La première femme maire de Dakar est à l’honneur dans le film documentaire « Gouverner au féminin », présenté en avant première au cinéma Pathé. À travers ce portrait, la réalisatrice Diabou Bessane Diouf entend faire du parcours de Soham El Wardini une source d’inspiration pour les jeunes générations. Entre émotion, hommage et plaidoyer pour l’autonomisation des femmes, l’ancienne édile de Dakar et son successeur, Abass Fall, ont salué une pionnière dont l’héritage dépasse les frontières de la politique.
Au cinéma Pathé, l’émotion était palpable lors de la projection en avant première du documentaire Gouverner au féminin. Face à l’histoire de Soham El Wardini, première femme à avoir dirigé la Ville de Dakar, les témoignages ont fait émerger un message fort : les femmes ont toute leur place aux plus hautes responsabilités. « Toutes les femmes sont capables », a martelé l’ancienne maire, visiblement fière de voir son parcours porté à l’écran. Pour elle, son itinéraire, de Latmingué à la tête de la capitale sénégalaise, démontre qu’avec de la détermination et de l’audace, les obstacles peuvent être surmontés. Elle a particulièrement salué le travail de Diabou Bessane Diouf, qu’elle encourage à poursuivre son engagement en faveur de la valorisation des femmes.
Présent à cette projection, le maire actuel de Dakar, Abass Fall, n’a pas caché son émotion devant celle qui fut également son enseignante d’anglais au lycée Blaise Diagne, en classe de seconde, en 1986. Un parcours croisé qui donne à cet hommage une dimension personnelle et symbolique : des bancs de l’école à la succession à la tête de la municipalité dakaroise. Au delà de cette relation particulière, Abass Fall a défendu le bilan de son ancienne professeure, mettant notamment en avant son action en faveur de l’autonomisation des femmes et son rôle dans la candidature de Dakar à l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse. Pour lui, Soham El Wardini incarne un modèle de réussite dont les générations actuelles doivent s’inspirer.
Derrière cette œuvre, Diabou Bessane Diouf assume une ambition qui dépasse le simple hommage. La réalisatrice veut contribuer à briser les barrières qui freinent encore l’engagement des femmes dans la vie publique. En choisissant de raconter l’histoire de Soham El Wardini, elle entend montrer aux jeunes filles qu’une carrière politique et l’accès aux plus hautes fonctions ne sont pas hors de portée. Elle envisage également de favoriser la diffusion du documentaire dans les écoles et les universités afin de toucher un public plus jeune. « Son parcours est inspirant et peut servir de modèle à plusieurs générations de Sénégalaises et d’Africaines », a-t-elle souligné, convaincue de la nécessité de rendre visibles celles qui ont ouvert la voie.
Le film s’inscrit dans une démarche plus large de mémoire et de transmission portée par le Centre d’archivage et de documentation féministe (CADF). D’autres figures pionnières, dont la professeure Awa Marie Coll Seck et Mame Madior Boye, première femme à occuper le poste de Premier ministre du Sénégal, font également partie des personnalités mises en lumière dans ce travail documentaire. À travers ces trajectoires, il s’agit de préserver la mémoire des femmes qui ont marqué l’histoire et contribué à faire évoluer les représentations du pouvoir.