Enseignement Franco-Sénégalais : Le collectif Frapp et Afrique/France dénonce un type de coopération « néocoloniale »


« Le "Collectif des enseignants Sénégalais des Ecoles Franco-Sénégalaises" de Dial-Diop et de Fann de Dakar (République du Sénégal) a informé l'opinion publique sénégalaise, française et internationale de la remise en cause unilatérale de leur détachement comme enseignants par les autorités françaises » selon le communiqué sorti par les collectifs de FRAPP et de Afrique/ France.
Estimant que les gouvernants français et sénégalais ont toujours présenté leur "coopération" comme "mutuellement avantageuse et aux bénéfices des deux pays",  le statut public en vertu des accords de coopération du 29 mars 1974 entre les gouvernements du Sénégal et de la France, la gestion de ces écoles vient d'être confiées à une structure privée dénommée Association Culturelle pour le Développement des Écoles Franco-Sénégalaises (ACDEFS).
Ce changement de statut fait suite au désengagement de la partie Française qui a arrêté ses subventions, ce qui met fin à la gratuité de l'enseignement pour les enfants français, sénégalais et de pays tiers.
Le communiqué fait toujours savoir que  l'Association Culturelle pour le Développement des Écoles Franco-Sénégalaises (ACDEFS) fait payer les parents comme nouvelle source de financement, les fonctionnaires enseignants sénégalais qui protestent contre cette privatisation qui rappelle "l'école des fils de chefs" et qui ont revendiqué par la grève le principe d'équité entre salariés Sénégalais et Français;
Ils ont ainsi demandé que soit mis fin à l'écart de salaires de cinq à six fois entre eux et leurs collègues français.
 « En France si l'écart de salaire existe dans l'Education Nationale entre Fonctionnaires et Non fonctionnaires, il n'existe pas de différence de salaire entre Non fonctionnaires français et étrangers, lesquels étrangers Maître Auxiliaires, Contractuels ou Vacataires constituent près de 10% des enseignants » fera savoir le communiqué.
Suite à leur grève, l'Ambassade de France à Dakar a décidé de mettre fin à leur détachement en tant que fonctionnaire sénégalais et a lancé un appel unilatéral au recrutement d'autres enseignants sénégalais à leur place et le Ministère de l'Education Nationale du Sénégal s'est fait complice de ce forfait.
« Cette privatisation de fait est une violation de l'accord-cadre de coopération entre le Sénégal et la France de 1972, entre les Ministères de l'Education du Sénégal et de la France »
Partant de ce constat, le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP/Sénégal) et le Collectif Afrique/France dénoncent avec vigueur ce qu’ils qualifient de « scandaleuse injustice dont sont victimes les enseignants des Ecoles Franco-Sénégalaise, les syndicats sénégalais et français doivent défendre les concernés »
Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine FRAPP/Sénégal) et le Collectif Afrique/France demandent toutefois que cessent ces pratiques dites de "coopération" qui rappellent l'époque coloniale et qui sont attentatoires aux principes  d'équité et d'égalité entre salariés et du respect de l'indépendance nationale des Etats tiers.
Mardi 24 Septembre 2019
Dakaractu



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