Le groupe bancaire panafricain Ecobank affiche une croissance à deux chiffres sur les neuf premiers mois de 2026. Son produit net bancaire (PNB) progresse de 12 % en glissement annuel, à 2 milliards USD. Le bénéfice avant impôt augmente dans les mêmes proportions, à 737 millions USD. Ces chiffres figurent dans un communiqué du Groupe, qui évoque un environnement marqué par les tensions inflationnistes, la volatilité des taux de change et un ralentissement de l'activité dans certains marchés africains. Selon Ecobank, ces performances reposent sur l'optimisation opérationnelle, la mobilisation des dépôts, les investissements technologiques et la mise en œuvre de sa stratégie « Croissance, Transformation et Rendements » (GTR). Le coefficient d'exploitation s'établit à 47,8 %, en dessous de la fourchette de 48 % à 50 % visée pour 2026. La rentabilité des fonds propres tangibles atteint 24,9 %.
Les dépôts de la clientèle progressent de 14 %, à 27,5 milliards USD, dont 85 % de dépôts à vue et de comptes d'épargne. Pour le directeur général du Groupe, Jeremy Awori, cette dynamique a permis d'atténuer la pression sur les marges liée au cycle de baisse des taux d'intérêt, avec à la clé une hausse de 12 % des revenus nets d'intérêts. Les revenus des activités de paiement augmentent de 9 %. Le taux de créances douteuses (NPL) reste stable à 7,5 % au cours du trimestre, dans la fourchette cible de 6 % à 8 % fixée pour 2026. La croissance reste inégale selon les régions. Le résultat avant impôt progresse de 20 % en Afrique centrale, orientale et australe (CESA) et de 10 % en Afrique de l'Ouest anglophone (AWA). Ces hausses compensent des résultats plus modérés en Afrique de l'Ouest francophone (UEMOA) et au Nigeria. « Nous avons réalisé un bénéfice avant impôt de 737 millions USD, en progression de 12 % sur un an », a déclaré Jeremy Awori, qui y voit la preuve de la solidité du modèle diversifié du Groupe. Les activités de banque de grande clientèle et d'investissement (CIB) et de banque commerciale et de détail (CCB) contribuent, selon le communiqué, de manière équilibrée aux résultats.
Le Groupe a poursuivi son expansion internationale au cours du trimestre. Il a inauguré de nouveaux locaux de représentation à Pékin et signé un protocole d'accord avec le système interbancaire chinois de paiements transfrontaliers (CIPS). Il a aussi clôturé les célébrations de son 40e anniversaire en annonçant un engagement de 2,6 milliards USD en faveur des entreprises détenues ou dirigées par des femmes et du secteur agricole en Afrique. Lors des Global Finance Awards, organisés en marge des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI, Ecobank a été distinguée « Meilleure banque en Afrique 2026 » et « Meilleure banque mondiale sur les marchés frontières 2026 ».
Pour les prochains mois, la direction identifie comme facteurs de risque l'évolution des prix de l'énergie, les tensions inflationnistes et la volatilité des taux de change. Jeremy Awori assure toutefois que le Groupe reste « sur la bonne voie » pour atteindre ses objectifs 2026, s'appuyant sur sa base de dépôts, sa liquidité et ses fonds propres. Présent dans 34 pays d'Afrique subsaharienne, Ecobank emploie plus de 14 000 personnes et sert plus de 30 millions de clients.