Entrée du GIGN à l’assemblée, le silence bavard du 11 type des neutres pastefiens ! (Partie 1) (Par Idrissa Fall CISSÉ )


Ils étaient onze. Onze analystes indépendants. Onze arbitres autoproclamés du débat public. 11 experts qui démarraient toujours leurs analyses par BOKUÑU PASTEF… Et bizarrement, ils étaient les seuls à ne pas savoir que bokuñu Pastef ndeysaan. Ils ont été la caution morale de toute la bêtise Pastefienne pendant trois ans. Ils fermaient les yeux sur toutes les conneries du Mijaddid. Ils validaient toutes ses bêtises et s’organiser à chaque fois à lui trouver des circonstances atténuantes. Ils ne faisaient pas partie des 4000 cadres mais se sont organisés à être parmi les 400 premiers servis du fameux PROS-JET. 

Pendant plus de trois ans, cette équipe bien particulière a évolué dans le championnat politique sénégalais. Une équipe sans maillot officiel, sans licence. Pourtant, match après match, leurs gestes techniques, leurs placements et leurs relances trahissaient une discipline collective rarement observée chez de simples spectateurs.

Ils se présentaient comme des analystes neutres, mais jouaient en réalité un football très organisé. Chacun occupait son poste, intervenait sur son périmètre, et sortait du vestiaire uniquement lorsque le ballon politique arrivait dans sa zone. C’étaient les arbitres digitaux du débat public, ceux dont l’avis de dernière minute faisait office de VAR idéologique pour orienter la meute et fixer la ligne à suivre. Quand certains se chargeaient exclusivement de Macky, d’autres discréditaient l’autre opposition et qualifiaient ceux qui refusaient de se plier à leur malhonnêteté de neutres. 

1. Dans les buts, on retrouvait le gardien de la Constitution, toujours prompt à plonger dès qu’un article fondamental faisait l’objet de débats. Il assurait le service après vente juridique et constitutionnel du Projet, expliquant, interprétant et parfois réécrivant l’esprit des textes selon les nécessités du match. Bien avant le coup de sifflet final de l’alternance, il avait déjà négocié son contrat avec le groupe parlementaire Yewwi Askan Wi, quittant progressivement les amphithéâtres pour les salons feutrés du pouvoir, jusqu’à être officiellement titularisé à la tête d’un conseil d’administration stratégique… Notez bien, je ne parle pas de Ngouda Mboup ! 

2. Sur le côté droit de la défense un joueur évoluant parfois depuis l’étranger, notamment du Canada. Un latéral moderne, très à l’aise avec le ballon juridique, capable de couvrir tout le couloir du droit constitutionnel au droit pénal, en passant par les procédures les plus techniques. Toujours disponible pour défendre le Projet, il a logiquement été repositionné dans les nouveaux organigrammes dès l’arrivée au pouvoir de leurs coéquipiers. De Montréal au cabinet culturel du manipulateur juriste ministre il faut être Manuel KANT pour faire un bon pareil. Ne suivez pas mon regard… il est sorti du cabinet comme il y est entré: SANS BRUIT. 

3. Dans l’axe central, la défense se voulait plus rugueuse. Quelqu’un qui ne rate pas ses FRAPP. Il n’hésitait pas à multiplier les fautes tactiques, quitte à se faire sanctionner régulièrement, pour maintenir la pression dans la banlieue et activer des zones sensibles comme le chômage, la pauvreté ou les tensions sociales. Son engagement total, souvent ponctué d’arrestations, lui a valu une reconnaissance institutionnelle à la hauteur de son abnégation militante. Il quitte les classes au moment où les notes en philosophie de ses élèves baissent drastiquement. Les cimetières ne sont plus ses sujets. Il est bien installé à la tête de la direction à la communication de son propre ministère. Juste deux grands pas entre deux tombes. 

4. A ses côtés, le libéro du verbe veillait à la correction du jeu. Redoutable sous l’ancien régime, il traquait la moindre faute grammaticale, la moindre approximation sémantique. Mais depuis son entrée dans les vestiaires du pouvoir, le stylo rouge a été rangé. On ne corrige pas ses partenaires en plein match, encore moins ses bienfaiteurs. Du BIC ROUGE au BIG GOUV. Rouge - Gouv pas trop de changement. Il a juste décidé de fermer les yeux sur les fautes grammaticales et d’orthographes de nitt ki dul juum. 

5. Sur le flanc gauche de la défense, un joueur d’expérience, expert en tout, occupait l’espace avec assurance. Ancien produit du système reconverti, il commentait tous les matchs, tous les championnats, sans jamais sembler débordé par ses nouvelles responsabilités institutionnelles. Une présence constante sur les réseaux, preuve que le temps de jeu ne manquait pas. Vu son âge et son expérience il a été balancé à la tête d’un Conseil d’administration. Sans prénom mais ses trois noms donne Keur Massar Sud. Arrêtez de trop réfléchir sinon vous ne bénéficierez pas des semences améliorées, de l'engrais, de l'urée de l’ISRA. 

