FILDAK 2026 : Entre tradition et innovation, le livre au cœur de la transmission et de la souveraineté


Après plusieurs années de pause, la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK) signe son retour avec une 18e édition placée sous le thème « Bibliothèque, transmission et souveraineté ». Prévue du 15 au 19 octobre 2026, cette édition entend conjuguer tradition et innovation, avec l’Égypte comme pays d’honneur et les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal (NEAS) comme institution marraine.

 

Après une courte absence, la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar revient avec une nouvelle édition qui se veut à la fois fidèle à son histoire et adaptée aux enjeux de son époque. La manifestation réunira les différents acteurs de la chaîne du livre autour de panels, de rencontres, de réflexions et d’activités consacrées au livre, à la lecture et au matériel didactique.

 

Prenant la parole à l’occasion de la cérémonie de lancement, le directeur du Musée des Civilisations noires, Abdou Simbandy Diatta, a adressé ses félicitations à M. Ibrahima Wane, saluant sa constance et son engagement remarquable en faveur du livre et de la lecture. Il a notamment rappelé les initiatives visant à installer des bibliothèques dans les coins les plus reculés du pays, mais également dans les établissements pénitentiaires. Une démarche qui consiste, selon lui, à porter le livre là où on l’attend le moins, mais surtout là où il est le plus nécessaire. Pour Abdou Simbandy Diatta, cette démarche s’inscrit pleinement dans les orientations du référentiel national Sénégal 2050, notamment à travers les axes relatifs au développement d’un capital humain de qualité et à l’équité sociale, ainsi qu’à l’aménagement et au développement durable du territoire. « L’accès au savoir ne saurait être le privilège de quelques-uns, il est un droit pour chaque citoyen, où qu’il se trouve », a-t-il souligné.

Le directeur du Musée des Civilisations noires a également évoqué le choix de l’Auditorium France pour le lancement de la manifestation, un choix qu’il considère comme hautement symbolique. Il a rappelé la dimension du livre comme outil de conscience et d’émancipation, avant de réaffirmer la disponibilité de l’ensemble du personnel du Musée des Civilisations noires à accompagner toutes les initiatives en faveur du livre et de la lecture.

 

Une tradition qui doit s’entretenir par l’innovation

 

Le représentant du Dr Magour, président du comité scientifique, a insisté sur la nécessité de renouveler une manifestation qui constitue désormais une tradition culturelle au Sénégal. Créée en 1985, la FILDAK s’est progressivement imposée comme un rendez-vous important du monde du livre. Pour le représentant du comité scientifique, cette longévité ne doit toutefois pas conduire à une simple répétition des éditions précédentes. « Une tradition, ça s’entretient par l’innovation. Sinon ça devient une répétition », a-t-il déclaré.

 

Cette 18e édition doit donc rester la FILDAK que le public connaît depuis plusieurs décennies, tout en devenant également une manifestation qui porte « les habits de son temps ».

Parmi les innovations évoquées figure d’abord une dimension géographique. La FILDAK, organisée en coproduction entre le ministère du Commerce à travers le CSE et le ministère de la Culture à travers la Direction du Livre, investit cette fois davantage les espaces relevant du ministère de la Culture. Le Grand Théâtre est notamment appelé à constituer le cadre central de la manifestation. Autre élément important : le rapprochement entre la FILDAK et l’actualité sportive internationale avec l’intégration du volet lié aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) dans le programme. Selon le représentant du comité scientifique, cette ouverture permet notamment d’aborder les récits liés à l’histoire du sport et aux performances sportives, mais également la notion de performance auprès de la jeunesse.

 

L’Égypte, pays d’honneur

 

La deuxième grande innovation évoquée concerne la présence de l’Égypte comme pays d’honneur de cette 18e édition. Le choix de ce pays est notamment lié à son histoire ancienne avec le livre, l’écriture et les bibliothèques. La référence à la bibliothèque d’Alexandrie et aux papyrus souligne la profondeur de cette relation avec l’histoire du savoir et de sa transmission. La participation de l’Égypte doit ainsi permettre de renforcer les échanges culturels autour du livre, de l’édition, de la traduction et de la création. Le représentant du comité scientifique a par ailleurs évoqué l’implication de nouveaux espaces de promotion quotidienne du livre, notamment ceux qui constituent des lieux de rencontre et de réflexion pour les différents acteurs de la chaîne du livre. La FILDAK veut ainsi rester un espace de rassemblement des auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, enseignants et autres professionnels du secteur.

