GAMBIE : « Effacer » Jammeh, l’obsession de Barrow


En Gambie, qui n’avait pas peur de Yahya Jammeh, l’ancien Président ? Eh bien, personne. Et le nouveau Président de la République ne fait pas exception à la règle. Il a une peur bleue de Jammeh, au point de redouter un coup bas de la part de ce dernier. Ceci est d’autant plus vrai que si l’on en croit Rfi, il aurait regagné, hier, le Palais Présidentiel, la State house déserté depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, au profit de sa résidence privée.

Le Palais semble ainsi aux yeux de Barrow « déminé » au sens occidental et africain du terme. Aux travaux et autres prospections, il faudra ajouter la recherche de gris-gris et autres installations de ce genre. Là-dessus, Barrow est loin d’être le seul. Le Président Sall est resté bien des semaines avant de regagner le palais présidentiel que son prédécesseur Abdoulaye Wade occupait.

Mais, ce n’est pas tout. Barrow a aussi décidé de changer les billets de banque qui portent l’effigie de Jammeh. Ainsi, Selon le gouverneur de la Banque centrale gambienne, Bakary Djamé, repris par Sahara médias, « la banque mettra sur le marché de nouveaux billets en février 2018, d’où disparaîtra l’effigie du dictateur. » La nouvelle monnaie sera composée de billets de 200 et 20 Dalacis.
Il se susurre que Barrow ne veut plus de trace de Jammeh. Ceci est d’autant plus vrai que nombre de Gambiens sont nostalgiques de la période de Jammeh. Un sentiment qui se répand de plus en plus et qui est attisé par les difficultés liées à l’accès à l’eau et à l’électricité. La rage monte au niveau de la population car, aux réformes des lois, des forces de sécurité, doit se joindre celle de l’économie du pays frappée par une dure crise.

Il est en effet très difficile pour un Président issu du milieu des affaires, et qui entreprend ses premiers pas en politique par l’exercice du pouvoir, de faire immédiatement rêver. A cela s’ajoute le fait que les pressions sont énormes sur le nouveau Président. En avril dernier par exemple, Amnesty International, avec à sa tête Alioune Tine, y avait effectué une mission avec de fortes recommandations en matière de droits de l’homme.

Tout est urgence en Gambie. Et les nouvelles autorités sont manifestement prises à la gorge par les pressions de toutes sortes, mais surtout par les stigmates du culte de la personnalité longtemps instauré par Jammeh et qui touche même, par ricochet, les Sénégalais.

Il suffit qu’il y ait coupure de courant pour qu’en Gambie, et même au Sénégal, certains se mettent à regretter l’ancien Président.

La réalité est que l’on n’efface pas 20 ans de pouvoir aussi facilement. C’est aussi valable pour Emmerson Mnangagwa le nouveau Président du Zimbabwe.
Les populations veulent tout et tout de suite, ce qui n’est pas possible. Au calme et au sérieux de Barrow, nombre de gens y voient une impuissance à agir. On commence à critiquer ses épouses, leur train de vie. C’est cela aussi le pouvoir, l’apprentissage de la démocratie.
Eh oui, la Gambie devra faire ce long et périlleux apprentissage de la démocratie à l’aide de la Cedeao et de pays amis comme le Sénégal.

La peur des forces fidèles à l’ancien président doit être loin derrière un jeune Président qui doit s’attaquer aux problèmes de fond et qui ne peut réussir seul.

Il est nécessaire en effet de lever des fonds pour sauver l’Etat gambien. Après le péril Jammeh, le péril pauvreté guette ce régime. Il risque de faire face à des protestations et même à des soulèvements qui ne viendront pas forcément de Guinée Equatoriale, la terre d’asile de l’homme de Kanilaï.
La Cedeao a travaillé à sécuriser le pays, elle doit faire les mêmes efforts pour que le pays se dote d’un minimum d’infrastructures à tous les niveaux afin de soulager les populations en proie à une misère grandissante.

Rewmi quotidien
Mardi 28 Novembre 2017
Dakar actu



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