La Cité Gadaye a été le théâtre d’une scène d’une rare violence impliquant un coach sportif réputé et un adolescent de 14 ans. Le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a rendu son verdict : un an de prison dont six mois ferme, assorti d’une amende de 200 000 FCFA.
Un coach respecté, un enfant frêle, deux versions irréconciliables
Selon le quotidien l’observateur,Dame Ndiaye, 39 ans, habituellement chargé d’encadrer des enfants dans une école de football, se retrouve cette fois sur le banc des accusés. À la barre, sa carrure imposante contraste fortement avec celle de Kh. Mboup, un adolescent fluet que la mère décrit comme ayant “l’allure d’un enfant de 10 ou 12 ans”.
Dès le départ, les versions s’opposent.
Selon la mère de la victime, A. Sarr, tout est parti d’un simple match de quartier. La veille, le coach aurait déjà chassé les enfants qui jouaient dans la ruelle. Mais le lendemain, voyant Kh. Mboup grimper sur une échelle, il serait intervenu avec une violence disproportionnée.
Traîné, giflé, écrasé : le récit choc de la mère
D’après la partie civile, Dame Ndiaye aurait fait descendre l’enfant de l’échelle, avant de le traîner jusqu’au rond-point du quartier. Là, selon A. Sarr, il lui aurait asséné plusieurs gifles, puis se serait assis sur son ventre pour continuer à le frapper.
« Le 28 octobre, vers 22h, j’ai trouvé mon fils avec les joues enflées », témoigne la mère, encore bouleversée.
Des laveurs de voitures auraient assisté à la scène, affirmant avoir vu le coach “s’acharner” sur l’enfant.
À la barre, un coach qui nie tout
Le prévenu, lui, s’accroche à une version radicalement différente. Il dit être intervenu pour empêcher l’enfant de se mettre en danger, affirmant même avoir filmé la scène. Il évoque également un vieux conflit de voisinage remontant à 2018.
Coach de minimes dans une école de foot, il nie formellement toute violence :
Aucune gifle. Aucun coup. Aucun acharnement.
La mère de la victime réplique en expliquant que ce voisin avait déjà tenu des propos déplacés envers sa domestique. Elle rappelle aussi la bonne éducation de son fils, qui a remporté le premier prix « Savoir et Sagesse » lors d’une colonie de vacances au Maroc.
Un témoin clé, le vigile Cheikh Sène, aurait confirmé les violences, mais n’a finalement pas été entendu.
Quand la parole de l’enfant pèse lourd
Interrogé par le juge, l’adolescent répond d’une voix faible, mais déterminée :
« Il est monté sur mon ventre et m’a tabassé. »
Sa mère réclame un million de francs en dommages et intérêts.
Une défense qui parle de manipulation
Me El Hadji Diouf, avocat de Dame Ndiaye, s’insurge :
« Comment un homme de presque 100 kg pourrait-il s’asseoir sur un enfant de 10 kg ? »
« Il fait 30 kg », rectifie instantanément la mère, visiblement excédée.
L’avocat parle de manipulation, accuse la famille de régler des comptes anciens et plaide la relaxe. Mais le tribunal n’a pas suivi.
Le verdict : six mois ferme
Le juge reconnaît Dame Ndiaye coupable. Il est condamné à un an de prison dont six mois ferme, en plus d’une amende de 200 000 FCFA au profit de la partie civile.