Enquête de la BBC sur le trafic de bois : les corrections du ministère de l’environnement et du développement durable


Suite à la publication, par la BBC, d’une enquête sur le trafic illicite de bois de Vène, le ministère de l’Environnement et du Développement durable tient à rappeler que la lutte contre ce fléau a été toujours aux premiers rangs de ses priorités.
En effet, l’Etat du Sénégal a pris conscience, depuis déjà plusieurs années, de la nécessité de remédier à cette tendance de perte de biodiversité et de destruction de nos écosystèmes forestiers, induite par des trafiquants très organisés, expédiant nos précieuses ressources vers d’autres contrées.
Ainsi, dès l’année 2015, Son Excellence Monsieur le Président de la République avait autorisé le recrutement d’agents des Eaux et Forêts et ceux des Parcs nationaux afin de renforcer les effectifs des services concernés, pour leur permettre de mieux faire face à cette nouvelle situation.
Le Président de la République a, dans cette dynamique, instruit les différentes Forces de défense et de sécurité d’unir leurs efforts afin de mettre en place un dispositif de lutte active contre ce fléau que représente le trafic illicite de bois.
 
Il s’en est suivi l’intensification des opérations de patrouilles mixtes menées par l’Armée, la Gendarmerie et le Service des Eaux et Forêts, Chasses et Conservation des sols dans les régions du Sud et du Sud-Est.
C’est ainsi que plusieurs actions permettant de mieux préserver nos ressources forestières ont été entreprises récemment. Il s’agit, entre autres, de :
  • l’entrée en vigueur de la loi n-2018-25 du 12 novembre 2018 portant Code forestier, qui dispose dans ses innovations :
    • la définition de nouveaux délits aggravés tels que le trafic illicite de bois et l’association de malfaiteurs en rapport avec le trafic de bois ;
    • l’impossibilité, pour un trafiquant, de recourir à la transaction ;
    • le relèvement des peines attachées aux infractions en matière forestière ;
  • la prise en compte des éléments nouveaux de la Convention sur le Commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d’extinction (CITES) ratifiée par le Sénégal. Il importe de rappeler que le Sénégal a été à l’origine du processus d’inscription du Pterocarpus Erinaceus à l’Annexe II de ladite convention CITES.
  • le renforcement, par l’Etat, des moyens matériels destinés à la lutte contre ce trafic ;
  • la suspension de l’exploitation du bois d’œuvre et d’artisanat dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor ;
  • la signature d’un accord de coopération dans le domaine de la gestion des ressources forestières et fauniques entre le Sénégal et la Gambie ;
  • la formulation, par le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau, d’un projet transfrontalier de Gestion durable et participative des forêts et des énergies domestiques ;
  • la soumission au Fonds vert pour le climat d’un projet de gestion durable des écosystèmes forestiers, afin de renforcer les efforts d’aménagement de nos forêts ;
  • la création de l’Agence Sénégalaise de Reforestation et de la Grande Muraille verte ;
  • etc.
Ainsi, grâce à l’ensemble de ces initiatives, plusieurs résultats ont été enregistrés ces dernières années, parmi lesquels on distingue ceux de l’année 2019, notamment :
  • L’établissement de 1 527 procès-verbaux pour non-respect des dispositions du Code forestier, dont 143 ont fait l’objet d’emprisonnement ;
  • la saisie de :
    • 8 941 billons de bois frauduleux ;
    • 4 tracteurs ;
    • 22 camions gambiens ;
    • 1 568 charrettes ;
    • Etc.
Certes, la lutte contre la destruction de nos écosystèmes constitue une bataille rude et difficile à solutionner, mais qui se gagnera certainement dans la persévérance et le renforcement des efforts jusque-là entrepris. De ce fait, le Ministère de l’Environnement et du Développement durable rassure l’opinion sénégalaise de l’engagement ferme de l’Etat à préserver nos ressources naturelles en général et forestières en particulier.
Nous invitons, par ailleurs, l’ensemble des citoyens de cette nation à participer à l’effort de reboisement, afin de contribuer à la restauration de nos écosystèmes dégradés. C’est ainsi qu’il nous sera possible de faire face aux conséquences actuelles des changements climatiques et, sans doute, ce qui nous permettra de vivre dans un environnement sain et de le garantir aux générations futures.
 
La Cellule de communication du Ministère
de l’Environnement et du Développement durable
 
Mercredi 11 Mars 2020
Dakar actu




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