Économie : Cette raison ultime qui pousse le Nigéria à menacer de claquer la porte de la Cedeao.


Les jours de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) semblent être comptés. Une dislocation de cette organisation intergouvernementale ouest-africaine créée le 28 mai 1975, se dessine, au regard des propos tenus ce mardi 23 juin dernier, par le président Nigérian, Muhammadu Buhari. Il faudrait, dès lors, que des pays comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire, fassent un virement à 360°, après avoir manifesté leur volonté ferme d’aller vers un changement du Franc Cfa en Éco, pour sauver ladite communauté économique d’un éclatement qui porterait rudement préjudice à l’Afrique de l’ouest. 
 
Le président Buhari, dans une batterie de tweets a dénoncé vivement cette volonté ferme de certains pays membres de la Cedeao d’aller vers le changement du F Cfa, sans le reste de la troupe. ‘’Cela me donne un sentiment de malaise que la Zone Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine créée le 10 janvier 1994 qui a comme mission la réalisation de l'intégration économique des États membres) souhaite reprendre l'Eco en remplacement de son Franc Cfa avant les autres États membres de la Cedeao. Il est inquiétant qu'un peuple avec lequel nous souhaitons adhérer à un syndicat prenne des mesures importantes sans nous faire confiance pour la discussion. Le Nigéria soutient pleinement et est attaché à une union monétaire dotée des principes fondamentaux appropriés - une union qui garantit la crédibilité, la durabilité et la prospérité et la souveraineté régionale globales. Mais nous devons faire les choses correctement et assurer le respect absolu des normes établies’’, a dit le président Buhari. 
 
Une position ferme affichée par l’autorité suprême Nigérian qui intervient, après une demande infructueuse d’Abuja. Laquelle avait sollicité, le 11 février dernier, ‘’une prolongation du délai pour le lancement de la monnaie unique’’. Et ce, aprè avoir constaté que ‘’les critères de convergence n'ont pas été remplis par la majorité des pays. (…). ‘’Nous ne pouvons pas nous ridiculiser en adhérant à une union pour se désintégrer, potentiellement au plus tôt lorsque nous y entrons. Nous devons être clairs et sans équivoque sur notre position concernant ce processus. Nous devons également les communiquer efficacement au monde extérieur. Nous avons tous tellement misé sur ce projet pour laisser les choses à la simple discrétion et à la commodité’’.
 
Vu les choses sous cette angle, Muhammadu Buhari a plaidé pour des concertations et un temps de réflexion suffisant. Et ce, en se démarquant d’une adoption à la hâte de l’Éco en Afrique de l’Ouest. ‘’Nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une Union monétaire stratégique en tant que bloc de la Cedeao pourraient très bien être sérieusement menacées’’.
 
L’entrée de cette monnaie unique (Éco) de l’espace communautaire ouest africain, impulsée lors du dernier trimestre de 2019 par le président Ivoirien Alassane Ouattara et son homologue Français, Emmanuel Macron, à Abidjan, était prévue au cours du mois de juillet 2020. Mais en attendant cette date, il est bon de signaler que le processus d’instauration de la monnaie commune mis en branle sans le Nigéria qui représente, à lui seul 70% du Pib de la Cedeao, fragiliserait gravement ladite organisation économique régionale, s’il ne sonne pas simplement sa mort.
 
Mercredi 24 Juin 2020
Dakaractu




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