(Entretien) MALI / Succession de Soumaila Cissé à l’URD : Moustapha Siby disqualifie Boubou Cissé et adoube Me Demba Traoré.


Leader incontesté de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Soumaila Cissé est décédé après un séjour entre les mains d’un groupe djihadiste au Mali. Une mort qui a pris de court ses partisans mais qui n’a pas pour autant tué leurs ambitions. Ils sont décidés à conquérir le pouvoir. C’est en tout cas la posture revendiquée par l’un de ses proches collaborateurs interviewé par Dakaractu.

Installé au Sénégal depuis quelques années, Moustapha Siby n’en est pas moins très sensible à tout ce qui se passe dans son pays, le Mali et estime que le temps est venu pour l’URD de prendre le pouvoir. Une façon pour ce compagnon de la première heure de Soumaïla Cissé de dire que ce n’est nullement le déluge après la mort de cette figure politique malienne. Au contraire, le parti enregistre de nouvelles adhésions. Mais pour Moustapha Siby, il ne devrait pas y avoir de confusion autour des rôles des uns et des autres. Sans mettre de gants, Siby disqualifie l’ancien Premier ministre de Ibrahim Boubacar Keïta.

Quatre mois après le décès de Soumaïla Cissé, Boubou Cissé, puisqu’il s’agit de lui, a adhéré à l’URD et estime être l’homme providentiel pour diriger ce parti. Il n’est pas le seul prétendant à la succession de « Soumi ». Ancien ministre sous IBK, Mamadou Igor Diarra est aussi en lice pour devenir le numéro un du premier parti d’opposition au Mali. Des candidatures qui révulsent Moustapha Siby qui, dans son entretien avec Dakaractu, rappelle que le temps des hommes providentiels au Mali est révolu. Il préconise une nouvelle manière de gouverner par une équipe compétente composée d’hommes qui sont soucieux du devenir du Mali. « Nous avons un projet et nous saurons convaincre les maliens », clame Moustapha Siby qui n’oublie pas de mentionner que le chef qui dirigera cette équipe ne sera personne d’autre que Me Demba Traoré. Son candidat qu’il présente comme l’ « avocat du peuple ».

Selon lui, ce dernier a toujours été au chevet des couches défavorisées et comprend les maux des maliens pour les résoudre. Quant à son talon d’Achille qui serait selon ses détracteurs son faible poids financier, Moustapha Siby estime que c’est un faux problème et qu’en réalité, même Soumaïla Cissé n’a pu rassembler les fonds nécessaires à ses campagnes que grâce aux appuis de ses soutiens.

Mais pour gagner des élections, il faut d’abord qu’elles se tiennent. Et rien n’indique que la présidentielle prévue en février 2022 se tiendra à date échue malgré les assurances des autorités de la transition. Moustapha Siby veut leur accorder le bénéfice du doute. Encore que pour lui, la date des élections n’est pas la date de la Tabaski. « Ça peut se négocier », tempère-t-il. Le plus important selon Moustapha Siby, c’est que ces élections soient organisées dans des conditions transparentes pour refléter le véritable choix des maliens.

Participer aux élections et les gagner, est une chose. Mais stabiliser le Mali constitue une autre paire de manches. Un défi immense que l’URD est prête à relever si on se fie à Moustapha Siby. Qui rappelle à ses compatriotes que le Mali de demain ne se fera pas sans les politiciens dont le contrat de confiance avec le peuple semble rompu. Pour conforter sa thèse, l’homme politique convoque « l’ancrage » de l’Urd à travers les coins les plus reculés du pays avec une implication directe dans le quotidien des populations. Des populations éprouvées par des conflits armés. 

La situation est devenue ingérable au point que les décideurs n'écartent plus la possibilité de discuter avec les djihadistes maliens. Une approche qui ne désenchante pas Moustapha Siby. « Il n’y a aucune solution sans le dialogue », approuve l’homme politique qui cite l’exemple de l’Afghanistan que les Américains ont décidé de quitter après 20 ans de guerre avec les Taliban.

À l’en croire, le Mali ne peut pas constituer une armée pour sécuriser toute l’étendue de son territoire. Par conséquent, il milite pour un dialogue avec les fils du pays même s’il est convaincu que les chefs djihadistes Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa qui sont à la tête du GSIM seront vaincus. « Optimiste », Moustapha Siby veut croire que le Mali retrouvera la paix mais pour lui, cela doit provenir des efforts des maliens, aidés par leurs frères de la sous-région.
Mercredi 4 Août 2021
Dakaractu



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