Enseignement Supérieur : Riposte du Sudes/ESR au Ministre Cheikh Oumar Hanne.


Suite à la réponse du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Cheikh Oumar Hanne au Syndicat Unitaire et Démocratique des Enseignants du Sénégal/Enseignement Supérieur et Recherche (Sudes/ESR) à la date du 27 Avril aux cinq points mentionnés dans le préavis de grève dudit syndicat, déposé couvrant la période du 20 Avril au 31 décembre 2020, le Sudes/ESR, à son tour, a répliqué à travers un communiqué. 

 

Lequel renseigne que Sudes/ESR se réjouit qu’après quatre courriers officiels demeurés sans réponse, monsieur Cheikh Oumar Hanne daigne répondre, par voie de presse, à une conférence de presse qui ne lui était pas prioritairement destinée. Le Sudes/ESR se réjouit de plus que la réponse du ministre prenne la forme d’une « mise au point ».

 

Pour rappel, le MESRI déplorait dans son communiqué "l'attitude de certains dirigeants du Sudes/ESR qui, sous prétexte de revendications basées sur l'exigence d'une remise en cause des acquis d'un syndicat majoritaire, se singularise par une arrogance" .

 

Selon le communiqué du Sudes/ESR « Monsieur le ministre Hanne se délivre un satisfecit pour sa gestion du sous-secteur de l’enseignement supérieur, se vantant d’avoir livré des infrastructures dans les différentes universités publiques du pays, réformé les retraites et augmenté les revenus des enseignants du supérieur ». Quant aux critiques sur la gouvernance des universités, c’est l’occasion pour le Sudes/ESR de pointer du doigt le ministre qui, déclarent-ils « se réfugie derrière un autre syndicat auquel il attribue la paternité d’une réforme dont le résultat net est l’érosion de l’autonomie des universités à travers la mise en place de conseils d’administration où les enseignants-chercheurs sont minoritaires.  »

 

Dans cette même mouvance, le Sudes/ESR dénonce le fait que Monsieur le ministre cite pêle-mêle et s’attribue des réalisations qui précèdent sa nomination, poursuivant « il est incompréhensible, si son autosatisfaction est justifiée, que les acteurs des universités publiques fassent montre d’une telle insatisfaction. »

 

Ce communiqué donne l’occasion au Sudes/ESR de souligner quelques points qui ne redorent pas l’image du ministre. «  Ne parlons-nous pas du même système universitaire qui a vu le syndicat dont se drape le ministre partir en grève pour trois jours, l’intersyndicale de l’UVS réclamer les moyens de travailler, les étudiants de l’UGB décréter 72h de grève et de journées sans ticket, les étudiants l’Université Iba Der Thiam marcher de Thiès à Diamniadio, les étudiants de l’Université Alioune Diop de Bambey décréter une grève illimitée et l’Université Assane Seck de Ziguinchor vivre une année blanche ?

 

Ledit communiqué lu à Dakaractu s’étale sur la gouvernance des universités où le Sudes/ESR déclare que le ministre se contente d'accuser un autre syndicat d’être à l'origine de la loi dont le Sudes/ESR déplore le vote ainsi que la réjouissance du ministre par rapport à la réception "d’amphithéâtres en préfabriqué." 

Ce qui est indéniable, rapporte le Sudes/ESR, c’est que l’amphithéâtre de l’Université de Ziguinchor qui aurait dû être achevé en 2009 ne l’est toujours pas, qu’il n’y a nulle construction d’infrastructures d’envergure à l’UCAD malgré les 80. 000 étudiants que compte ce fleuron de l’enseignement supérieur sénégalais, que les étudiants de Thiès marchent sur Diamniadio pour réclamer l’achèvement de leurs infrastructures, que les universités de Diamniadio et de Kaolack n’ont toujours pas vu leurs campus sortir de terre et louent à prix d’or maisons et immeubles, entre autres.

 

Le Sudes/ESR de renseigner que les extensions qu’il réclame ne sont rien d’autre que l’application des décisions déjà prises par le Président de la République suite à la CNAES pilotée à l’époque par le professeur Souleymane Bachir Diagne. 

 

Le communiqué soulève également la question des recrutements. À cet effet, le Sudes/ESR déclare « si l’on considère les chiffres de l’année 2015, il avait été calculé que si le Sénégal voulait atteindre la norme définie par l’UNESCO pour les pays pauvres, il devait recruter immédiatement 3.316 enseignants-chercheurs, compte non tenu de l’augmentation de la population estudiantine. »

 

Le Sudes/ESR regrette le fait que le Ministre Hanne se réjouisse du recrutement de 400 enseignants-chercheurs en deux ans.

Le syndicat soutient que le ministère met les universités dans une situation inconfortable puisqu’après leur avoir demandé de recruter ces enseignants-chercheurs, le ministère ne leur a pas alloué les rallonges budgétaires qui leur auraient permis de les rémunérer.

 

Concernant l’UVS, même si le Sudes/ESR continue à estimer qu’il s’agit d’une mauvaise réponse à un vrai problème, à savoir celui de la massification de l’enseignement supérieur sénégalais. Il n’en est pas moins solidaire des autres syndicats qui œuvrent pour la bonne marche de l’université. Le Sudes/ESR soutient leur lutte pour que le gouvernement leur donne les moyens de remplir adéquatement leur mission. 

 

Le Sudes/ESR de répondre  dans ledit communiqué quant aux accusations du Ministère, de l'arrogance et de l’immaturité de certains responsables, de la continuité dans l’appréciation objective des actes des autorités universitaires et ministérielles. Ainsi le Sudes/ESR profite de l’occasion pour saluer publiquement l’action positive du Recteur de Dakar qui a collaboré avec le Sudes/ESR pour régler un certain nombre de problèmes épineux auxquels l’Ucad était confrontée depuis quelques années déjà. 

 

Le Sudes/ESR salue également les efforts de Madame le Recteur de Thiès qui s’est organisée, malgré le refus du ministère de lui allouer les crédits promis, pour payer les salaires des enseignants-chercheurs recrutés à la demande dudit ministère. 

 

Enfin, le Sudes/ESR profite de cette occasion pour remercier chaleureusement M. Mamadou Talla, Ministre de l’Éducation Nationale avec lequel il a eu une collaboration fructueuse pour faciliter le détachement dans les universités publiques sénégalaises d’enseignants du moyen secondaire. 

 

Le Sudes/ESR espère avoir un jour le bonheur de féliciter publiquement son ministre de tutelle. Et affirme, rester à la disposition du gouvernement pour travailler à l’amélioration du système d’enseignement supérieur du Sénégal conformément à son crédo qui est : « Le Sudes/ESR au service de l’École, de l’Université et des Enseignants. »

Vendredi 30 Avril 2021
Dakaractu




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