Fatick : Les circonstances du drame routier de Diouroup qui a fait une dizaine de morts (Témoins)


Quelques jours après l’accident mortel survenu le 1er septembre dernier, vers les coups de 22 heures à Diouroup, localité située à près de 15 km de Fatick, l’enquête ouverte n’a pas encore révélé ses secrets. Dans ce drame routier, pas moins de 10 décès ont été enregistrés. Au même moment, des blessés qui se comptaient par plusieurs dizaines vivent encore leur mal. 

Sur les lieux du drame où s’est rendue une équipe de Dakaractu, quelques heures après l’accident, les environs sont jonchés de débris. Un désordre inégalé avec à première vue, les restes des deux véhicules accidentés et des traces de sang. Il s’agit de ce qui restait du camion remplis à bloc de troncs d’arbre et du bus qui roulait dans le sens Mbour-Fatick, à destination de Sédhiou. Il a fallu la mobilisation d’une pelle mécanique pour dégager la remorque de la route qu’elle obstruait. 

Des témoignages recueillis sur place auprès des habitants, de témoins et d’acteurs du transport routier ont permis de comprendre les circonstances de cet accident meurtrier. Il ressort des propos de Pape Ndiaye, qu’une manœuvre malheureuse a engendré le drame. ‘’Le camion qui a eu le choc avec le bus est le nôtre. Le conducteur et son apprenti sont décédés. J’ai rencontré un des conducteurs qui a été témoin de l’accident. Il m’a dit que le bus tentait de doubler un véhicule en 3e position et c’est alors qu’il s’est trouvé en face du camion chargé. L’irréparable s’est produit. À voir la position du camion, l’on peut dire que son conducteur a tout fait pour éviter le choc. Il a même tenté de lui céder le passage. Idem pour le conducteur du bus. Hélas ! Le choc a été violent. Je n’ai jamais vu un accident aussi violent. Il faut reconnaître qu’il y a trop d’accidents sur cet axe. Et il nous faut vraiment réduire nos vitesses’’, a-t-il confié.

‘’Je ne me rappelle pas avoir vu, un choc aussi violent, de ma vie"

Aliou Ndiaye, est lui aussi un acteur du transport routier. Chauffeur de camion, il a estimé que la responsabilité est à partager entre ses collègues usagers de la route et l’État qui a en charge la réalisation des infrastructures routières. ‘’Je vais interpeller l’État pour lui demander d’élargir les routes et veiller aussi à l’éclairage public. Dans le passé, il était rare de rencontrer un véhicule roulant la nuit. Mais aujourd’hui, nous avons noté que les gens voyagent beaucoup la nuit. Dans cette zone où est survenu l’accident, on note beaucoup de virages. Ne serait-ce que pour cette raison, les véhicules ne devraient pas rouler à plus de 50 Km/heure. Mais c’est à croire que certains conducteurs font la course’’, regrette M. Ndiaye. Celui-ci appelle à ‘’la prudence’’ et à ‘’un comportement exemplaire, au volant’’. 

‘’Le nombre d’accident sur l’axe Fatick-Ndiosmone est inquiétant. Chaque année, on en dénombre beaucoup. Nous sommes convaincus que l’érection de ralentisseurs allaient contribuer à une diminution sensible des drames routiers. Concernant la collision entre le bus et le camion, je puis dire que j’étais sur les lieux du drame, dans la soirée où s’est produit le choc. À dire vrai, je ne me rappelle pas avoir vu, un choc aussi violent, de ma vie. La scène était indescriptible. Je n’ai pas pu dormir, cette nuit-là à cause de ce que j’ai vu’’, a déclaré Jean Marc Faye. Celui-ci, un des fils du terroir, en a profité pour rappeler un triste drame routier qui le marquera à vie. 

‘’J’étais sur les lieux du drame, dans la soirée où s’est produit le choc, à dire vrai …’’

‘’Il y a eu un accident de la route qui nous est resté en mémoire. C’est celui qui était survenu un jour de marché hebdomadaire. Un véhicule avait dérapé et a tué, sur le coup, 3 personnes. Cet accident avait même suscité la colère des populations. Lesquelles avaient initié, de manière spontanée, une manifestation. C’était pour réclamer des ralentisseurs. Il y a même eu des arrestations de jeunes, mais notre cause n’a pas été entendue, jusqu’à ce jour. À mon avis, c’est l’indiscipline des conducteurs qui est à l’origine de l’essentiel des accidents routiers’’.

Du nombre des vendeurs qui jalonnent la route pour écouler leurs produits, Amy Diagne témoigne. ‘’Les accidents sont récurrents ici. On a peur même de venir mener nos activités à cause des drames routiers omniprésents ici. Les véhicules roulent à des vitesses excessives’’, a confié la dame avant de lancer un fort plaidoyer. ‘’Il nous faut des ralentisseurs ou dos-d’âne et même des gendarmes en faction sur cet axe. Même les élèves connaissent des difficultés pour traverser la route à leur descente’’. 
Vendredi 3 Septembre 2021
Dakaractu



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