REPORTAGE
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L'érection du Palais de la République du Sénégal, les difficultés qui ont émaillé sa construction avec la présence d'esprits qui tenaient mordicus à conserver leurs terres, les conciliabules déroulées pour obtenir l'aval de ces derniers, les rôles joués par Seydina Limamoulaye et Cheikh Aloha Samba Diallo... nul n'a semblé, à ce jour, véritablement intéressé à l'histoire. Une histoire singulière racontée par Cheikh Abba Kanté, un homme d'une quarantaine d'années, chargé de gagner le '' mausolée vert '' à Sagn Bambara.
C'est aux environs de 19 heures que nous sommes arrivés dans cette cité religieuse. Notre guide nous montre du doigt une maison. '' C'est là qu'habite Cheikh Mouhidine Samba Diallo. Ici, c'est lui notre guide spirituel. C'est un érudit de l'islam. C'est aussi un astronome. '' Ce que nous savions déjà. De loin, nous apercevons un poste de santé, une mosquée. C'est Cheikh Mouhidine qui a construit ces joyaux sur fonds propres. Deux couleurs attirent l'attention du visiteur : le vert et le blanc. Autre chose, peut-être, cette manière chantonnante du muezzin d'appeler à la prière du crépuscule. Dans cette ville, il faut prier, absolument prier, pour ne pas étonner.
Cheikh Abba Kanté nous invite à prendre la partie nord de la mosquée. Il nous fait marcher entre deux murs pendant quelques minutes. Nous nous retrouvons brusquement devant un bassin. Il ne s’agit pas d’un bassin. C’est plutôt le lieu où reposent trois personnes dont Serigne Samba Alpha Diallo.
L’homme y séjourne depuis 1939. Son fils, à côté de lui, n’avait que 9 ans. Il s’appelait Alpha Khama Diallo. Deux arbres attirent notre attention. Il s’agit de deux « Guiguiss ». Ces arbres aiguisent la curiosité des Saloum-Saloum. L’un prend ses racines sur la poitrine du Saint homme. Il a germé 40 jours après le rappel à Dieu de ce dernier et l’autre sur la jambe de Cheikh Moussa Keïta, un de ses disciples, 40 jours aussi après sa disparition. Cheikh Moussa Keïta, en 1939 avait pris l’engagement de ne plus quitter son maitre, même sous terre. Il se chargea de s’occuper de la tombe jusqu’à son décès en 1968. Il sera inhumé dans le même périmètre. Serigne Abba Kanté de nous proposer un exercice : comparer la taille des feuilles des deux arbres. Assurément, celles appartenant à l’arbre sur Alpha Samba Diallo sont de loin plus grosses. Mieux, les branches de l’arbre sur Cheikh Moussa Keïta « refusent » de dépasser de par leur taille celles d’à côté. Un miracle que les scientifiques consultés, à ce propos, ne sont parvenus à expliquer.
A Sagn Bambara, ce phénomène est spirituellement riche en enseignement. « Cheikh Moussa Keïta veut éternellement rester sous l’ombre de son maitre » nous-a-t-on fourni comme justification. Des hommes et des femmes font le pied de grue pour s’octroyer les feuilles qui tombent par terre. Elles auraient des vertus exceptionnelles, nous confie-t-on, sur place. Nous prendrons le soin d’en récupérer quelques-unes. Cheikh Ibrahima Diallo, un petit-fils de Samba Alpha Diallo nous souffle à l’oreille : « Il avait dit que ne viendra visiter sa tombe que celui dont les prières seront exaucées par Dieu ».
LE TRAVAIL MYSTIQUE AUTOUR DE L’ÉRECTION DU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE
En dehors des visites de site, nous a vous eu droit à des récits d’ordre historique. Si Dakar peut se réjouir d’abriter le Palais du Président de la République, il le doit, confie notre interlocuteur, à Seydina Limamoulaye et à Cheikh Alpha Samba Diallo. « A cause des esprits qui habitaient ces terres sur lesquelles est construite le Palais, il était impossible de démarrer les travaux. Un influent esprit (Rawhane), un Patriarche habitait les lieux avec ses familles. Tenter de le braver était une entreprise périlleuse. A plusieurs reprises, les travaux ont été entamés sans succès. A chaque fois, ce qui se concevait le jour était défait la nuit. Roume et ses conseillers Sénégalais avaient tout de suite pris la décision d’aller s’en remettre à Seydina Limamoulaye. Il leur indiquait la voie à suivre en les mettant en rapport avec Serigne Alpha Samba Diallo. L’homme accepta d’intervenir. Il négocia avec l’esprit qui se résolut à quitter les lieux. Aujourd’hui, il vit dans le baobab que vous voyez derrière le Palais. »
Un récit fait religieusement par un Cheikh Abba Kanté qui ne quitterait pour rien au monde Sagn Bambara.
