La capitale de la province du Sud-Kivu, Bukavu, se prépare vendredi à une attaque du M23 et ses alliés rwandais, illustrant une poursuite du conflit dans l'est de la RDC où les nombreuses allégations d'exactions vont faire l'objet d'une enquête de l'ONU.
Le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame doivent participer samedi à Dar es Salaam à un sommet régional extraordinaire, réunissant la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
"Alors que nous recherchons une résolution conjointe après de nombreuses tentatives, nous devons comprendre que l'insécurité et les conflits dans une région peuvent entraîner une escalade et déstabiliser toute la région", a dit vendredi dans un communiqué le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.
Il s'exprimait en marge d'une réunion au niveau ministériel lors du sommet dans la capitale économique de la Tanzanie.
Kinshasa réclame auprès de la communauté internationale des sanctions contre Kigali.
Le conflit, qui dure depuis plus de trois ans, a connu ces dernières semaines un fulgurant développement qui a culminé avec la récente prise de contrôle de la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma, par le M23 et les troupes rwandaises.
La province voisine du Sud-Kivu est aujourd'hui dans le viseur du groupe armé antigouvernemental et des soldats rwandais, qui affrontent des forces congolaises réputées mal formées et minées par la corruption.
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a donné son feu vert vendredi à l'ouverture d'une enquête sur les exactions commises dans l'est, au cours d'un conflit qui a fait depuis le 26 janvier près de 3.000 morts.
"Une mission d'établissement des faits" doit rapidement être montée par le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, et devra présenter un rapport complet dès septembre.
Une "commission d’enquête indépendante", le plus haut niveau d'enquête du Conseil, prendra ensuite le relais. De nombreux viols et cas d'esclavage sexuel ont notamment été rapportés.
"Si rien n’est fait, le pire est peut-être encore à venir pour les habitants de l'est, mais aussi au-delà de la RDC", a alerté M. Türk, avertissant que le risque d'escalade dans la région "n'a jamais été aussi élevé".
Selon des sources sécuritaires, humanitaires et locales, le M23 ("mouvement du 23 mars") et les troupes rwandaises étaient vendredi à plusieurs dizaines de km de l'aéroport de Kavumu, lui-même situé à une trentaine de km de Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu.
- "Cohue totale" -
Dans ce chef-lieu d'un million d'habitants, la population se prépare dans la précipitation et la peur à une attaque, certains cherchant à fuir vers la frontière rwandaise.
"On commence à noter un stress, certains grands magasins se bunkerisent et soudent des plaques métalliques pour se barricader et les échoppes sont en train de vider leur stock pour le mettre à l’abri”, craignant les pillages, a indiqué à l'AFP une source locale s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
“La frontière avec le Rwanda est ouverte, mais quasiment impraticable, étant donné le monde qui essaye de passer. C’est la cohue totale”, a-t-elle ajouté.
La principale banque de la ville est restée fermée vendredi, entraînant bousculades et files d'attente aux guichets d'autres banques prises d'assaut.
Plusieurs établissements scolaires et universitaires ont annoncé la suspension des cours vendredi, "au regard de la situation sécuritaire qui prévaut aux environs de la ville".
"Nous apprenons que le M23 pourrait arriver aujourd'hui ici, j'ai été obligée de venir chercher mon enfant à la sortie des classes pour rentrer ensemble à la maison", a dit à l'AFP une habitante, Alice Bikubanga Bagaramba.
Le Burundi, qui redoute que le conflit puisse déclencher une guerre régionale dans les Grands Lacs, a envoyé un bataillon supplémentaire dans le Sud-Kivu en soutien aux forces congolaises, a annoncé vendredi une source sécuritaire à l'AFP. Les troupes burundaises sont ainsi passées de 15 à 16 bataillons déployés en majorité autour de Bukavu.
Dans le Nord-Kivu, trois collaborateurs locaux de l'ONG suisse Entraide Protestante Suisse (EPER) ont été tués mercredi dans une attaque, a annoncé vendredi l'organisation. Ils effectuaient une mission humanitaire dans le territoire de Rutshuru, a-t-elle précisé.
