DAKARACTU.COM Les attaques contre Youssou Ndour, en faisant certes un homme capable de diriger ses entreprises et son orchestre mais surtout pas l’Etat, nous font penser à tous ces hommes qui ont réalisé des grandes choses et qui n’avaient, loin s’en faut, aucune expérience de l’Etat. A commencer par Abdoulaye Wade lui-même qui, contrairement à son prédécesseur Abdou Diouf qui était administrateur civil, a réussi à booster la marche de l’Etat en n’en connaissant rien. Il a réalisé de nombreuses choses sans avoir une connaissance de la marche d’un Etat. Jacques Chirac, en France, bien que sorti de l’ENA, ayant fait Polytechnique, a proprement ruiné la dimension étatique de ses deux mandats présidentiels. On peut en dire tout autant de Ronald Reagan qui n’avait de connaissances que cinématographiques et néanmoins il devint le président américain qui aura laissé le plus de traces sur son passage à la tête du pays le plus puissant du monde. Certes, il convient d’avoir des notions, et même plus que cela, de l’administration. Mais peut-on dire qu’on connaît la marche de l’Etat quand on justifie, comme le Premier ministre dans une émission de télé, qu’un ministre qui apprend que son ministère a été amputé par la presse est chose normale car l’Etat fonctionne ainsi ? Diriger un Etat est plus affaire de bon sens et de patriotisme que de diplômes de l’Enam. Pape Diop a dirigé la mairie de Dakar sans diplômes connus en administration publique, mais il a, de tous les avis objectifs, eu durant son mandat le sens du « savoir faire-faire », et cela lui a particulièrement réussi et dans ses fructueuses affaires et dans ses mandats politiques. Le meilleur exemple de distance d’avec l’administration est justement administré par Abdoulaye Wade qui a bousculé les règles de l’administration et s’en est dédouané pour faire avancer beaucoup de choses que la rigidité des hommes de l’Ena avait ralenties ou plombées. Ce ne sont pas ses hommes qui doivent aujourd’hui crier au nullard administratif, car leur mentor s’est toujours vanté d’en être un.
Faut-il connaître l’Etat pour le diriger ? (le commentaire du jour de Cheikh Yérim Seck)
Lundi 16 Janvier 2012
Dakaractu