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L'érection du Palais de la République du Sénégal, les difficultés qui ont émaillé sa construction avec la présence d'esprits qui tenaient mordicus à conserver leurs terres, les conciliabules déroulées pour obtenir l'aval de ces derniers, les rôles joués par Seydina Limamoulaye et Cheikh Aloha Samba Diallo... nul n'a semblé, à ce jour, véritablement intéressé à l'histoire. Une histoire singulière racontée par Cheikh Abba Kanté, un homme d'une quarantaine d'années, chargé de gagner le '' mausolée vert '' à Sagn Bambara.
C'est aux environs de 19 heures que nous sommes arrivés dans cette cité religieuse. Notre guide nous montre du doigt une maison. '' C'est là qu'habite Cheikh Mouhidine Samba Diallo. Ici, c'est lui notre guide spirituel. C'est un érudit de l'islam. C'est aussi un astronome. '' Ce que nous savions déjà. De loin, nous apercevons un poste de santé, une mosquée. C'est Cheikh Mouhidine qui a construit ces joyaux sur fonds propres. Deux couleurs attirent l'attention du visiteur : le vert et le blanc. Autre chose, peut-être, cette manière chantonnante du muezzin d'appeler à la prière du crépuscule. Dans cette ville, il faut prier, absolument prier, pour ne pas étonner.
Cheikh Abba Kanté nous invite à prendre la partie nord de la mosquée. Il nous fait marcher entre deux murs pendant quelques minutes. Nous nous retrouvons brusquement devant un bassin. Il ne s’agit pas d’un bassin. C’est plutôt le lieu où reposent trois personnes dont Serigne Samba Alpha Diallo.
L’homme y séjourne depuis 1939. Son fils, à côté de lui, n’avait que 9 ans. Il s’appelait Alpha Khama Diallo. Deux arbres attirent notre attention. Il s’agit de deux « Guiguiss ». Ces arbres aiguisent la curiosité des Saloum-Saloum. L’un prend ses racines sur la poitrine du Saint homme. Il a germé 40 jours après le rappel à Dieu de ce dernier et l’autre sur la jambe de Cheikh Moussa Keïta, un de ses disciples, 40 jours aussi après sa disparition. Cheikh Moussa Keïta, en 1939 avait pris l’engagement de ne plus quitter son maitre, même sous terre. Il se chargea de s’occuper de la tombe jusqu’à son décès en 1968. Il sera inhumé dans le même périmètre. Serigne Abba Kanté de nous proposer un exercice : comparer la taille des feuilles des deux arbres. Assurément, celles appartenant à l’arbre sur Alpha Samba Diallo sont de loin plus grosses. Mieux, les branches de l’arbre sur Cheikh Moussa Keïta « refusent » de dépasser de par leur taille celles d’à côté. Un miracle que les scientifiques consultés, à ce propos, ne sont parvenus à expliquer.
A Sagn Bambara, ce phénomène est spirituellement riche en enseignement. « Cheikh Moussa Keïta veut éternellement rester sous l’ombre de son maitre » nous-a-t-on fourni comme justification. Des hommes et des femmes font le pied de grue pour s’octroyer les feuilles qui tombent par terre. Elles auraient des vertus exceptionnelles, nous confie-t-on, sur place. Nous prendrons le soin d’en récupérer quelques-unes. Cheikh Ibrahima Diallo, un petit-fils de Samba Alpha Diallo nous souffle à l’oreille : « Il avait dit que ne viendra visiter sa tombe que celui dont les prières seront exaucées par Dieu ».
LE TRAVAIL MYSTIQUE AUTOUR DE L’ÉRECTION DU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE
En dehors des visites de site, nous a vous eu droit à des récits d’ordre historique. Si Dakar peut se réjouir d’abriter le Palais du Président de la République, il le doit, confie notre interlocuteur, à Seydina Limamoulaye et à Cheikh Alpha Samba Diallo. « A cause des esprits qui habitaient ces terres sur lesquelles est construite le Palais, il était impossible de démarrer les travaux. Un influent esprit (Rawhane), un Patriarche habitait les lieux avec ses familles. Tenter de le braver était une entreprise périlleuse. A plusieurs reprises, les travaux ont été entamés sans succès. A chaque fois, ce qui se concevait le jour était défait la nuit. Roume et ses conseillers Sénégalais avaient tout de suite pris la décision d’aller s’en remettre à Seydina Limamoulaye. Il leur indiquait la voie à suivre en les mettant en rapport avec Serigne Alpha Samba Diallo. L’homme accepta d’intervenir. Il négocia avec l’esprit qui se résolut à quitter les lieux. Aujourd’hui, il vit dans le baobab que vous voyez derrière le Palais. »
Un récit fait religieusement par un Cheikh Abba Kanté qui ne quitterait pour rien au monde Sagn Bambara.