Essence, colère et vengeance : à Mbour, un chef d’entreprise accusé d’avoir incendié la maison de son rival foncier


Un violent conflit foncier a failli virer au drame à Mbour. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, un chef d’entreprise, identifié sous les initiales O. Diallo, est poursuivi pour avoir mis le feu à la maison de son adversaire présumé dans un différend autour d’une parcelle située à Médinatoul Salam, dans la cité Thiantacône.
 
L’affaire, marquée par des actes spectaculaires et des accusations croisées, trouve son origine dans un litige foncier opposant O. Diallo à C. Gaye, chacun revendiquant la propriété du terrain.
 
Un terrain au cœur de la discorde
 
D’après L’Observateur, les tensions remontent à février 2026 lorsque O. Diallo se rend sur une parcelle qu’il affirme avoir reçue en 2014 de son guide spirituel, Cheikh Béthio Thioune.
 
Mais sur place, il découvre que des travaux de construction ont déjà débuté. Le chantier appartient à C. Gaye, qui affirme être le propriétaire légal du terrain et brandit des documents administratifs censés le prouver.
 
La confrontation entre les deux hommes dégénère rapidement. Dans un premier accès de colère, Diallo s’en prend aux matériaux de construction et les détruit. Mais C. Gaye ne recule pas. Il réinstalle ses matériaux et adresse un avertissement ferme à son rival : ne plus toucher au chantier, le terrain étant officiellement à son nom.
 
Deux incendies en quelques heures
 
Mais selon L’Observateur, l’avertissement ne suffit pas à calmer O. Diallo. Le lendemain, vers 14 heures, il revient sur les lieux avec de l’essence. Sa cible : la porte principale de la maison de C. Gaye.
 
Il la défonce et y met le feu. Un premier incendie volontaire qui aurait pu provoquer un drame si des occupants s’étaient trouvés à l’intérieur.
 
Loin de s’arrêter là, Diallo récidive le soir même. Aux alentours de 21 heures, il revient et surprend le vigile présent sur place. Toujours selon L’Observateur, il asperge d’essence la case où se trouve l’homme avant d’y mettre le feu. Le vigile échappe de justesse à la mort.
 
Un plan préparé sur WhatsApp
 
Ce que l’accusé ignorait, explique L’Observateur, c’est que ses agissements ont été filmés par sa victime. Pire encore pour lui : l’attaque aurait été préparée en amont avec plusieurs complices dans un groupe sur WhatsApp.
 
Les échanges dans ce groupe montreraient clairement une préméditation. Ironie du sort, c’est même un membre de ce groupe qui aurait averti C. Gaye des intentions de Diallo.
 
Après le second incendie, le chef d’entreprise prend la fuite et rejoint des amis qui l’attendaient de l’autre côté de la rue afin de faciliter son départ.
 
Arrestation rapide et mandat de dépôt
 
Mais les preuves accumulées par la victime – vidéos et captures d’écran des discussions WhatsApp – permettent aux enquêteurs d’agir rapidement.
 
C. Gaye dépose plainte auprès de la Brigade de gendarmerie de Malicounda. Une enquête est ouverte et O. Diallo est rapidement interpellé.
 
Placée en garde à vue, la suspect est ensuite déféré au parquet puis envoyé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour.
 
Devant le tribunal, deux versions opposées
 
Lors de son passage devant le Tribunal de grande instance de Mbour, O. Diallo a maintenu sa version des faits. Il affirme que la parcelle lui a été offerte en 2014 par Cheikh Béthio Thioune.
 
S’il ne dispose pas de documents administratifs pour le prouver, c’est, selon lui, à cause des lenteurs de la mairie de Malicounda. Il nie en bloc toute implication dans les incendies, malgré les éléments versés au dossier.
 
De son côté, la partie civile affirme que les documents officiels sont clairs : C. Gaye est bien le propriétaire légal du terrain. Il explique avoir échappé au pire grâce à l’alerte d’un membre du groupe WhatsApp qui lui a signalé les intentions de son rival.
 
Vers une enquête judiciaire approfondie
 
Convaincu de la préméditation et de la gravité des faits, le procureur de la République a demandé au tribunal de se déclarer incompétent afin de permettre l’ouverture d’une information judiciaire.
 
L’objectif est de confier le dossier à un juge d’instruction pour déterminer les responsabilités exactes, notamment celles des éventuels complices impliqués dans la préparation des incendies.
 
Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 17 mars.
Vendredi 13 Mars 2026
Dakaractu