Éducation nationale : Mbaye Dione interpelle Moustapha Guirassy sur les LYNAQE, l’anglais à l’élémentaire, les chantiers scolaires inachevés, primes impayées et les classes surchargées

Le député Mbaye Dione a adressé une série de questions écrites au ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, sur plusieurs difficultés qu’il dit avoir relevées dans le système éducatif sénégalais. Situation des enseignants des LYNAQE, introduction de l’anglais à l’école élémentaire, établissements scolaires inachevés, classes surchargées et précarité du personnel administratif : le parlementaire réclame des réponses précises et des mesures concrètes.


Le système éducatif sénégalais s’invite de nouveau au cœur du débat parlementaire. Dans un document daté du 29 juin 2026, le député Mbaye Dione interpelle directement le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, sur ce qu’il présente comme de nombreux « dysfonctionnements » persistants, malgré les réformes engagées depuis l’arrivée de ce dernier à la tête du département.
 
 
Le parlementaire explique avoir recueilli ces préoccupations auprès de la communauté éducative, mais également à l’occasion de tournées effectuées dans plusieurs régions de l’intérieur du pays, notamment à Kaolack, Kédougou et Kaffrine. Il concentre d’abord son interpellation sur la situation des établissements LYNAQE, les Lycées Nation-Armée pour la Qualité et l’Équité, en particulier ceux implantés dans les régions de Kaffrine et de Sédhiou.
 
Présentés comme des établissements modernes, dotés notamment de bâtiments administratifs bien équipés, de salles de classe à effectifs limités, de logements pour élèves, d’un encadrement militaire, d’un restaurant, d’un poste de santé, d’une bibliothèque numérique, d’une salle de conférence, de laboratoires et d’une alimentation énergétique multiple, les LYNAQE devaient, selon le document, incarner une ambition nouvelle pour l’enseignement secondaire. Mais Mbaye Dione estime que la situation actuelle contraste fortement avec les objectifs initialement affichés.
 
Il affirme notamment que, depuis deux années consécutives, des indemnités et primes scolaires dues aux enseignants n’auraient pas été versées. Il évoque également plusieurs échéances de paiement annoncées mais non respectées, une situation qui aurait conduit des enseignants à envisager un mouvement d’humeur avec boycott des évaluations. Le député soutient également que les élèves n’auraient perçu que deux mois de bourse, tandis que des employés, dont des vigiles, seraient toujours sans rémunération.
 
À cela s’ajoutent, selon l’interpellation parlementaire, des difficultés liées au logement des enseignants, à la restauration, au déficit de personnel enseignant ainsi qu’au manque de manuels scolaires. Mbaye Dione demande ainsi au ministre de préciser le montant total des indemnités et primes encore dues, le calendrier envisagé pour régulariser les enseignants et verser les bourses des élèves, ainsi que les mesures prévues pour maintenir les enseignants dans leurs logements et combler les déficits en personnel. Il sollicite également des précisions sur l’état d’avancement des infrastructures des LYNAQE de Kaffrine et de Sédhiou et sur le calendrier d’achèvement des travaux restants.
 
Autre sujet soulevé : l’introduction de l’enseignement de l’anglais à l’école élémentaire. Si le député considère l’objectif comme louable dans son principe, il s’interroge sur les conditions de sa mise en œuvre. Il évoque notamment l’insuffisance d’enseignants spécialement formés, le manque de manuels pédagogiques adaptés, l’insuffisance de supports didactiques et numériques et la question de la formation continue des instituteurs appelés à enseigner cette matière.
 
Mbaye Dione demande au ministre de communiquer le nombre d’enseignants spécialement formés pour l’enseignement de l’anglais à l’élémentaire et leur répartition dans les différentes circonscriptions. Il souhaite également connaître le dispositif de formation continue mis en place pour les instituteurs ne disposant pas d’une formation préalable adéquate ainsi que le calendrier de déploiement des manuels et autres supports pédagogiques nécessaires à la réforme.
 
Le député attire ensuite l’attention du ministère sur les nombreux chantiers de construction ou de réhabilitation d’établissements scolaires qui, selon ses constatations, seraient restés inachevés dans plusieurs localités. Il décrit des salles de classe sans toiture, des latrines non construites, des clôtures inexistantes ainsi que des installations électriques et hydrauliques défaillantes.
 
Il cite notamment l’école élémentaire de Porokhane, dans le département de Nioro, l’école élémentaire du village d’Aikon, dans la commune de Kévoye, département de Salémata, ainsi que l’école élémentaire de Sagna, dans le département de Malem Hodar. Le parlementaire demande au ministre de préciser le nombre exact de chantiers scolaires inachevés sur l’ensemble du territoire, leur répartition régionale, les raisons de leur arrêt, les responsabilités éventuellement établies ainsi que le calendrier de reprise et d’achèvement des travaux. Il réclame également des précisions sur les moyens budgétaires qui devront permettre leur finalisation.
 
Enfin, Mbaye Dione élargit son interpellation aux conditions générales de travail dans les établissements scolaires. Il fait état de classes dont les effectifs dépasseraient parfois 60 à 70 élèves, d’un manque d’équipements pédagogiques et de laboratoires scientifiques, mais aussi de difficultés auxquelles seraient confrontés les élèves : absence de mobilier adapté, chaleur dans certaines salles, insuffisance des cantines, des bibliothèques fonctionnelles et des espaces sportifs.
 
Le personnel administratif n’est pas en reste. Le député évoque une précarité statutaire et financière touchant notamment des secrétaires, agents de surface, gardiens et comptables, avec, selon lui, des contrats précaires, des niveaux de rémunération jugés insuffisants et un accès limité à la formation continue.
 
Face à cette situation, Mbaye Dione demande au ministre de l’Éducation nationale d’indiquer les mesures envisagées pour réduire les effectifs dans les classes surchargées, le programme de réhabilitation et d’équipement des établissements ainsi que les dispositions susceptibles d’améliorer le statut, la rémunération et les perspectives de carrière du personnel administratif.
 
À travers cette batterie de questions écrites, le député place ainsi le gouvernement devant plusieurs dossiers sensibles touchant directement au fonctionnement quotidien de l’école sénégalaise. Il appartient désormais au ministère de l’Éducation nationale d’apporter les réponses réclamées sur le financement des LYNAQE, l’accompagnement de l’enseignement de l’anglais, l’achèvement des infrastructures scolaires et l’amélioration des conditions de travail des enseignants, des élèves et du personnel administratif.




Mercredi 12 Aout 2026
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