Éthiopie : De la guerre du Tigré à la tentative de conquête d'Addis Abeba


Éthiopie : De la guerre du Tigré à la tentative de conquête d'Addis Abeba
Le 4 novembre 2019, le prix Nobel de la Paix est décerné à Abiy Ahmed. Les efforts du Premier ministre Éthiopien pour une paix retrouvée avec l’Érythrée sont ainsi récompensés. Jusqu'en 1993, l'Érythrée était éthiopienne.  
Une année après cet accord historique, le même récipiendaire dirige une guerre dans l'extrême nord du pays contre le Front de Libération du peuple du Tigré (TPLF).
L’offensive décidée contre le TPLF serait la suite de l’attaque de cet ancien mouvement de guérilla contre une base de l’armée éthiopienne dans cette région. Ce, après que le Premier ministre a écarté les membres du TPLF de son cabinet avant de reporter les élections nationales à cause du coronavirus. 
À partir de là, le Front de Libération du Peuple du Tigré ne reconnait plus Abiy Ahmed qui est accusé de vouloir destituer les autorités de cette région qui fait partie de la République fédérale d’Ethiopie.
Cette guerre que beaucoup d’observateurs ne s’expliquent toujours pas eu égard au statut de son promoteur, le Premier ministre, est en train de connaître une évolution inattendue. Le gouvernement fédéral croyait pouvoir contenir l’avancée des Tigréens dans leur bastion. Mais depuis leur progression dans la région d’Amhara et de Kemissie, les insurgés affichent leur volonté de marcher sur la capitale, Addis Abeba qui se trouve à moins de 400 kilomètres au sud. A Kemissie, ils prétendent avoir été rejoints par un autre groupe rebelle, l’Armée de Libération d’Oromo. Ce vendredi, sept autres groupes issus de régions diverses ont grossi les rangs de ce bloc se faisant appeler désormais Front uni des forces fédéralistes et confédéralistes ethiopiennes sans qu’on sache leur capacité de nuisance. 
À Addis Abeba, plusieurs médias consultés à Dakaractu, indiquent que le pouvoir central appelle à l’engagement militaire pour défendre la capitale. Mardi dernier, l'état d’urgence a été décrété sur l’ensemble du territoire national. Plusieurs centaines de tigréens auraient été arrêtés à la faveur de ce régime d’exception.
Alors que le Conseil de sécurité des Nations-Unies appelle au dialogue pour « un cessez-le-feu durable », des puissances occidentales comme les États-Unis demandent à leurs ressortissants de quitter le pays. Washington a annoncé l’exclusion de l’Éthiopie du programme African Growth and Opportunity Act (AOGA). Cette sanction qui concerne aussi le Mali et la Guinée ferme le marché américain à l’Éthiopie.
Ce qui donne une indication sur l'ampleur de la guerre que le Premier ministre, Abiy Ahmed, affirme avoir gagné depuis novembre dernier.
En poste depuis 2018 après la démission de Hailé Mariam Dessalegn, lui-même successeur de Meles Zenawi, décédé au pouvoir, Abiy Ahmed a posé des actes de nature à faire croire qu’il s’engageait dans la voie de la rupture. Des opposants qui étaient oubliés dans les geôles ont été libérés, la liberté d’expression renforcée.
Mais cet ancien militaire qui a combattu le régime marxiste de Derg en 1990 est dans l'oeil du cyclone. Il est accusé de crimes contre l'humanité au Tigré par les Nations Unies. 
 
 
 
 
Samedi 6 Novembre 2021
Dakaractu



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