Gestion de la Covid-19 après l’allégement : « On risque d'avoir beaucoup plus de décès si... » (Dr Abdoulaye Bousso)


"On a aujourd'hui plus de 4.000 malades de la Covid-19, après 3 mois de présence de la maladie au Sénégal. Le nombre de cas a bien évolué. On a eu 6 fois plus de guéris. Nous sommes partis de 8 à 47 décès. Les cas contacts représentent 86% et les cas importés 2%. Il faut s’attendre à ce que les cas communautaires augmentent. Aujourd’hui, ils représentent 10% des malades de la Covid-19. La majorité des patients que nous avons sont asymptomatiques. Ces derniers malades représentent 60,7% des sujets malades. Les cas importés constituent 2%. Quant aux cas contacts, ils se chiffrent à 87%. Il est relevé que 64% de nos districts sont touchés, aujourd’hui, et aucune région n’est épargnée", telle  est la situation dressée ce samedi 6 juin 2020 par le Dr Abdoulaye Bousso, le directeur du Centre des opérations d'urgences sanitaire (Cous).
 
Dans sa présentation, il a signalé que Dakar demeure l’épicentre avec un nombre de 74%. La promiscuité et l’étroitesse des maisons y sont pour quelque chose, a-t-il rappelé. 
 
Pour la classification des malades, il a signalé que 55% des malades sont des hommes. Du côté des personnels de santé : 131 malades ont été enregistrés. Ce sont des personnels administratifs, paramédicaux, médicaux etc... Les infirmiers et les sages-femmes malades représentent 45%. Quant aux médecins malades de la Covid-19, ils sont de l’ordre de 14%. 
 
Concernant la gestion des personnes malades du coronavirus, 33 sites de traitement ont été aménagés sur l’étendue du territoire. Parmi eux, 9 sites de prise en charge sont extrahospitaliers, a dit Dr Bousso. 
 
Ce dernier a toutefois salué la décision prise par le président Macky Sall, allant dans le sens de l’allégement des mesures de restriction. ‘’Nous invitons les populations à prendre en compte que la Covid-19 est toujours là. Nous faisons toujours notre mieux’’. Mais, il prévient : ‘’Si on ne respecte pas les mesures barrières, le nombre de cas grave peut connaitre une hausse. Si la maladie se propage, les personnes vulnérables seront plus touchées. Et les hôpitaux ne pourront pas les prendre en charge’’. 
 
Le directeur du Cous de relever une peur qui anime le personnel médical face à cette épidémie. ‘’Quand on voit le relâchement, cela nous fait peur. Il nous faut continuer de respecter les mesures barrières. (…). Aujourd'hui, il faut nous attendre à l'augmentation des cas communautaires. Si les mesures barrières ne sont pas respectées, on risque d'aller vers des situations extrêmement difficiles. Les prochaines semaines, il faudra qu’on mette l’accent sur les cas graves. Et si les mesures barrières ne sont pas respectées, les cas graves risquent d'augmenter et nos hôpitaux n'ont pas les ressources pour les prendre en charge. Il est extrêmement important qu’on respecte aujourd'hui plus que jamais ces mesures barrières. Il faut que tout le monde comprenne que la maladie est toujours là, qu’on n’est pas encore sorti de l'auberge. On risque d'avoir beaucoup plus de décès. Donc, il nous faut veiller à la protection des groupes vulnérables. Sinon on peut avoir une situation qui risque d’être plus dramatique’’. 
 
Par rapport à la libre circulation qui va suivre avec la levée des restrictions dans le secteur du transport nous allons avoir des difficultés à suivre tous les contacts. Les populations vont être amenées à bouger d'une région à une autre’’, a rappelé le Dr Bousso.
Samedi 6 Juin 2020
Dakaractu



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