Économie : La Lsd dénonce le ‘’financement des projets aggravant le changement climatique et les violations des droits humains"


Économie : La Lsd dénonce le ‘’financement des projets aggravant le changement climatique et les violations des droits humains"
Des organisations de la Société civile viennent de briser le silence pour exhorter la Banque africaine de développement (Bad) à mettre fin au financement des projets qui exacerbent le changement climatique, nuisent à l'environnement et causent des violations des droits humains. Une doléance qui a été réitérée cette semaine lors des Assemblées annuelles organisées par ladite institution bancaire à Accra (Ghana) qui a enregistré la présence de plus de 3.000 délégués.
 
La Lumière synergie pour le développement (Lsd), dans un communiqué parvenu à Dakaractu, a pesté contre ce sommet qui se veut ‘’pour objectif premier de mettre l’accent sur le rôle que peut jouer la banque dans le processus de transition énergétique et son aboutissement à la résilience climatique en Afrique’’. Et ce, au moment où ‘’les communautés les plus affectées par l’impact du changement climatique, et les organisations de la société civile qui soutiennent ces populations vulnérables, n’ont malheureusement pas droit de cité au cours de ces assises’’, s’est indigné Aly Marie Sagne, le directeur et fondateur de la Lsd.
 
‘’Cette approche du développement adoptée par la Bad affecte négativement les communautés bénéficiaires et riveraines de ces projets, notamment les atteintes aux droits humains, le droit du travail et les dégâts causés à l’environnement. La démarche de la banque devient contradictoire face à des défis tels que la crise climatique où la Bad finance d'une part des projets d'adaptation et d'atténuation nécessaires pour le bien être des ayants-droit et finance d'autre part la réalisation de projets d’hydrocarbures nuisibles au climat’’, a relevé ladite organisation.
 
‘’Cela fait des années que nous nous demandons pourquoi la Banque apporte son soutien à un projet si dévastateur, c’est complètement incompréhensible de la part d’une banque qui est censée améliorer les conditions de vie des populations africaines, a déclaré Fatou Samba, représentante d'une communauté dont les moyens de subsistance et l'environnement ont été affectés par le projet de la centrale à charbon de Sendou, au Sénégal, financé par la Bad’’. Une situation que continue de déplorer la Lsd.
 
Celle-ci hausse le ton pour dire que ‘’une fois encore, des décisions cruciales sur la réalisation de mégaprojets qui affectent le quotidien de ces populations seront prises sans leur consentement et en leur absence.  À cet effet, du 23 au 25 mai, 30 participants venant de 11 pays ont tenu une réunion parallèle à Accra, afin d'élaborer des stratégies pour que les voix des communautés africaines soient entendues et respectées dans les instances de la Bad afin de relever les défis urgents qui se posent à l’Afrique’’. Ces participants à cette session stratégique sont, entre autres, des membres de la campagne #Dev4Africa qui exhortent la Bad à se montrer plus transparente dans ses opérations et à s'engager efficacement avec les défenseurs de droits en Afrique afin qu’ils puissent mettre à partie leurs expertises.
 
Les participants à la session stratégique de la Société civile, dans leurs recommandations,  ont invité la Bad à protéger les ressources naturelles ; à régler les crises environnementales et climatiques et assurer une transition énergétique équitable, notamment par une révision de la politique du secteur de l'énergie ; à s’assurer que les processus de formulation des politiques, l’élaboration des programmes et des projets soient participatifs, surtout dans le cadre des révisions de la politique de diffusion et d’accès à l’information et du système de sauvegardes intégré qui sont en cours ; faire plus en matière d'accès à l'information, de transparence et de responsabilité, notamment par la création d'un fonds de recours pour remédier aux effets négatifs des projets ; mettre fin à l'inégalité, à la pauvreté, aux limitations et à la privatisation des services d’utilité publique'', entre autres.
Lundi 30 Mai 2022
Dakaractu




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