Facilitation des échanges : « Il faut rendre notre économie attrayante aux investissements et profitable à son secteur privé » (Ministre Alioune Sarr )


 Selon le ministre du Commerce Alioune Sarr, au moment de l’entrée en vigueur de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) de l’OMC le 22 février 2017, le Sénégal figurait parmi les 19 pays africains à avoir soumis leurs instruments de ratification. Le gouvernement du Sénégal entrevoit, dans cet engagement, des avantages considérables qu'une mise en œuvre efficace de l’Accord sur la facilitation des échanges pourrait apporter à nos milieux commerciaux et en particulier à beaucoup de petites et moyennes entreprises. Sur le plan interne, beaucoup d’initiatives avaient été prises, en aval, par l’Etat du Sénégal afin de préparer et faciliter la mise en œuvre de l’AFE. C’est ainsi qu’après avoir effectué son auto - évaluation, le Sénégal a identifié trente-quatre (34) mesures, dont onze (11) classées dans la catégorie C, afin de mieux piloter les différentes séquences de mise en conformité avec les dispositions contenues dans l’Accord. Cependant, les coûts liés à la prise en charge de ces différentes réformes dépassent largement les capacités nationales de notre pays, d’où l’importance de la coopération et de l’assistance internationales, notamment en termes financiers. Le Protocole d'entente entre le Sénégal et les Etats-Unis d'Amérique dans le cadre de l'Initiative Trade Africa signé le 16 juillet 2015 visait, entre autres, à apporter le concours du gouvernement américain sur deux des aspects les plus investis par l’Etat du Sénégal mais qui n’apportent pas encore satisfaction à celui-ci, à savoir l’amélioration de l'environnement du commerce et de l'investissement et le renforcement du commerce inter-régional.

Aujourd’hui, l’on se réjouit que le Sénégal ait ratifié et commencé à mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation des échanges. Autant d’objectifs que le Protocole s’était fixé dans les trois années suivant sa signature. Il est intéressant d’attirer l’attention sur l’étude portant sur le recensement de l’ensemble des redevances et impositions liées à l’importation, à l’exportation et au transit (disposition de l’article 6 de l’AFE). Les conclusions de cette étude, si elles sont bien menées, devraient permettre d’apporter une solution durable à l’un des goulots qui ont toujours porté atteinte à la compétitivité du port de Dakar. Le projet portant « Portail d’Informations Commerciales » (financé aussi par l’USAID) et lancé à Dakar le 14 juillet 2017), est d’une importance capitale pour notre pays car lui permettant de disposer d’une porte d’entrée unique pour toutes les informations liées à ses instruments et pratiques commerciaux mais aussi d’accroitre la visibilité internationale de notre commerce extérieur. Sur les autres domaines visés par le Protocole (mesures SPS et OTC), on peut penser qu’il reste beaucoup à faire, mais ce qu’il est important de savoir est que la mise en œuvre du Protocole a permis de mettre en lumière les aspects pour lesquels il faudrait de toute urgence agir et investir afin que ceux-ci ne constituent plus d’obstacles non seulement pour l’amélioration du commerce entre les Etats-Unis et le Sénégal mais aussi et surtout entre celui-ci et le reste du Continent. Dans un contexte de promesse d’accélération du commerce intra-africain avec la mise en œuvre prochaine de la Zone de Libre-Echange Continentale africaine (ZLECaf), les recommandations du Protocole seront forcément utiles aux autorités sénégalaises, aux sphères publique et privée, qui souhaitent améliorer et mesurer la capacité de l’environnement du commerce et de l’investissement apte à favoriser une croissance et une prospérité durables. Ce dont le Gouvernement du Sénégal est aujourd’hui conscient dans ses politiques publiques (notamment le PSE) est que notre économie ne pourrait avoir de réelle influence sur le continent sans un adossement de politiques nationales complémentaires à une stratégie de croissance axée sur les exportations et un investissement dans des procédures de facilitation des échanges pour rendre notre économie attrayante aux investissements étrangers et profitable à son secteur privé. Je pense que le Protocole d’Entente y a participé réellement. J’ose espérer que cette initiative et celles à venir puissent augurer d’un avenir plus radieux pour notre pays et que ces opportunités puissent être mises à profit, comme c’est le cas aujourd’hui avec nos partenaires américains, pour les générations actuelles et futures.
Jeudi 8 Novembre 2018
Dakaractu



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