À l’occasion de la célébration de la fête internationale du Travail, placée cette année sous le thème « Dialogue social et travail décent dans les secteurs extractifs et énergétiques », le secrétaire général de l’intersyndicale du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Bakary Traoré, a pris la parole en premier devant le ministre Birame Souleye Diop pour faire le point sur les progrès réels à saluer, mais aussi, des préoccupations persistantes qui appellent des réponses concrètes.
Dans un secteur en pleine mutation, porté par les premières revenues pétrolières et gazières du Sénégal, la question des conditions de travail et de la concertation sociale demeure primordiale.
Ainsi, Bakary Traoré a d’abord mis en avant la démarche unitaire qui caractérise désormais le mouvement syndical du secteur. Réunis sous une même bannière, les syndicats ont choisi de porter « une seule voix, responsable et constructive », pleinement en phase avec le thème de la journée. Un choix assumé et en écho au vœu du ministre lui-même de voir son département fonctionner dans la cohésion.
Des avancées reconnues
Le secrétaire général a tenu à saluer plusieurs acquis obtenus sous l’actuelle direction du ministère. Il s’agit de la prise du décret encadrant les contractuels du Fonds de développement géologique et minier, l’audit du personnel, la régularisation des dettes liées à l’IPM et la couverture médicale des agents et de leurs familles. Surtout, il a annoncé avec satisfaction la création d’une prime de motivation devant entrer en vigueur dès le 1er juin prochain. Une mesure selon lui, de nature à rendre le ministère « attractif pour tout agent de l’administration ».
Six doléances en attente de réponse
Ces satisfecits formulés, Bakary Traoré a soumis au ministre six préoccupations majeures autant de chantiers concrets qui donneront leur substance réelle au thème du travail décent.
La première porte sur la subvention de la restauration au sein du bâtiment administratif. Pour le syndicat, l’accès à un repas subventionné et de qualité n’est pas un luxe, mais « un élément essentiel du bien-être au travail », qui conditionne santé, productivité et équité entre les agents.
La deuxième concerne le transport du personnel. De nombreux agents peinent à rejoindre leur lieu de travail en raison de contraintes horaires et géographiques. L’intersyndicale plaide pour un dispositif plus étendu et mieux adapté, qu’elle présente comme « un signal fort de considération envers les travailleurs ».
Il y’a également l’application effective du décret n° 2019-1884 du 18 novembre 2019 portant création du Fonds de préférence de l’énergie, dont plusieurs articles relatifs aux ressources issues des hydrocarbures restent sans arrêté d’application. Le syndicat en réclame la prise en charge dans les meilleurs délais.
La quatrième doléance porte sur la formation professionnelle, dont le financement par le ministère est jugé insuffisant au regard de son impact direct sur la performance des agents et des services.
Enfin, la cinquième préoccupation, qualifiée de « longtemps attendue », concerne la signature des avenants des agents du Fonds de développement géologique et minier. Ces agents, qui assurent des missions stratégiques pour le secteur, réclament une reconnaissance contractuelle et salariale à la hauteur de leurs responsabilités. Pour l’intersyndicale, la finalisation de ces avenants et la correction des iniquités salariales constituent « un acte de justice sociale ».
La demande de mise en place d’un comité de dialogue social interne au ministère est aussi une préoccupation manifestée. Convaincus que les tensions se préviennent mieux qu’elles ne se gèrent, les syndicats estiment qu’une telle structure permettrait d’institutionnaliser les échanges entre l’administration et les représentants des travailleurs, d’anticiper les conflits et de traiter les revendications dans un cadre permanent et structuré donnant ainsi au thème du jour toute sa portée concrète, au-delà de la seule célébration annuelle.
Un hommage aux agents de terrain
Bakary Traoré a profité de son intervention pour rendre un hommage appuyé aux pointeurs et agents de terrain, qui quittent leur domicile à l’aube et rentrent tard le soir, assurant la sécurisation des sites dans des conditions éprouvantes. « Ce sacrifice mérite d’être reconnu et récompensé », a-t-il affirmé.
En conclusion, le secrétaire général a réaffirmé que les revendications portées s’inscrivent dans une logique constructive, respectueuse des contraintes budgétaires et institutionnelles. Convaincus que « le dialogue social sincère et permanent demeure la meilleure voie », les travailleurs du secteur se disent prêts à accompagner les réformes du ministère, à condition que leurs préoccupations soient entendues et prises en compte.