Enseignement supérieur : Manquements à la pelle notés par l’IGE (Rapport 2018/2019) dans la gestion des orientations et allocations d’études.

L’Inspection générale d’État a réalisé, dans son rapport 2018-2019, une enquête sur les conditions d’orientation des bacheliers dans les universités et écoles privées de formation. Un défaut de planification et de pilotage, des carences dans l’approche méthodologique, un défaut de référentiel et une absence de partenariat stratégique entre l’État et les écoles privées ont été constatés.


Enseignement supérieur : Manquements à la pelle notés par l’IGE (Rapport 2018/2019) dans la gestion des orientations et allocations d’études.

« Durant la période décennale considérée, la demande d’accès à l’Enseignement supérieur s’est accrue en raison, notamment, des résultats enregistrés dans les strates inférieures », a d’emblée signalé le rapport 2018-2019 de l’Inspection générale d’Etat.

 

L’institution administrative de contrôle a rappelé que l’État s’est résolu à engager un partenariat avec des Etablissements privés d’enseignement supérieur (EPES). L’idée était, comme indiqué, dans le rapport public sur l’état de la Gouvernance et la Reddition des comptes, d’orienter tous les bacheliers vu les capacités d’accueil limitées des universités publiques.

 

L’orientation de bacheliers dans les EPES a démarré en mars 2013, a rappelé l’Ige. Laquelle institution informe que le recours au EPES fait suite aux instructions du président de la République, lors de la réunion du Conseil des ministres du 21 février 2013.

11 Établissements privés d’enseignement supérieur, 10 mille places

 

Bien avant cela, des mouvements d’humeur avaient été observés de la part des étudiants non orientés. Pour « recaser » ces derniers, indique le rapport, onze Écoles privées d’enseignement supérieur avaient fait part de la disponibilité de 10 mille places. Les bacheliers de l’année 2012 non-orientés dans les universités publiques ont été invités par le ministre chargé de l’Enseignement supérieur à s’inscrire sur www.campusen.sn, en vue de leur orientation.

 

« Le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a annoncé l’admission de l’ensemble des bacheliers, au titre de cette année, dans les universités publiques, sans aucune précision sur le caractère exceptionnel ou définitif de l’abandon du recours aux établissements privés », renseigne le dernier rapport de l’Inspection générale d’État.  

 

« Pendant cinq années académiques couvertes par les investigations de l’Ige, 40 108 étudiants ont été orientés dans 77 établissements. Et les chiffres ont évolué d’année en année », lit-on dans le document.

À la base, les EPES devaient réunir des conditions pour pouvoir accueillir des bacheliers orientés par l’État. L’établissement devait disposer de l’agrément de la tutelle, de la reconnaissance des diplômes, entre autres recommandations.

 

40 108 étudiants orientés dans 77 établissements

 

Mais, des « carences méthodiques » et un « besoin de coordination renforcée » ont été constatés par le corps de contrôle de l’Etat, après examen des processus et procédures concernant la planification.

 

« L’Ige a constaté que l’orientation dans les EPES a été affectée par des carences rédhibitoires, précisément un défaut de référentiel et l’absence d’un partenariat stratégique entre l’Etat et ces entités. La qualité de ces établissements n’apparaît pas, non plus, comme ayant été un critère déterminant », ont écrit les inspecteurs généraux d’État.

 

Ces derniers se sont appesantis sur un « défaut de référentiel », faisant état d’une absence de méthode afin de disposer d’un document de programme. « La durée de la prise en charge des frais de formation des étudiants fait partie, également, des dispositions qui auraient mérité d’être vulgarisées », ont constaté les enquêteurs de l’Ige.

 

Ils regrettent ainsi le fait que les contrats de placement et de formation des bacheliers signés entre l’autorité et les écoles privées ne soient pas largement diffusés. Ils ont été paraphés dans « des documents qui, par nature, sont confidentiels », selon l’Inspection générale d’État.

 

« En tout état de cause, l’absence de référentiel autorise à croire que l’orientation des bacheliers était une réponse ponctuelle à un enjeu qu’il serait pourtant erroné de considérer comme conjoncturel, car la demande d’accès à l’Enseignement supérieur est sur une trajectoire ascendante. » 

Mardi 14 Juillet 2020
Dakaractu



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