GUINÉE / 3 AVRIL 2011- 14 NOVEMBRE 2018 : Plus de 100 morts... Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo plaident respectivement 'non coupables ' et se braquent davantage


En République de  Guinée, il y a désormais une zone dénommée "la Palestine de l'Afrique" . Cette zone qui regroupe les localités de  Hamdallaye-Bambéto, Cosa, Wanindra, Kagbelin doit ce surnom à la violence qui y sévit et à la récurrence des meurtres. Des jeunes y sont tués par balles réelles, d'autres succombent à des blessures graves et le drame dure depuis le 3 Avril 2011. 

En réalité, le schéma est simple. D'une part, il y a l'opposition incarnée par Cellou Dalein Diallo qui multiplie les manifestations de rue et les journées mortes pour,  dit-elle, solliciter le respect du calendrier électoral ou protester contre des manipulations de suffrages.  L'axe est ainsi complètement paralysé et les populations absolument déboussolées par la présence pesante des forces de l'ordre qui alternent courses-poursuites et jets de lacrymogènes. Les accusations portées à l'endroit des militaires sont fortes. Ils n'hésiteraient pas à renverser les marmites des familles, à saccager ou voler des objets de valeur. Parfois, il y a tirs de balles réelles et des jeunes y laissent la vie. Les peulhs déclarent Alpha Condé coupable et scandent tout haut que cette situation de misère coïncide avec l'arrivée de Condé au pouvoir. Malgré les milliers de plaintes déposées, aucune suite juridique n'a été accordée à l'une d'entre elles.

D'autre part, il y a le pouvoir représenté par le Président Condé qui clame tout haut être confronté à une rébellion interne incarnée par des opposants politiques qui essaient, avec l'appui de mercenaires recrutés,  de semer le désordre prétextant se battre sur des questions d'ordre républicain. Pire, le régime en place accuse l'opposition  de massacrer des jeunes manifestants pour faire porter le chapeau au pouvoir.  L'État parle ainsi d'exactions sur de simples passants pour tromper l'opinion internationale. Il y a aussi ces attaques tous azimuts exercées sur  les agents des forces de l’ordre comme ce fut le cas à Koloma où un gendarme a été tué, succombant à ses blessures obtenues suite à des jets de pierre. 

Dans cette crise de plus de 100 morts où personne n'est coupable ( ni Cellou Dalein Diallo, ni Alpha Condé ) , il y a des familles qui sont brisées, des pères de famille portés disparus et non encore déclarés morts.
L'histoire retiendra que Alimou Baldé, élève âgé de 22 ans originaire de Singueléma dans la préfecture de Télimélé, a été la centième personne à avoir été tuée. Aujourd'hui, tout le monde s'étonne de savoir que les Organisations de défense des droits de l'homme, les grandes puissances, la CEDEAO aient choisi de se terrer dans un silence coupable, plus coupable que les coupables. 
Mercredi 14 Novembre 2018
Dakaractu




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