La clôture du dépôt des candidatures pour les élections sénatoriales a eu lieu mardi dernier. D’ici vendredi, les Sénégalais seront édifiés sur les différents candidats retenus. La compétition débouchera sur l’élection de quarante-cinq sénateurs. Les cinquante-cinq restants seront nommés par le président de la République. De ce point de vue, Macky Sall ne rompra pas avec les textes édictés par son prédécesseur, Me Abdoulaye Wade. Seulement, la coalition Benno Bokk Yaakaarl, qui avait porté sa candidature au deuxième tour de l’élection présidentielle, risque bien d’en pâtir. Car, dans tout le pays, des voix s’élèvent dans cette entité pour décrier « le mauvais partage » du gâteau, c’est-à-dire « la belle place » que s’est octroyée le parti présidentiel, l’Alliance pour la République (Apr), sur la liste de la coalition à l’élection des futurs membres du sénat. L’Apr aurait aligné trente six candidats sur les quarante-cinq convenus. Or, c’est l’avant dernière opportunité pour des souteneurs du président Macky Sall de se voir caser dans une institution, pour cinq ans. Ainsi, les frustrés candidats qui se sont vus préférer à des cadres du parti de Macky Sall n’excluent pas de « travailler pour la défaite » de ceux-ci. Ce qui est fort possible, parce que ce sont les conseillers du Parti socialiste (Ps), que dirige Ousmane Tanor Dieng, et de l’Alliance pour le progrès (Afp), de Moustapha Niasse, qui sont majoritaires dans les conseils régionaux, municipaux et ruraux. Ce sont eux qui vont élire, avec les députés, les quarante-cinq prochains sénateurs. Mais, même le cas échéant, Macky Sall obtiendra la majorité, parce que habilité à nommer plus de la moitié de la Chambre haute. Il s’y ajoute que la coalition Bby a presque atteint sa mission historique : après la formation du Sénat, le mois prochain, seul le Conseil économique et social restera à être remeublé. C’est ce qui fait que de l’avis de responsables du parti au pouvoir, le président Macky Sall est certain de ne plus être inquiété, parce que « contrôlant le pouvoir législatif ».
Alioune Badara DIALLO- Loffice
Alioune Badara DIALLO- Loffice