En 2019, le Premier ministre éthiopien s’était vu décerner le prix Nobel de la paix pour ses efforts de rapprochement avec le président de l'Érythrée, Issaias Afeworki, au pouvoir depuis l'indépendance de son pays en 1993.
Un temps qui semble plus que jamais loin, la tension entre les deux États voisins d’Afrique de l’Est étant encore montée d’un cran, ce 9 octobre 2026.
« Droit inhérent à la légitime défense »
Addis-Abeba a accusé Asmara, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans la région éthiopienne du Tigré, « d'agression flagrante » et se dit contrainte à la « légitime défense », selon une lettre des autorités éthiopiennes aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU obtenue vendredi par l'AFP.
De son côté, l'Érythrée a accusé vendredi l'Éthiopie « d'agression », rejetant les critiques d'Addis-Abeba. « Le régime éthiopien mène, de fait, une guerre d'agression non provoquée contre l'Érythrée depuis plus de trois ans maintenant », a répondu vendredi sur X Yemane Gebremeskel, ministre érythréen de l'Information.
Les tensions déjà vives se sont accentuées le 1er octobre lorsque l'Éthiopie a accusé l'Érythrée « d'actes d'hostilités et de belligérance », entraînant la rupture des relations diplomatiques rétablies en 2018 seulement, après deux années de guerre à grande échelle (1998-2000) suivies de 18 ans de relations glaciales.
Depuis la fin de la guerre au Tigré en 2022, lors de laquelle les soldats érythréens ont appuyé les forces fédérales éthiopiennes, les relations sont à nouveau virulentes. Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui dirige de fait – mais illégalement, selon Addis Abeba – le Tigré et contre qui les forces du gouvernement fédéral éthiopien se battent depuis des semaines.
La guerre au Tigré, qui a ravagé cette région septentrionale de l’Éthiopie, a été l'une des plus sanglantes récemment survenues dans le monde, faisant au moins 600 000 morts, selon l'Union africaine. Une estimation jugée basse par plusieurs observateurs.