(Entretien) Pape Dia, Manager de Bombardier : « J’ai toujours aimé les défis … Pourquoi je suis candidat à la présidence du regroupement des Managers… »

Peu connu du grand public pour sa discrétion, dans son écurie il est l’homme de « l’efficacité » comme en témoigne ce jeune lutteur. L’homme qui gère la carrière du Roi des Arènes est décrit comme un acteur important dans le milieu étanche des managers de lutteurs. Il s’appelle Pape Dia et dit aimer les défis. Trop longtemps en contact avec son frère de lutteur deux fois Rois des Arènes avec des moments d’infortune qui ne l’on jamais abattu, Pape Dia se livre à notre rédaction à l’occasion de sa candidature à la présidence du regroupement des managers à un moment où le sport national traverse des moments difficiles. Il revient sur ces nombreux problèmes, les difficultés auxquelles font face les Managers. Pourra t-il réussir le pari du redressement mais aussi celui de se tenir à équidistance des écuries tout en en manageant Bombardier. Ses réponses dans l'entretien qui suit...


(Entretien) Pape Dia, Manager de Bombardier : « J’ai toujours aimé les défis … Pourquoi je suis candidat à la présidence du regroupement des Managers… »

DAKARACTU : Vous comptez vous présenter à l’élection du président du regroupement des managers de lutte avec frappe du Sénégal. Pourquoi maintenant ?

L’idée de me présenter m’est venue du fait qu’il y avait une certaine léthargie dans le regroupement au moment où la lutte, en tant que sport doit faire face à de nombreux défis : la gestion des contrats, les rapports entre promoteurs et managers, mais aussi la réflexion sur l’avenir même de ce sport qui souffre de l’absence totale de visibilité sur la carrière des lutteurs avec toutes ses incertitudes.

Le fait que votre frère soit roi des arènes a-t-il été pour quelque chose dans votre choix de briguer la présidence des managers ?

Non, pas du tout! Le fait que mon frère soit le Roi des arènes n’a rien à voir avec ma candidature. Je commence à accumuler de l’expérience dans ce domaine et je veux en faire profiter à notre regroupement. En dehors de la gestion de la carrière de Bombardier, j’ai toujours été très actif dans la promotion de la lutte. En effet, je suis le président des managers de la région de Thiès depuis deux ans en plus de mon implication personnelle dans le mouvement associatif tel que les Navétanes et l’actionssociale sur des thématiques variées.

Vous aspirez à diriger cette structure au moment où la lutte traverse une crise. Elle ne semble plus faire rêver au Sénégal. Quelle est la stratégie de Pape Dia pour raviver la flamme de la lutte ?

Oui j’ai toujours été un homme de défi. Je suis bien conscient que la lutte est en crise comme tous les sports d’ailleurs. Cela n’est pas sans lien avec le climat tendu mais aussi la perte de certaines valeurs de manière générale. Justement cela donne une raison supplémentaire de poursuivre plus activement notre engagement pour redresser ce sport en synergie avec tous les autres acteurs qui s’y impliquent. Ce n’est pas parce qu’il y a une crise que l’on doit baisser les bras. Il faut plus de volontarisme, plus d’engagement au service de ce sport national.

Vous n’êtes pas sans savoir que les managers ne profitent pas de leur métier. Quel est le programme du candidat que vous êtes pour une évolution du statut de manager ?

Vous avez raison, les managers ne profitent pas assez de leur métier et c’est l’une des choses qu’il faudrait revoir. Mes collègues le crient depuis des années et il nous faudra trouver une solution pour ce problème qui, à mon avis, ne milite pas en faveur d’un environnement sportif sain. Le statut de manager devra être revalorisé et je vais en faire une priorité.

On le sait, vous êtes manager de Bombardier et présider à la destinée des managers de lutte voudrait que vous soyez à équidistance des écuries, y compris la vôtre. Etes-vous prêt à couper les ponts avec votre frère pour ne pas porter préjudice à votre crédibilité ? 

C’est comme si vous demandiez au Président de la fédération de football ou de basket de ne pas présider une équipe dans la discipline qu’il gère. Le manager d’un lutteur, connaissant parfaitement le fonctionnement et les problèmes des écuries est justement le meilleur défenseur des intérêts de ses collègues. Je suis imprégné des réalités de ce sport, des problèmes que vivent mes autres collègues avec qui j’ai de très bons rapports. C’est dans ce sens que je serai leur avocat, leur défenseur tout en veillant à être objectif sur les choix et orientations sans aucun conflit d’intérêts.

Pour finir, que peut-on réellement attendre du candidat Pape Dia ?

Lors de mes différentes concertations avec des collègues managers, il a été décrié le fait que nous n’ayons même pas de siège social; un lieu pour nous réunir et échanger sur l’avenir du sport national et nos problèmes quotidiens. Vous l’avez souligné au début, les managers sont dans une grande précarité et sans protection sociale. L’idée de la création d’une mutuelle figure en bonne place dans mes priorités si mes pairs me font confiance. Enfin, il faut que la lutte reprenne sa place de sport populaire et puisse contribuer à l’effort d’éducation et de sensibilisation aux questions citoyennes surtout à une période où les violences gagnent du terrain dans le milieu sportif. J’en ferai une mission et cette urgence est partagée par mes autres collègues.

Mercredi 9 Août 2017
Dakaractu




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