Élections aux États-Unis : Des proches de Trump tentent de convaincre ce dernier de concéder la victoire.


Après Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, c'est au tour de Melania, épouse du président défait, de tenter de le convaincre de concéder la victoire au démocrate Joe Biden, selon ce que des sources ont confié à CNN.

 

Le réseau de télévision a révélé samedi que Jared Kushner, l'époux d'Ivanka Trump, avait tenté de convaincre le président de reconnaître sa défaite, mais sans succès.

 

Sur Twitter, le porte-parole de la campagne Trump a démenti cette information. “Ce n'est pas vrai”, a tweeté Jason Miller. “Jared a conseillé au président de poursuivre toutes les options légales possibles pour s'assurer de l'exactitude [du résultat].”

 

Devant cette réaction du camp Trump, CNN persiste et signe en maintenant que ses sources sont fiables.

 

Dimanche, le réseau en a rajouté une couche. Selon une source distincte, c'est maintenant l'épouse du président sortant qui estimerait que le temps est venu d'accepter la défaite.

Si la première dame n'a pas commenté les résultats de l'élection publiquement, elle a toutefois “donné son ”avis en privé, “comme elle le fait souvent”, toujours selon cette source.

 

Des voix républicaines s'élèvent contre Trump

Un peu plus de 24 heures après l'annonce de la victoire de Joe Biden, des voix républicaines commencent à s'élever pour féliciter ce dernier, élu 46e président des États-Unis, mais aussi pour condamner les allégations de fraude de Donald Trump.

Parmi eux, l'ancien président George W. Bush, qui a déclaré que l'élection était “fondamentalement équitable, que son intégrité serait maintenue et que son résultat était net”.

 

Le sénateur républicain Mitt Romney, qui a lui aussi félicité dès samedi M. Biden, n’a pas manqué dimanche de critiquer Donald Trump, affirmant que ce dernier avait tort “de dire que l'élection a été truquée, corrompue et volée”, comme il l’a répété sans apporter de preuves.

M. Romney a ainsi appelé la nation à se tenir derrière Joe Biden, qu'il décrit comme “un homme de principes”.

 

« Je crois que c'est destructeur pour la démocratie d'alléguer de la fraude et de la corruption massive. Il n'y a tout simplement pas de preuves à l'heure actuelle » Mitt Romney, sénateur de 

l'Utah

 

Selon lui, les Américains ne devraient pas s'attendre à ce que Donald Trump quitte la Maison-Blanche discrètement. “Ce n'est tout simplement pas dans sa nature”, a-t-il dit.

Malgré ces ténors du Parti républicain qui s'opposent à lui, Donald Trump a continué dimanche à déverser son mécontentement sur Twitter, chacun de ses gazouillis sur le vol des élections, la fraude massive et les médias corrompus faisant l'objet d'un avertissement du réseau social.

 

Trump a manqué l'occasion d'élargir sa base électorale

 

Les stratèges du Parti républicain en sont déjà à l’analyse de l’échec. Ils estiment que durant les quatre ans passés à la Maison-Blanche, Donald Trump aurait dû élargir le socle électoral qui lui était fidèle en jouant sur l'unité plutôt que la division.

 

Selon eux, il en avait l’occasion, mais il a fait le contraire. À chaque moment décisif de la campagne électorale, il a opté pour une rhétorique de division.

 

Les stratèges républicains rappellent que le président a ignoré les avis des scientifiques et de ses propres conseillers en écoutant plutôt son noyau dur de partisans.

 

“S'il s'était attelé à mettre en œuvre une stratégie cohérente et rassurante pour gérer l'épidémie, je suis convaincu qu'il aurait comblé les marges réduites par lesquelles il a perdu plusieurs États”, assure Ryan Williams, qui avait conseillé Mitt Romney lors de sa campagne présidentielle de 2012.

 

Au lieu de lutter contre la pandémie en écoutant les avis de ses meilleurs conseillers, il a compté encore plus sur son instinct, ce qu'il a fait toute sa vie.

 

Ryan Williams, stratège républicain

Il était pourtant en tête...

Donald Trump était en bonne voie d'être réélu au début de l’année. L'économie se portait au mieux, son procès en destitution s'était soldé par un acquittement et le Parti démocrate ne parvenait pas encore à se trouver un candidat.

 

C’est l’épidémie de la COVID-19 qui a changé la donne au printemps. Inquiet des conséquences de la pandémie sur l'activité économique, Donald Trump a encouragé les États républicains refusant des mesures de confinement et rejeté les avis des scientifiques recommandant un programme national de dépistage et le port du masque obligatoire.

 

La mort de George Floyd, un homme noir tué en mai par un policier blanc de Minneapolis, qui a déclenché un vaste mouvement de protestation contre les violences et le racisme au sein des forces de l'ordre, a aussi été un point tournant.

 

Malgré le vent de sympathie pour les manifestants à travers le pays, le président n'a jamais exprimé de solidarité ou d'intérêt pour leur cause. Le président a manqué là une occasion d'élargir sa base électorale, pense le stratège républicain Ron Bonjean.

 

D'un côté, cajoler sa base vous assure d'obtenir près de 50 % de soutien globalement, mais pour gagner, il faut séduire davantage d'électeurs.

 

Ron Bonjean, stratège républicain

Puis, le président a été rattrapé par la COVID-19  au sein même de la Maison-Blanche et il a fallu l’évacuer vers un hôpital, où il a passé trois nuits.

 

Mais il n’a pas tardé à renouer avec de grands rassemblements électoraux en accusant les médias et les démocrates d'exagérer la gravité de l'épidémie, malgré un bilan de 237 000 morts au pays.

 

Pour Charlie Black, qui a conseillé John McCain lors de sa campagne présidentielle de 2008, le président Trump a été trop obnubilé par l'économie, au point d'en oublier les autres défis majeurs auxquels les États-Unis ont été confrontés en 2020.

Dimanche 8 Novembre 2020
Dakaractu




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