En visite dans cinq pays africains : la campagne du Fatah contre l’adhésion d’Israël à l’UA.


Le Sénégal est la dernière étape d’une tournée africaine de dix-huit jours de la délégation de la commission des affaires étrangères du Mouvement National de Libération de la Palestine. Mais il n’en demeure pas moins la plus importante.

À cette occasion, les deux membres de la délégation, le Dr Davis Huriel Hyman et Kifah Harb Abdalqader ont, en présence de l’ambassadeur de Palestine au Sénégal Safwat Ibraghit, fait le bilan de ce périple qui les aura conduits en Éthiopie, au Ghana, au Nigeria, en Gambie et enfin au Sénégal. C'était ce jeudi 14 octobre à la maison de la Presse « Babacar Touré ».

Lors de cette tournée, les deux émissaires du Fatah ont porté le message du mouvement de libération et du peuple palestinien face aux velléités d’Israël d’ « infiltrer » l’Union africaine.

Depuis juillet dernier, l’État hébreux a obtenu un statut d’observateur au sein de l’Union africaine. Décision qui doit être entérinée aujourd’hui ou demain par l’organisation d’intégration africaine.

Pour le Dr Davis Uriel Hyman, Israël est un État d’apartheid dont la politique de l’exclusion n’a pas changé depuis sa création. « Israël tient à obtenir ce statut parce qu’il sait que l’Afrique représente 1/3 des pays votant à l’Assemblée générale. Siéger en tant qu’observateur lui confère le pouvoir de diviser ce bloc au sein des Nations-Unies et continuer à se donner une légitimité pour continuer à opprimer le peuple palestinien », fait remarquer le Dr Davis Uriel Hyman. « C’est un État qui tente de se vendre comme une oasis de la démocratie au Moyen Orient », ajoute Dr Davis Uriel Hyman.

Afin de déconstruire cette image bien polie de l’État hébreux, Kifah Harb Abdalqader a tenu à revisiter les méthodes anti-démocratiques et d’oppresseur d’Israël. Elle révèle avoir été gardée en détention pendant 20 jours sans savoir les motifs de son arrestation. « J’ai partagé une cellule avec les pires criminels », dénonce-t-elle en insistant sur les souffrances que fait subir l’État hébreux aux femmes. « Depuis 1967, 16 000 femmes ont connu la prison avec des tortures systématiques », renseigne la militante engagée issue d’« une famille de martyrs ».

Rappelant l’importance de terminer leur tournée au Sénégal, Kifah Harb a fait le parallélisme avec l’histoire de l’Île de Gorée qui dit-elle, l’a replongée dans la douleur que ressent le peuple palestinien du fait de l’occupation de ses terres et des brimades dont il est victime de la part d’Israël. Dans ce combat, compter sur l’Afrique est ce qu’il y a de plus naturel, précise-t-elle. Mais une bataille est en train d’être perdue ou presque.

Coordinateur de l’Alliance nationale pour la cause palestinienne (ANCP), Arfang Diouf demande à l’Union africaine de ne pas accepter en son sein un « État oppresseur ». Inscrivant son intervention dans la même lignée, Mame Moctar Guèye, vice-président de l’ONG « Jamra » invite l’État du Sénégal à jouer pleinement son rôle de protecteur connu des droits inaliénables du peuple palestinien...
Jeudi 14 Octobre 2021
Dakaractu



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