Espace politique : à qui profite la violence ? Par Oumou Wane


Espace politique : à qui profite la violence ? Par Oumou Wane

À moins de trois mois des élections régionales, l’espace public est déjà devenu un théâtre privilégié des affrontements entre les acteurs de la scène politique. La violence ne doit pas devenir un langage ordinaire si nous voulons conserver les fondements de notre démocratie et les règles de notre « vivre ensemble »C’est pourquoi, dans le souci d’élections apaisées, une pacification de l’espace politique estréclamée par notre société civile et soutenue par nos instances religieuses, jusqu’au khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké.

Manifestations, occupations, meetings, réunions publiques… Après chaque rencontre, des blessés sont acheminés vers les hôpitauxUn sursaut national est donc appelé. Et la question de la pacification de l’espace politique se pose sérieusement avant que cette violence ne prenne un tournant encore plus radical.

Chacun renvoie la faute sur l’autre et les dérives, quand elles ne sont pas dans la rue, se poursuivent à travers le débat public et dans les médias.

Il en va de la responsabilité de la classe politique de bannir les discours violents et les appels à l’insurrection dans la perspective de prochaines élections territoriales transparentes et démocratiques.

À quelques semaines de ce scrutin, il est temps que le débat s’élève et se concentre sur les idées et les programmes de chacun dans une sphère publique qui doit rester un espace de discours critique et non pas un théâtre de calomnies et d’insultes qui n’honore pas le Sénégal.

Après les coalitions Yewwi Askan Wi, l’Union Citoyenne Bunt Bi, Geum sa bopp, et le mouvement FRAPP, le Président de la République Macky Sall a reçu une délégation du cadre unitaire de l’islam et la plateforme Jammi rewmi de la société civile. Il les a assurés de sa volonté de soutenir le processus de mise en place d’un code de conduite des acteurs politiques en direction des élections à venir.

En d’autres temps et autres lieux, des commissaires « édits de pacification », étaient envoyés, chevaucher de ville en ville, pour tenter de restaurer la paix. 

Mais comment ne pas voir que cette violence est surtout le produit d’une idéologie populiste, partant de l’exaltation des populations pour aboutir à la diabolisation de l’autre partie. Le populisme constitue l’une des grandes maladies de la démocratie moderneEt ce sont les jeunes, nos jeunes, non pas par paresse intellectuelle mais parce qu'ils s'informent davantage sur les réseaux sociaux qui sont la cible idéale de ceux qui veulent profiter de la violence pour répandre le populisme.

Voilà pourquoi nous devons renforcer le leadership des jeunes en faveur de la démocratie et de la pacification de l'espace politique. La notion d'éducation à la citoyenneté active doit être plus présente dans les déclarationsinstitutionnelles et dans l’apprentissage.Certains jeunes ne se reconnaissent plus dans les partis traditionnels. Il est impératif qu’ils soient mieux intégrés et représentés de manière significativdans les organes de décision.

S'engager pour la paix, s'engager pour la non-violence peut nous aider à dépasser nos désaccords et nous donner de nouvelles forces pour agir. C’est le devoir de tous les acteurs politiques du pays de soutenir cette « charte de non violence ».

Elle n’empêchera pas certains éléments radicaux de crier au complot ou à la manigance et d’appeler à la guerre civiletout en tentant de se faire passer eux-mêmes pour des victimes, mais souhaitons pour notre paix sociale, que la majorité des acteurs n’envisage plus la violence comme moyen normal dans le combat politique.

Oumou Wane

Jeudi 2 Décembre 2021
Dakaractu



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