Epilogue du Feuilleton judiciaire entre l’Etat, Karim et Khalifa

Le Wolof dit « Dieul luca gudeul, luca gattal moo gueen ».


En effet, ce long feuilleton aurait dû ne pas avoir lieu pour peu que Karim et Khalifa avaient accepté de transiger comme d’autres l’ont fait, en négociant le remboursement de ce que leur est reproché comme manquement dans le cadre de la reddition des comptes, entamée par le gouvernement.  Il n’y aurait eu ni procès, ni condamnation, ni perte de droits civiques ou de mandats électifs. Karim et khalifa auraient eu tout leur loisir de s’expliquer librement sur leur choix de transiger, et travailler pour mettre en œuvre leurs ambitions politiques.

Malheureusement, ils ont succombé au virus de la politisation  de leurs dossiers judiciaires, en voulant se présenter à l’opinion comme des « persécutés politiques pour leur opposition au pouvoir ».

Depuis leur convocation dans le cadre des enquêtes préliminaires de police, et tout le long des investigations du Juge instructeur et durant tout  leur procès, ils se sont présentés en «  victimes politiques », aidés en cela par leurs proches amis, et par des avocats qui ambitionnent d’occuper les devants de la scène pour plus  de visibilité.

Ils ont usé de tous les stratagèmes pour empêcher d’être traduits en justice, pour éviter toute condamnation au procès, et pour retarder au maximum l’application des peines encourues par des recours devant les juridictions nationale, sous- régionale et internationale.

Mais toutes ces manœuvres, ponctuées de manifestations publiques dans l’espoir d’être libérés par la rue, furent vaines.

En effet, hier  le 30 Août, la Cours d’Appel a confirmé la condamnation de Khalifa prononcée en première instance, et la Cours Suprême  a confirmé l’annulation de l’inscription de Karim dans les listes électorales.

Même s’ils ont encore le droit au recours en Cassation au niveau national, et en annulation  dans la sous- région, et à l’international, les décisions de la Cours d’Appel et de la Cours Suprême, et leurs conséquences de droit,  sont d’exécution immédiate.

Ainsi Khalifa reste en prison pour cinq ans, perd ses droits civiques (il ne peut être ni électeur, ni éligible), et perd ses mandats électoraux (il perd son mandat de Conseiller municipal, de Maire de la Ville de Dakar, et de Député à l’Assemblée nationale) au profit de son suivant sur la liste de candidature aux Municipales et aux Législatives.

Si par solidarité, sa majorité dans  son Conseil Municipal et dans le Conseil de Ville de Dakar bloque sa destitution en refusant de se réunir, elle donnerait au Ministre chargé des Collectivités territoriales la légitimité de les dissoudre pour les remplacer par « des Délégations Spéciales » ! 

 Le cas échéant, ce serait pour Takhawu Dakar, la perte de position stratégique dans l’organisation des prochaines municipales, et une grosse perte de moyens dans cette compétition.

Les bouillants souteneurs de Khalifa Sall, genre Cheikh Gueye et Taye sont attendus pour plonger avec khalifa dans les abimes des enfers politiques, ou de le renier en acceptant sa condamnation pour sauver leurs carrières municipale et politique.

Pour ce qui est de Karim, les choses sont claires depuis longtemps, malgré le refus  total  du PDS de sa condamnation et des conséquences de Droit qui en découlent.

En effet, Karim condamné à six ans fermes  a perdu ces droits civiques d’être électeur ou d’être éligible. La Cours Suprême vient de confirmer l’annulation de son inscription sur les listes électorales. En outre, il ne peut rentrer au Sénégal sans commencer à payer les amendes que la Justice a retenues  contre lui, et risque, s’il rentre malgré tout, de retourner en prison d’où il était sorti par une grâce présidentielle.

Donc le PDS sait très bien que Karim ne peut pas être candidat et ne peut pas rentrer libre au Sénégal.

Toutes ses agitations ne sont que partie prenante de sa stratégie de mettre en exécution ses menaces d’empêcher la tenue de la Présidentielle à date échue.

Mais l’opinion devrait savoir dès maintenant,  qu’avec cette décision, le PDS lance un défi, non pas à BBY,  mais  à l’Etat du Sénégal, à qui  la Constitution reconnaît le devoir et le droit légitime d’organiser les élections à date échue.

Ainsi, BBY devrait se mobiliser dès maintenant pour accompagner l’Etat dans cette mission, en expliquant largement à l’opinion nationale, sous- régionale et internationale, les violences  que le PDS programme, pour mettre en œuvre son défi d’empêcher l’élection présidentielle de Février 2019.

Le cas échéant, le pouvoir exécutif assumera toutes ses responsabilités, comme vient de le faire admirablement, le pouvoir judiciaire, malgré les intimidations, et mêmes les incivilités  et les calomnies à l’endroit des  Juges en première Instance, de la Cours d’Appel et de la Cours Suprême.

C’est aussi le lieu de magnifier leur haut sens de l’Etat, et d’exhorter le pouvoir exécutif à mieux les soutenir, et à mieux défendre leur sécurité, leur honneur et leur dignité, et à s’ouvrir davantage aux  préoccupations de gestion des carrières Magistrats, portées par leur organisation.

Ce faisant,  face aux sceptiques et autres nihilistes de tous bords, l’Exécutif de notre pays,  confirme sa confiance à nos Magistrats et à leur organisation qui ne leur a jamais fait défaut.

                    Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

                                                                                 Dakar le 31 Août 2018
Vendredi 31 Août 2018
Dakaractu



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