 

Mame Coumba Diop rend hommage à Cheikh Hamidou Kane

 

Prenant ensuite la parole, Mme Mame Coumba Diop, ministre auprès du ministre de la Culture, a marqué son intervention par un hommage à Cheikh Hamidou Kane, décédé quelques jours avant la cérémonie. Elle a présenté le rappel à Dieu de l’écrivain comme une perte immense pour le Sénégal, l’Afrique et le monde des lettres. Homme de lettres d’exception, Cheikh Hamidou Kane a, selon elle, marqué plusieurs générations par la profondeur de sa pensée et la beauté de sa plume. Son œuvre, célébrée au Sénégal comme à l’étranger, demeure un repère pour ceux qui croient en la puissance des mots. La ministre a ainsi souligné la portée de son héritage littéraire et intellectuel, notamment autour des questions de civilisation, d’identité, de transmission et d’altérité.Cet hommage intervient alors que la FILDAK s’apprête à renouer avec le public après plusieurs années de pause.

 

Une édition tournée vers la transmission

 

Mme Mame Coumba Diop a rappelé que la FILDAK constitue un rendez-vous culturel installé depuis plusieurs décennies dans le paysage sénégalais. « Cette 18e édition sera organisée autour de trois enjeux majeurs : le rayonnement, l’économie et le professionnalisme, ainsi que la transmission », dit-elle. 

 

Le premier enjeu consiste à faire de la FILDAK un modèle d’inspiration pour le continent africain. Le deuxième vise à créer un carrefour d’échanges entre les auteurs, les éditeurs, les libraires et les pédagogues. Le troisième concerne directement la jeunesse, avec la volonté de susciter davantage le goût de la lecture. La ministre a notamment insisté sur la possibilité pour les jeunes de rencontrer directement des auteurs et de découvrir, à travers ces échanges, la capacité du livre à ouvrir de nouvelles perspectives.

 

Les NEAS au cœur d’un hommage particulier

 

Cette édition accorde également une place particulière aux Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal (NEAS). La manifestation rend hommage à cette maison d’édition historique, qui a contribué à la diffusion de nombreuses œuvres et à l’expression de plusieurs générations d’auteurs africains. Les NEAS sont ainsi érigées en Institution Marraine de cette 18e édition. Au-delà de l’institution, Mme Mame Coumba Diop a souhaité élargir cet hommage à tous les acteurs qui font vivre quotidiennement la chaîne du livre : le libraire, le bibliothécaire, l’éditeur indépendant et tous ceux qui contribuent à la circulation du savoir.

 

Le matériel didactique et le numérique au programme

 

La 18e édition accorde également une place importante au matériel didactique et aux innovations pédagogiques. Du manuel scolaire aux équipements de laboratoire, en passant par les outils destinés aux élèves à besoins spécifiques, le matériel éducatif sera valorisé. Le numérique occupera lui aussi une place importante avec les tablettes, les applications en langues nationales et les bibliothèques virtuelles. Pour les organisateurs, le numérique ne doit pas être considéré comme l’ennemi du livre, mais comme son prolongement. Les nouvelles technologies peuvent notamment contribuer à réduire les distances et à faciliter l’accès au savoir pour les enfants vivant dans les zones reculées. Cette approche vise à établir un dialogue entre la tradition et la modernité : le patrimoine du livre d’un côté et les nouveaux outils numériques de l’autre.

 

L’intelligence artificielle et l’enjeu de l’esprit critique

 

La question de l’intelligence artificielle figure également parmi les enjeux soulevés lors de cette cérémonie. Face aux bouleversements provoqués par ces nouvelles technologies, Mme Mame Coumba Diop a insisté sur la nécessité de développer chez les jeunes l’ouverture d’esprit, l’esprit critique, le sens de la mesure et le discernement.L’objectif n’est pas de diaboliser la technologie, mais de l’utiliser au service de l’humain et de la pensée. Dans cette perspective, la bibliothèque, qu’elle soit physique ou virtuelle, doit demeurer un espace permettant d’apprendre à distinguer la vérité de l’erreur et la création humaine de ce qui est généré par les machines.

 

Une invitation à la jeunesse

 

À travers cette édition, les autorités invitent les populations, notamment les élèves et les étudiants, à investir les espaces de la FILDAK. L’ambition est de faire de la manifestation un lieu de rencontres, de découvertes et de transmission, où les jeunes pourront échanger avec les auteurs et les différents professionnels de la chaîne du livre. Après plusieurs années de pause, la FILDAK entend ainsi renouer avec son public tout en s’adaptant aux transformations du secteur. La 18e édition se tiendra du 15 au 19 octobre 2026, autour du thème « Bibliothèque, transmission et souveraineté », avec l’Égypte comme pays d’honneur et les Nouvelles Éditions Africaines du Sénégal comme institution marraine. Une nouvelle étape pour une manifestation qui entend faire du livre un espace de transmission, de dialogue entre les générations et de rayonnement culturel.

 
 
Lundi 5 Octobre 2026
Binta Ndiaye (Stagiaire)