Kinshasa accuse Kigali de vouloir piller les ressources naturelles de l'est de la RDC. Le Rwanda nie et affirme vouloir y éradiquer des groupes armés, notamment créés par d'ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon lui sa sécurité.
Le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame doivent participer samedi à Dar es Salaam à un sommet régional extraordinaire, réunissant la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
"Alors que nous recherchons une résolution conjointe après de nombreuses tentatives, nous devons comprendre que l'insécurité et les conflits dans une région peuvent entraîner une escalade et déstabiliser toute la région", a dit vendredi dans un communiqué le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi.
Il s'exprimait en marge d'une réunion au niveau ministériel lors du sommet dans la capitale économique de la Tanzanie.
Kinshasa réclame auprès de la communauté internationale des sanctions contre Kigali.
Le conflit, qui dure depuis plus de trois ans, a connu ces dernières semaines un fulgurant développement qui a culminé avec la récente prise de contrôle de la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma, par le M23 et les troupes rwandaises.
La province voisine du Sud-Kivu est aujourd'hui dans le viseur du groupe armé antigouvernemental et des soldats rwandais, qui affrontent des forces congolaises réputées mal formées et minées par la corruption.
Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a donné son feu vert vendredi à l'ouverture d'une enquête sur les exactions commises dans l'est, au cours d'un conflit qui a fait depuis le 26 janvier près de 3.000 morts.
"Une mission d'établissement des faits" doit rapidement être montée par le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, et devra présenter un rapport complet dès septembre.
Une "commission d’enquête indépendante", le plus haut niveau d'enquête du Conseil, prendra ensuite le relais. De nombreux viols et cas d'esclavage sexuel ont notamment été rapportés.
"Si rien n’est fait, le pire est peut-être encore à venir pour les habitants de l'est, mais aussi au-delà de la RDC", a alerté M. Türk, avertissant que le risque d'escalade dans la région "n'a jamais été aussi élevé".
Selon des sources sécuritaires, humanitaires et locales, le M23 ("mouvement du 23 mars") et les troupes rwandaises étaient vendredi à plusieurs dizaines de km de l'aéroport de Kavumu, lui-même situé à une trentaine de km de Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu.
- "Cohue totale" -
Dans ce chef-lieu d'un million d'habitants, la population se prépare dans la précipitation et la peur à une attaque, certains cherchant à fuir vers la frontière rwandaise.
"On commence à noter un stress, certains grands magasins se bunkerisent et soudent des plaques métalliques pour se barricader et les échoppes sont en train de vider leur stock pour le mettre à l’abri”, craignant les pillages, a indiqué à l'AFP une source locale s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
“La frontière avec le Rwanda est ouverte, mais quasiment impraticable, étant donné le monde qui essaye de passer. C’est la cohue totale”, a-t-elle ajouté.
La principale banque de la ville est restée fermée vendredi, entraînant bousculades et files d'attente aux guichets d'autres banques prises d'assaut.
Plusieurs établissements scolaires et universitaires ont annoncé la suspension des cours vendredi, "au regard de la situation sécuritaire qui prévaut aux environs de la ville".
"Nous apprenons que le M23 pourrait arriver aujourd'hui ici, j'ai été obligée de venir chercher mon enfant à la sortie des classes pour rentrer ensemble à la maison", a dit à l'AFP une habitante, Alice Bikubanga Bagaramba.
Le Burundi, qui redoute que le conflit puisse déclencher une guerre régionale dans les Grands Lacs, a envoyé un bataillon supplémentaire dans le Sud-Kivu en soutien aux forces congolaises, a annoncé vendredi une source sécuritaire à l'AFP. Les troupes burundaises sont ainsi passées de 15 à 16 bataillons déployés en majorité autour de Bukavu.
Dans le Nord-Kivu, trois collaborateurs locaux de l'ONG suisse Entraide Protestante Suisse (EPER) ont été tués mercredi dans une attaque, a annoncé vendredi l'organisation. Ils effectuaient une mission humanitaire dans le territoire de Rutshuru, a-t-elle précisé.
Kinshasa accuse Kigali de vouloir piller les ressources naturelles de l'est de la RDC. Le Rwanda nie et affirme vouloir y éradiquer des groupes armés, notamment créés par d'ex-responsables hutu du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, qui menacent selon lui sa sécurité.
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