La deuxième édition du Camp d’Excellence et de Citoyenneté, organisée à Saly au profit des lauréats du Concours général, s’est achevée sur une note de satisfaction. Mais au-delà des formations en leadership, intelligence artificielle, éducation financière et développement personnel, une question majeure s’est invitée dans les échanges : que deviendront les meilleurs cerveaux du Sénégal une fois qu’ils seront formés à l’étranger ?
Au micro de Dakaractu Mbour, Dr Saliou Ndiaye, DMG au ministère de l’Éducation nationale, a livré un message particulièrement fort aux jeunes lauréats. Pour lui, rien ne doit empêcher ces futurs cadres et scientifiques d’aller chercher le savoir partout dans le monde. Mais cette mobilité doit avoir une condition : ne jamais perdre de vue le Sénégal.
« Ils peuvent aller en Chine, ils peuvent aller au Japon, aux États-Unis », a-t-il expliqué au micro de Dakaractu Mbour, rappelant que la quête du savoir ne connaît pas de frontières.
Mais derrière cette ouverture au monde se cache une préoccupation majeure : la fuite des cerveaux.
« L’État investit beaucoup d’argent sur vous »
Dr Saliou Ndiaye rappelle que l’État du Sénégal investit considérablement dans l’éducation et la formation de ses meilleurs élèves.
« L’État du Sénégal investit beaucoup d’argent sur moi, sur vous, sur tous les lauréats, pour qu’un jour nous puissions servir le Sénégal », a-t-il souligné au micro de Dakaractu Mbour.
Pour le responsable du ministère, partir étudier dans les grandes universités internationales est donc une opportunité et non un problème. Le véritable danger serait de transformer cette mobilité en départ définitif.
Le Sénégal veut ainsi former des jeunes capables de rivaliser avec leurs homologues du monde entier, tout en conservant leur attachement à leur pays.
Former des cerveaux… mais aussi des citoyens
C’est justement l’un des objectifs du Camp d’Excellence et de Citoyenneté.
Durant quatre jours à Saly, les 100 lauréats du Concours général 2026 ont bénéficié de formations sur la confiance en soi, le leadership, l’intelligence artificielle, les outils collaboratifs, l’éducation financière et le développement personnel.
Pour Dr Saliou Ndiaye, l’excellence académique seule ne suffit plus.
« Ce qui nous manque, ce ne sont pas des élèves intelligents, mais des élèves qui peuvent s’adapter au contexte une fois qu’ils quittent le Sénégal », explique-t-il.
Une manière de préparer ces jeunes à une compétition internationale de plus en plus exigeante.
Un dispositif de suivi pour ne pas perdre la trace des meilleurs
Autre annonce importante : le ministère souhaite redynamiser le suivi des anciens lauréats du Concours général, créé en 1966.
L’objectif est de savoir ce que deviennent ces talents, où ils étudient, dans quels secteurs ils évoluent et surtout comment leur expertise pourra, demain, contribuer au développement du Sénégal.
L’idée est également de créer une véritable communauté des anciens lauréats, une « famille » qui maintiendrait un lien permanent avec le pays.
Le message d’Ameth Babou : viser toujours plus haut
Sacré meilleur élève du Concours général 2026, Ameth Babou, ancien enfant de troupe, a lui aussi livré au micro de Dakaractu Mbour ses impressions sur le camp.
Il retient notamment les formations en éducation financière, confiance en soi, intelligence artificielle et numérique, mais également les activités sportives et les liens créés entre les différents lauréats.
Son message à ses camarades est sans détour : « Il ne faut pas viser le plus bas. Il faut toujours viser le plus haut. »
Le Sénégal face à son propre paradoxe
À Saly, le débat est donc posé : comment permettre aux meilleurs élèves sénégalais de conquérir le monde sans que le monde ne finisse par les garder ?
Le Sénégal a besoin de ses cerveaux. Il peut les envoyer à Harvard, au MIT, à la Sorbonne, à Tokyo ou ailleurs pour apprendre et se perfectionner. Mais il doit également créer les conditions de leur retour.
Partir pour apprendre, réussir pour revenir et servir.
C’est, en substance, le message lancé par Dr Saliou Ndiaye au micro de Dakaractu Mbour aux futurs cadres et élites du Sénégal.