il se dit être « horrifié » par la tournure des faits. 
Dans la foulée, il soutient que rien ne peut « justifier » de tels actes. En ce sens, nous vous livrons le communiqué tel que reçu à notre rédaction.
 
 
Selon lui : « regrettable, désolant, révoltant, décevant, évitable injustifiable, horrible, les qualificatifs disponibles sont inaptes pour apprécier tout ce qui s'est passé le lundi 9 février 2026 au temple du savoir transformé en champ de bataille dès les premières heures de la matinée. Les forces de l'ordre sont passées totalement à côté de leur mission de maintien de l'ordre pour réprimer de façon inhumaine des étudiants dont le seul tort est de réclamer leurs bourses, un minimum vital. »
 
 
Il poursuit en ces termes : « ils ont été affamés pendant 72 heures avec la fermeture des restaurants universitaires avant d'être malmenés. Le bilan est lourd : plusieurs arrestations, blessés graves, et malheureusement un mort. Nous nous inclinons pieusement devant la mémoire de l'étudiant Abdoulaye Ba et présentons nos condoléances attristées à sa famille biologique et à toute la communauté universitaire. »
 
 
Dans la même lancée, il avance : « en tant qu’ancien étudiant, je suis meurtri et en tant qu’acteur politique, je suis préoccupé. On pouvait tout attendre de ce régime sauf ce traitement désolant, inhumain à plus d'un titre réservé aux étudiants. De défenseur prolixe (les forces de l'ordre armées jusqu'aux dents n'ont rien à faire dans le campus, les étudiants ne sont pas des criminels) notre « ami » super chef du gouvernement est devenu le bourreau impitoyable des étudiants. »
 
 
« N'est-il pas grand temps pour le patriote en chef de comprendre que la confrontation n'est pas un bon modus operandi de gouvernance. À travers ce qui s'est passé dans le campus social et dans bien d'autres cas, nous sommes tentés de dire que l'incompétence, l'amateurisme et l'indécence ont bien un nom ; ils s’appellent le gouvernement PASTEF avec un premier ministre qui joue en même temps le rôle d'opposant en chef. Quelle incongruité » laisse-t-il entendre.
 
 
Dans cette dynamique, il estime : « iI apparaît nettement et clairement que l’étoffe du pouvoir est beaucoup plus ample que leurs frêles épaules non préparées à la conduite et gestion des affaires de la cité. Rien de surprenant pour ceux qui connaissent la trajectoire de nos dirigeants actuels dont le CV ne leur permettait même pas d'être un bon délégué de quartier ou chef de village, l'échelon le plus bas de notre architecture administrative. »
 
 
D’ailleurs, il rappelle en ces termes : « depuis la survenue de cette violence d’État, les communiqués fusent de partout pour condamner la répression horrible ayant occasionné mort d'homme. Le gouvernement, toute honte bue au lieu de démissionner comme l'exige la décence républicaine en de pareilles circonstances, s'est fendu d'un triste communiqué pour déplorer et promettre toute la lumière autour de cette affaire. Médecin après la mort, sapeurs-pompiers après incendie, cette stratégie est bien connue mais ne saurait prospérer. »
 
 
Il ajoute : « pire, ce gouvernement au lieu de prendre la pleine mesure de ce qui vient de se passer, enfonce le clou d’une part à travers la décision de fermeture du campus social de l'UCAD (faisant de certains étudiants des sans-abris) et d’autre part en accusant maladroitement une certaine opposition d'être derrière ces agissements.
Un gouvernement ça s'assume. On ne peut pas toujours chercher des boucs émissaires pour justifier l'incompétence d’État. »
 
 
« Imputer la responsabilité de ce qui s'est passé dans le campus à l'opposition, c'est insulter les étudiants, ne pas honorer la mémoire du jeune étudiant, arraché à l'affection de ses parents (dont les larmes n’ont pas encore séché) et pire ne pas respecter les sénégalais. Toute chose qui nous amène à dire que ce n'est pas pour demain la solution aux problèmes des étudiants », selon lui toujours.
 
 
« Trop c'est trop! La politique politicienne doit être bannie dans ce pays, qui en a trop souffert. Désormais, nos compatriotes doivent réfléchir par deux fois avant de choisir celui à qui confier leurs destins. C’est déjà demain », conclut-il.
Mercredi 11 Février 2026
Madou Diallo