6. Au milieu du terrain, devant la défense, l’équipe pouvait compter sur un essuie-glace digital infatigable. Chargé de nettoyer le jeu, rappelant sans cesse les manquements de l’ancien régime et l’autre position, il se présentait comme simple observateur tout en animant un mouvement soigneusement positionné à la frontière du parti: le CRDP même si on sait que le P du sigle signifiait PATRIOTIQUE mais bon… Une fois le pouvoir conquis, sa polyvalence fut récompensée par une place dans l’entourage présidentiel comme CONSEILLER SPÉCIAL DU PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE preuve que l’endurance finit toujours par payer. Il accepte le poste au moment de la Profonde crise entre son Président et l’ancien PM. Espérons que le titre de son unique ouvrage ne sera pas modifié. De toute façon Diomaye n’est plus Sonko et Sadio n’est plus un Simb Katt mais un Dr qui n’a soutenu en huis clos. 

7. À ses côtés, le milieu sanitaire intervenait chaque fois que la santé publique entrait dans le débat. Durant la pandémie, ses analyses faisaient autorité, ses critiques étaient tranchantes, et les choix du gouvernement d’alors systématiquement disqualifiés. Inséré dans le cabinet du ministre le plus limité, pardon discret de l’attelage gouvernemental. Il avait arrêté d’écrire mais commentait beaucoup. Partout où ça parle en mal du Sell ki il se pointe pour rappeler qu’il était là. Aujourd’hui, il observe le jeu depuis le banc ministériel, tout en continuant à commenter chaque action sur les réseaux sociaux.

8. Plus haut, l’économiste du groupe jouait le rôle de relayeur. Toujours bien placé, il savait à quel moment accélérer, à quel moment temporiser, et surtout à quel moment se rapprocher du nouveau staff technique. L’un des premiers à être officiellement titularisé après l’arrivée du TASDEM, malgré des promesses publiques de retrait médiatique vite oubliées. C’était un conseiller technique certes mais chargé exclusivement de répondre aux interventions de Pape Malick Ndour et à donner de bonnes notes à ses bienfaiteurs sur les notations de MOODY’S ou Maady’S c’est selon. Bref la crise ne lui a pas laissé trop de choix. Il redevient RAP (Répondeur Automatique Patriote) 

9. A droite de l’attaque, un spécialiste de la presse, très critique du régime sortant tout en revendiquant une neutralité constante, a fini par rejoindre le banc du nouveau pouvoir. Comme beaucoup de joueurs évoluant à l’étranger, le retour au pays restait l’objectif ultime. Le coup de fil est finalement arrivé, confirmant que la patience est aussi une qualité footballistique. Il est tellement content de son boss qu’il a fini par le nommer le Burba Djolof. El Malick moy Alboury Ndiaye quoi. Cey Yalla ! S’il était coach j’allais le surnommer Bielsa, l’ancien coach marseillais. Son Burba passe de PAN à VIPAN. 

10. Sur l’aile gauche de l’attaque, une joueuse occupait un rôle tout aussi stratégique. Elle repiquait de temps en temps pour assurer le surnombre au milieu et assurait le pressing haut. Très active sur les questions énergétiques, elle s’était spécialisée dans un combat social particulièrement sensible: le prix du woyofal. Pétitions en ligne, campagnes de boycott, indignations bien calibrées, tout passait par elle. Officiellement, il s’agissait de défendre les consommateurs. Officieusement, les yeux étaient déjà tournés vers le micro central des futurs grands événements des tenants du pouvoir. Elle fut d’ailleurs servie parmi les premières après l’alternance, devenant ce que certains surnomment déjà le Ndouro Wally Mbegane de l’équipe.

11. Sur le front de l’attaque, il y avait l’économiste et théoricien. Un finisseur né avec une très bonne réputation. Il validait sans réserve toutes les théories économiques hasardeuses: sortie précipitée du franc CFA, création d’une monnaie locale bricolée quelque part au Sénégal, et autres slogans sans ancrage technique. Il assurait le service après vente économique du projet, donnant une caution intellectuelle à des propositions irréalistes. Les théories les plus farfelues sur de prétendues renégociations faciles des contrats pétroliers et gaziers ont été largement portées par lui. Il a été DIADNostiqué et casé au COS Petrogaz, mais peine concrètement à montrer la voie à ses bienfaiteurs sur comment revoir ces contrats qu’il promettait pourtant de renégocier sans difficulté.

Si cette formation a longtemps nié son existence, l’arrivée au pouvoir a eu le mérite de dévoiler la feuille de match. Cette équipe dite neutre aura surtout démontré une chose: dans le football politique sénégalais, la neutralité est parfois une position de jeu temporaire, adoptée en attendant le bon mercato. Le coup de sifflet final a simplement officialisé ce que beaucoup avaient déjà vu depuis les tribunes. D’ailleurs la seule chose qui me réjouit chez leur arnaque, c’est la manière dont il a transformé tous ces esprits prétendument “brillants” en simples valets et répondeurs automatiques.

PS1: Ce texte est une œuvre de pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé, des événements ayant eu lieu n’est que pure imagination.

PS2: La deuxième partie sera consacrée aux 11 remplaçants qui attendent impatiemment d’être servis. Ils sont partout où ça parle du Mujadidd mais fautes de CV ‘’gonflés’’ ils sont obligés de patienter pour des DRP suite à leur partition avec des ÇA CHAUFFE entre 2021 et 2024. 

Idrissa Fall CISSÉ 
Observateur digital
Mardi 30 Juin 2026
Dakaractu