À l’occasion de la célébration de la Fête internationale du Travail, la Coordination des sections de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a organisé, ce vendredi 1er mai 2026, une table ronde à la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation (FASTEF, ex-École normale).
Placée sous le thème « 30 ans de lutte, des acquis solides, mais encore des défis », la rencontre a réuni autorités universitaires, responsables syndicaux, anciens travailleurs et membres de la communauté académique.
La cérémonie, marquée par une forte mobilisation des secrétaires généraux et des acteurs du système universitaire, a également été l’occasion de rendre un hommage appuyé aux anciens, salués pour leur engagement dans la construction et la consolidation des acquis syndicaux.
Prenant la parole au nom du recteur, le professeur Alioune Badara Kandji, la professeure Awa Yade a insisté sur l’importance du travail accompli par les générations de travailleurs. Elle a salué « la vitalité du mouvement social » incarnée par le Syndicat autonome des travailleurs des universités et centres universitaires du Sénégal (SATUC), qui totalise aujourd’hui trois décennies d’existence.
« L’UCAD est un patrimoine vivant, porté par des femmes et des hommes qui, souvent dans l’ombre, contribuent chaque jour à son rayonnement », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant les défis persistants. Parmi ces enjeux figurent notamment l’amélioration des conditions de travail, le renforcement de la sécurité sur le campus et la modernisation des infrastructures.
Dans la même dynamique, le secrétaire général national du SATUC, Souleymane Gaye, a mis en avant les principales revendications des travailleurs, notamment la généralisation de l’indemnité de logement. Bien qu’un décret ait été pris en janvier dernier dans ce sens, son application effective dans les universités et les centres des œuvres universitaires tarde encore, a-t-il déploré.
Il a également évoqué les conclusions d’un atelier tenu à Saly avec le ministère de l’Enseignement supérieur, portant sur la faisabilité et les modalités de mise en œuvre de cette indemnité. « Tout le travail technique a été transmis aux autorités. Nous attendons maintenant des actes concrets », a-t-il indiqué.
Au-delà des questions indemnitaires, le syndicaliste a alerté sur la dégradation des conditions de travail dans les universités, en raison notamment du déficit en personnel administratif, technique et de service. Il a illustré ses propos par le cas de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’UCAD, qui compte près de 35 000 étudiants pour seulement 55 agents.
Autre point soulevé : les insuffisances en infrastructures et en équipements, ainsi que la faible capacité d’accueil de certaines structures comme la bibliothèque universitaire. Toutefois, Souleymane Gaye a reconnu quelques avancées, notamment la revalorisation récente de la prime de transport dans plusieurs établissements et la réception prochaine de certains chantiers à l’UCAD.
Dans un contexte marqué par la massification des effectifs étudiants et des ressources limitées, les différents intervenants ont plaidé pour un dialogue social renforcé et une gouvernance participative. « Direction, syndicats et étudiants doivent avancer ensemble. C’est à ce prix que l’université pourra relever les défis », a souligné la représentante du recteur.
Cette célébration du 1er mai à l’UCAD aura ainsi servi de tribune pour dresser le bilan de trois décennies de luttes syndicales, tout en posant les jalons des combats à venir pour de meilleures conditions de travail au sein de l’enseignement supérieur sénégalais.