Élimination de l’Algérie des barrages du mondial 2023 / Djamel Belmadi franchit la ligne rouge : « Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais... »


La pilule ne passe toujours pas dans la gorge du sélectionneur de l’équipe algérienne de football, Djamel Belmadi (46 ans), suite à l’élimination de l’Algérie par le Cameroun (0-1, 1-2) aux barrages de la coupe du monde 2022. Après le drame de Blida, Belmadi a encore fait une sortie sur la chaîne YouTube de la fédération algérienne de football pour jeter l’opprobre sur l’arbitre du match retour, Bakary Gassama (43 ans) pire, le coach des fennecs a frôlé la menace de mort avant de se retenir sur le fil.
« Je ne dis pas qu’il faut le tuer, mais... Plus jamais on ne laissera deux ou trois personnes conspirer contre notre pays. On ne laissera plus jamais un arbitre mettre à mal un pays. Je n’ai pas aimé voir le lendemain de ce match, le départ de cet arbitre, à l’aéroport d’Alger, confortablement assis dans les salons à boire un café. J’ai vidé mon sac sur lui. Je lui ai redit la même chose quand je l’ai croisé en Turquie. Il a enlevé l’espoir de tout un peuple et on le laisse partir comme ça ? Je ne dis pas qu’il faut le tuer mais « Kha’daa Hagar » Autrement dit, l’arbitre gambien devrait avoir une bonne leçon, être méprisé. « On ne doit plus accepter ce genre de choses », renchérit Belmadi. Des propos hallucinants qui ont vite fait le tour de la toile.
 
Visiblement très marqué par cette terrible élimination qui faisait suite à la débâcle des Algériens à la CAN 2022, il admet : « Avec le temps les choses rentreront dans l’ordre et s'amenuisent. Mais ça restera toujours gravé en nous. Ça va un peu mieux mais ça reste encore un peu frais, les choses sont toujours assez vives. »

Au moment où la FIFA est en train d’étudier le recours introduit par la fédération algérienne de football (FAF), Djamel Belmadi continue de solder ses comptes. « Avec ce qui s’est passé, le minimum de respect que j’ai pour mon pays, après cet échec là ; le minimum c’était de savoir si on est capable de redémarrer malgré cet échec avec autant de force, d’énergie et de passion… Tout cela prend un certain temps parce que ce temps-là il est à la mesure du drame footballistique qu’on a pu vivre tous ensemble… Pour une personne comme moi, qui a été profondément touchée, cela méritait ce temps de réflexion. »

Suite à la démission d’Amara Charaf-Edinne le président de la FAF, Belmadi assure qu’il était aussi prêt à rendre le tablier.  « Je m’étais déjà préparé dans un coin de ma tête, au cas où cela ne fonctionnerait pas, de devoir quitter mes fonctions. Je suis dans cet état d’esprit. C’est la méritocratie, quand tu ne travailles pas bien tu dois partir… J’ai donné aux responsables la possibilité de mettre fin à mon contrat, à l’amiable. S’ils avaient pensé que je n’étais plus l’homme de la situation, j’étais prêt à partir… Ce n’était pas une démission mais plutôt une proposition. »

Aux « comploteurs algériens qui seraient au sein de la fédération », il déclare durant cet entretien, les avoir clairement identifiés tout en regrettant les conditions dans lesquelles son équipe a été éliminée. « Le peuple algérien croit encore en nous, et ça me donne encore plus de force. Plus que ces arbitres, ces conspirateurs, de l’intérieur comme de l’extérieur. Ils ne sont pas beaucoup à l’intérieur, au moins six ou sept personnes facilement identifiables. Il n’y a que du mal et du sombre en eux… Sur ces deux matches contre le Cameroun, ce n’est pas la meilleure équipe qui s’est qualifiée, c’est l’injustice du football. »

Dans une colère froide, il pointe indirectement du doigt les instances dirigeantes du football africain et mondial et ajoute avoir alerté depuis longtemps. « J’ai crié aux loups et aux dangers de l’arbitrage africain depuis trois ans. J’ai l’habitude de dire à qui veut l’entendre qu’il y a deux choses à régler en Afrique, l’arbitrage et les infrastructures… On est encore à l’âge préhistorique concernant l’arbitrage. Je ne sais pas si certains y trouvent leur intérêt à la CAF ou à la FIFA et font que l’arbitrage n’évolue pas… On est certes déçus, enragés et traumatisés, mais la force d’un peuple c’est de savoir se relever... »
Lundi 25 Avril 2022
Dakaractu




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