G5 Sahel : l’Arabie saoudite dégage 100 millions de dollars et ravit la vedette à son rival qatari


G5 Sahel : l’Arabie saoudite dégage 100 millions de dollars et ravit la vedette à son rival qatari
L’Arabie Saoudite a, selon Rfi, libéré ce mercredi la bagatelle faramineuse de 100 millions de dollars pour appuyer la force anti-terroriste G5 Sahel (zone qui tombe progressivement sous pavillon djihadiste). Les Emirats arabes unis vont, pour leur part, décaisser 30 millions de dollars. Ces deux pays (ennemis jurés du Qatar), qui contribuent ainsi à mobiliser la somme initiale de 423 millions de dollars pour rendre opérationnelle la force conjointe, ont la particularité de dépendre du parapluie militaire des Etats-Unis d’Amérique : pays qui n’émet pas sur la même longueur d’onde que la France (qui attend que l’ONU décaisse) en ce qui concerne le financement de cette force anti-terroriste.

Pas plus tard que la semaine passée, le président de la République française, qui a été reçu à Doha (de plus en plus proche de Téhéran), a demandé, très explicitement, aux autorités qataris de fourbir les preuves formelles qu’elles n’encouragent pas le radicalisme.

Qui plus est, cette avalanche de pétrodollars sur l’immense Sahel coïncide avec le silence des pays africains, couverts par le G5, sur la décision objet de controverse, soutenue par l’Amérique et l’Arabie Saoudite, de faire de Jérusalem la capitale d’Israël.  

Il s’y ajoute que ce regain d’intérêt de l’Amérique pour ces pays membres du pré carré français intervient à l’heure où d’importantes ressources naturelles sont découvertes dans cette partie de l’Afrique où la Chine avance à grands pas.

C’est dire que la visite très attendue de l’émir du Qatar en Afrique de l’Ouest prévue, selon nos confrères de La Lettre du Continent, ce mois de décembre, est précédée d’une reconfiguration de la carte géopolitique sous régionale et régionale au profit du duo Arabie Saoudite-Emirats arabes unis, à moins que Doha, réputé apôtre de la diplomatie du chéquier, ne renverse la tendance par une de ces pirouettes dont ne se passe pas le jeu des relations internationales quand l’intérêt immédiat le commande.

Pour rappel, depuis ce matin, il se tient à Paris une rencontre, à l’instigation du président Emmanuel Macron, sur le G5 Sahel. Cette rencontre, outre Angela Merkel et les Premier-ministres italien et belge, a enregistré la présence de tous les chefs d’Etat africains impliqués dans cette entreprise, accompagnés du patron de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat. Les représentants des Pays-Bas, des Etats-Unis d’Amérique, des Nations Unies et l’Union européenne prennent également part aux échanges.
Mercredi 13 Décembre 2017




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