Entretien avec Mamadou Wade, Pdt APAS : « L’État a failli dans la gestion de l’émigration, des licences de pêche, et nous réclamons la fin des accords avec l’UE »

Le secteur de la pêche continue de souffrir au jour le jour et les acteurs de la pêche continuent de tirer la sonnette d’alarme pour alerter les autorités.


Dans cet entretien à bâtons rompus réalisé avec le président de l’association des pêcheurs artisanaux du Sénégal, Mamadou Wade a évoqué le problème des bateaux de pêche qui pillent les ressources halieutiques, plus précisément le thon. Une pêche qui les empêche d’avoir le poisson pêché et consommé au Sénégal.

À l’en croire, ces poissons bien qu'ils ne sont pas consommés au Sénégal, ils n'en jouent pas moins un rôle prépondérant dans la pêche. Donc, ne plus les avoir dans les eaux sénégalaises, c’est synonyme de raréfaction des poissons.


Selon notre interlocuteur, ces bateaux de pêche causent énormément de désagrément aux pêcheurs sénégalais. Et certains de leurs bateaux de pêche raflent tout sur leur passage au détriment des pirogues de pêche sénégalaises. Car dit-il, « ces bateaux peuvent rester des mois voire un an en mer sans mouiller. C’est l’équipage qui change tous les six mois. »


Le président des pêcheurs artisanaux s’est exprimé aussi sur le phénomène de l’émigration clandestine. Mamadou Wade incrimine directement l’État du Sénégal qui a failli à sa mission régalienne vis-à-vis de sa jeunesse. Il argue que c’est la déperdition scolaire qui en est la cause principale. Il ajoute que les pêcheurs pour certains, ont le minimum de base scolaire. Si l’État avait créé des écoles de pêche ou de marine dans les cités de pêche pour encadrer les enfants de pêcheurs et autres, le phénomène n'aurait pas pris cette ampleur.


Il précise que « l’État a failli dans sa gestion de la pêche. Il a minimisé le secteur, il a minimisé les acteurs du secteur. Il n’a pas impliqué les pêcheurs, les mareyeurs dans la prise de décision et la mise en pratique des politiques de pêche. Pis, s’il avait mis à contribution les pêcheurs dans la lutte contre l’émigration, le phénomène ne prendrait pas cette ampleur. »





Cependant, la lancinante question du problème des licences a été évoquée dans cet entretien. Il précise que ce problème est dû à la rareté du poisson alors que la pêche ne se faisait qu’en saison sèche.


Vendredi 29 Janvier 2021
Dakaractu



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