C’est un coup de filet spectaculaire qui vient d’être réalisé par la Brigade de recherches de Faidherbe à Dakar. Selon L’Observateur, les gendarmes ont démantelé un réseau d’escrocs spécialisés dans la fabrication de faux billets de banque et de faux permis de conduire, dirigé par un certain Serigne Fallou Dia, alias Alioune Abibou Fall ou encore Fallou Diaw. Derrière ce nom, se cache un véritable caméléon du crime, passé maître dans l’art de la tromperie et des manipulations numériques.
Du “détective privé” au faussaire professionnel
Avant de plonger dans la contrefaçon à grande échelle, Serigne Fallou Dia s’était d’abord bâti une réputation… de faux détective privé. Repris de justice notoire, il avait ouvert un compte Wave sous un faux nom et fait confectionner plusieurs cartes professionnelles de détective, avec lesquelles il piégeait ses victimes – en majorité des femmes – sur les réseaux sociaux.
Le “détective” se présentait comme un spécialiste de la traque d’époux infidèles ou de fugitifs. Des femmes, comme Maïmouna Ndiaye ou Aminata Ndiaye, ont ainsi été escroquées de sommes importantes, sous prétexte d’enquêtes fictives.
L’une d’elles, qui tentait de retrouver un escroc lui ayant soutiré 8,7 millions FCFA, a versé 125 000 FCFA d’acompte à Dia pour une prétendue mission de repérage à Saly. Il lui enverra même une fausse géolocalisation pour faire croire qu’il avait localisé sa cible.
Un réseau structuré autour de la contrefaçon
Fort de ses “succès”, Serigne Fallou Dia a décidé d’élever son escroquerie d’un cran. Il a mis sur pied un véritable réseau industriel de falsification, composé d’anciens repris de justice et de complices aguerris :
• Malick Guèye, chargé des ordinateurs et imprimantes de falsification,
• Ousmane Mbow, spécialiste des faux permis de conduire,
• Cheikh Anta Fall, recruteur de clients sur le marché noir,
• et Licka Diaw, la compagne du cerveau, chargée des livraisons et transactions.
Le groupe disposait d’un arsenal de matériel high-tech digne d’un atelier professionnel : imprimantes multifonctionnelles, ordinateurs portables, poudre acrylique, paillettes, seringues, cartes bancaires falsifiées et faux billets de toutes coupures.
Selon L’Observateur, plusieurs lots de faux billets ont déjà été écoulés sur le marché parallèle, tandis que des permis de conduire contrefaits étaient vendus à bas prix à des conducteurs non qualifiés.
Le piège tendu par les gendarmes de Faidherbe
Alertée par des informations précises, la Brigade de recherches de Faidherbe a ouvert une enquête sous la supervision du procureur de la République. Le 18 octobre 2025, les gendarmes découvrent que Dia et ses acolytes préparent une nouvelle opération de production massive depuis un appartement loué à la Sicap-Foire.
Le lendemain, un dispositif d’intervention est discrètement mis en place. À l’aube du 19 octobre, les gendarmes lancent l’assaut et prennent le gang en flagrant délit.
Sur place, ils découvrent un véritable atelier clandestin :
• des faux billets de 1 000 à 10 000 FCFA,
• deux imprimantes de marque Epson et HP,
• des ordinateurs portables (Dell et Laptop),
• trois iPhones (11 Pro Max, 14 Pro Max, 11 Pro),
• une tablette iPad Pro 5e génération,
• ainsi qu’un stock impressionnant de matériel de contrefaçon.
Pris de court, Serigne Fallou Dia tente de rejeter la responsabilité sur ses complices. Sur instruction des enquêteurs, il les appelle sous prétexte de “poursuivre les travaux”.
Quelques minutes plus tard, Malick Guèye, Ousmane Mbow et Cheikh Anta Fall arrivent à l’appartement et sont immédiatement interpellés, tout comme Licka Diaw.
L’heure des comptes
Les échantillons de billets saisis ont été transmis à la BCEAO pour authentification. En attendant les résultats, toute la bande a été placée en garde à vue avant d’être déférée hier devant le procureur de la République pour :
• association de malfaiteurs,
• fabrication et contrefaçon de billets de banque,
• faux et usage de faux,
• usurpation d’identité,
• et escroquerie.
Selon L’Observateur, l’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur exacte du réseau et ses ramifications potentielles dans la capitale.