Elage Diouf, musicien sénégalais basé au Canada avant son départ « Je suis très fier d’avoir réussi à relever le défi à Sorano…»

Après un spectacle réussi au théâtre national Daniel Sorano le Dimanche 27 Avril, c’est entre deux soirées (Vendredi 2 au Just For You et Samedi 3 Mai à la Villa Cristal) que l’artiste sénégalais résidant au Canada s’est ouvert à l’équipe de Dakaractu. De ses impressions sur la musique sénégalaise à ses ambitions, Elage Diouf nous livre tout, en toute convivialité quelques heures avant son départ.


Dakaractu : Comment s’est passé votre séjour au Sénégal ?
 
Elage Diouf : Un bilan satisfaisant. Je suis vraiment content de l’accueil que les Sénégalais ont réservé à l’album « Akssil ». Le seul problème, c’est quelques souhaits que je n’ai pas pus accomplir, notamment des tracts pour mon prochain album. Je comptais sur certaines personnes pour  faire le travail et malheureusement elles m’ont retardé alors que j’ai essayé de m’organiser depuis le Canada… J’aurais vraiment aimé partir avec ces quelques tracts.
 
Quel bilan feriez-vous de l’after-work organisé le dimanche 27 à Sorano ?
 
Je suis vraiment satisfait, cette manifestation a été une vraie réussite, le public est venu en masse et il chantait avec moi tous les tubes, c’était émouvant. Pour ce qui est des artistes qui ont répondu à l’appel aussi, j’ai senti qu’ils se sont donnés à cœur joie, ils n’étaient pas là par obligation, mais parce qu’ils le voulaient vraiment.
 
N’était-ce-pas un défi à relever, vu que c’était votre première grande manifestation au Sénégal ?
 
Exactement, et je suis très fier de l’avoir réussi, surtout que le spectacle a été organisé en l’espace de 12 jours et que je n’avais d’autre soutien que celui de proches et amis. De plus, je n’avais même pas prévu de jouer. Et je remercie tout particulièrement ceux qui sont venus partager ces instants avec moi, comme Vieux Mac Faye, Jimmy M'baye, « le grand » M'baye Dièye Faye qui est un frère, El Hadj Ousseynou Diouf, Me El Hadj Diouf…
 
 Vos projets immédiats pour le retour au Canada ?
 
Dès mon arrivée, je me mets sur l’album, j’avance sur l’écriture. Pour l’instant, c’est mon seul projet, me mettre à fond sur le prochain album. Je sais ce à quoi les gens s’attendent  de moi au Sénégal et au Canada. Je veux en faire plus, et je vais m’y mettre à cent pour cent. Je promets un album vraiment extraordinaire, qu’ils vont adorer.
 
Est-ce-que vous comptez investir dans le marché musical sénégalais, un studio d’enregistrement ou une salle de spectacle par exemple ?
 
Pourquoi pas ?  Avec le temps, une fois les moyens et soutiens disponibles, tout est facilement mis en place. Youssou N'dour par exemple, j’imagine qu’il n’avait pas pensé à ses débuts disposer d’une télévision, c’est venu après. Ce que je veux avant tout, c’est ma propre maison au Sénégal. Rires.
 
Comment jugez-vous la musique sénégalaise ?
 
Les musiciens Sénégalais ont beaucoup de talent et ils sont très gentils. On m’accueille partout les bras ouverts. Peut-être que c’est dû à mon court séjour mais je ne vois ni de jalousie, ni aucune complication dans le milieu. Il faut dire aussi que la pauvreté est dangereuse, elle rend paranoïaque, on pense alors tout le temps qu’on vous jette des sorts et tout…
 
Vos projets pour la musique sénégalaise ?
 
Je veux la faire évoluer à ma manière, j’ai déjà quelques idées, je veux amener des musiciens canadiens ici et promouvoir un échange culturel entre le Canada et le Sénégal, concevoir des spectacles différents. Je me suis inspiré de Youssou N'dour,  de Cheikh Lô, de groupes tels que Xalam, et je veux contribuer, amener la musique sénégalaise à un autre niveau.
 
Quelles différences  décelez-vous entre le travail musical canadien et celui sénégalais?
 
Je dirai que le travail musical canadien est plus sérieux, plus fiable. Pour ce qui est du Sénégal c’est difficile, il y’a beaucoup de retard, de négligences, il manque du sérieux.
 
Vous n’avez encore jamais signé avec un label sénégalais ?
 
J’aimerais bien. D’ailleurs c’est un problème, je ne peux pas sortir d’album au Sénégal parce qu’il n’y a pas de distribution. Et il faudrait que mes albums soient aussi disponibles au Sénégal, pas seulement au Québec ; je suis donc ouvert à toute proposition de travail en ce sens.
 
A quand le retour définitif au Sénégal ?
 
J’y pense, surtout avec ce séjour, j’y pense sérieusement. Vu l’accueil qui m’a été réservé par le public sénégalais, je ne peux plus me permettre de rester longtemps sans revenir. C’est une responsabilité! Quand je partais au Canada en 1996, c’était pour deux mois, je ne pensais pas y rester. Je remercie beaucoup le public sénégalais pour m’avoir donné l’envie d’évoluer. J’ai été vraiment content de ce séjour, je vais emporter tout l’amour et la force que les Sénégalais m’ont donnés pour persévérer et revenir assez vite.
Mardi 6 Mai 2014
Papa Ibrahima Diassé