Économie : L’alerte des transporteurs routiers au président Macky Sall sur ce qui guette le Port de Dakar.


L’application du règlement 14 de l’Uemoa relatif au contrôle de la surcharge à l’essieu continue de faire grincer les dents des transporteurs sénégalais. Ces derniers qui disent voir venir les conséquences de l’application de cette mesure, ont tenté d’interpeller le président de la République, garant de la sécurité des personnes et des biens. 
 
‘’Au nom des organisations dont je suis le responsable moral, je voudrais interpeller les Sénégalais, mais en particulier, Son Excellence, le président de la République, Macky Sall. Il ne faudrait pas qu’on tente de (vous) faire croire que c’est le règlement 14 qui est en application au Sénégal. D’ailleurs, chaque pays applique ce règlement qui est là depuis 2005, à sa façon. Et c’est pour (vous) dire qu’on n’a pas un règlement 14 relatif au contrôle de la surcharge à l’essieu parce que cela suppose que ce sont les essieux qui sont pesés. (…) le règlement qui est appliqué, en l’espèce, est l’autel sur lequel l’agneau du sacrifice n’est autre que le Port autonome de Dakar’’, a déclaré Momar Sourang, le Coordinateur du Collectif des Professionnels des Transports routiers du Sénégal (Cptrs), dans une déclaration rendue publique ce mercredi 6 juillet 2022. 
 
Dans ledit document, dont Dakaractu a une copie, le président de la République y est interpellé par les acteurs du Cptrs pour solliciter son arbitrage effectif dans le secteur des Transports terrestres. ‘’Au Sénégal, nous n’avons pas un contrôle de la charge à l’essieu, mais nous avons un contrôle de la surcharge par pont bascule. Nous vous invitons à vous référer au ministère pour vérifier ce que je dis et surtout à en parler avec vos homologues pour une révision de ce règlement’’, a dit M. Sourang qui estime ‘’qu’il y a tout un ensemble de choses au niveau du règlement 14 qui mériterait l’attention du président de la République. Ce qui est mieux pour l’intégration africaine est que ce règlement soit revu au niveau de l’Uemoa pour son application simultanée dans tous les pays’’. 
 
‘’En l’espèce, il est l’autel sur lequel l’agneau du sacrifice n’est autre que le Port de Dakar’’
 
En outre, les transporteurs en ont profité pour s’insurger contre le démenti de Mansour Faye, sur des propos qu’ils disent n’avoir jamais tenus. ‘’Il y a quelques jours, des organes de presse ont publié des informations en rapportant des propos prêtés au ministre en charge des Transports terrestres. Ces propos qualifiés dans les médias de ‘’démenti du ministre’’ Mansour Faye à l’endroit des transporteurs sur une supposée ‘’baisse des prix du pesage à l’essieu déplorée par les transporteurs’’, nous vaut cette réaction pour remettre les pendules à l’heure. Nous estimons que cela n’est pas un comportement que nous attendons d’un ministre du gouvernement du Sénégal qui se respecte’’, a-t-il relevé.
 
Une réponse que le coordonnateur dudit collectif dit avoir apporté, après quelques jours de réflexion, pour voir quelle attitude prendre face à ces propos.  ‘’Nous estimons qu’il est de bon ton de rappeler à l’opinion publique que ce que le ministère a fait, c’est ce que plus d’un qualifieraient de ‘’coq à l’âne’’.  Nulle part dans le communiqué envoyé aux organes de presse nous n’avons fait état de prix. Nous devons, aux Sénégalais, de leur signaler que chronologiquement, il y a d’abord eu un agenda. C’était pour qu’au 30 juin, on passe dès le 1er juillet sur des modifications sur le Règlement 14 de l’Uemoa relatif au contrôle de la surcharge à l’essieu. C’est cela qui avait motivé la publication de notre dernier communiqué’’. 
 
Pour M. Sourang, par ailleurs, Président de la Commission Transport du Groupement économique du Sénégal (Ges), ce ‘’démenti dénote une certaine volonté de se voiler la face. Son attitude face aux préoccupations majeures des acteurs du secteur des transports s’apparente à de la ‘’politique de l’autruche’’. Nous estimons que ce communiqué, d’où qu’il vienne, c’est de la manipulation, parce qu’en aucun moment nous n’avons parlé de prix, dans le document rendu public’’. D’où l’invite faite au ministère chargé des transports terrestres ‘’de citer nommément la cible de son démenti’’. 
 
À défaut, dit-il, ‘’cela montrerait que nous sommes gérés au pif et que la gouvernance du secteur des transports terrestres n’obéit à aucune logique ni à une quelconque pertinence’’. Il ajoute qu’être à court d’argument, ne devrait pas être une raison, pour une autorité qui se respecte de tenter de manipuler les Sénégalais en prêtant à des transporteurs des propos qu’ils n’ont jamais tenus’’.
Mercredi 6 Juillet 2022
Dakaractu



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