Pour appuyer son optimisme, le ministre de la Santé, Roger Kamba, s'appuie sur la baisse des contaminations dans la plupart des foyers. 19 zones de santé sur 63 n'ont plus enregistré de cas depuis au moins trois semaines, soutient le ministre Roger Kamba. « L'épidémie ne peut plus nous échapper. Avant on suivait l'épidémie, mais maintenant on l'anticipe ».
Mais la situation demeure critique. 44 zones restent actives, et l'épidémie résiste dans des secteurs comme Beni, Butembo ou Katwa au Nord-Kivu. Dans ces agglomérations, l'insécurité permanente et les résistances communautaires entravent le travail des équipes de riposte.
Autre motif d’inquiétude : plus de la moitié des décès surviennent encore hors des structures médicales, ce qui favorise les contaminations lors des soins à domicile ou des funérailles. De plus, le suivi des sujets contacts est repassé sous la barre des 82 %, bien loin de l'objectif de 95 % indispensable pour casser les chaînes de transmission.
Le gouvernement cherche aussi à mobiliser de nouveaux financements. Mais en attendant, les autorités congolaises haussent le ton. Elles veulent un droit de regard sur les centaines de millions de dollars mobilisés à l’étranger par les humanitaires qui doivent dire au gouvernement comment ils utilisent les fonds.
« Nous sommes dans un flou artistique qui pèse lourd sur notre système de santé, il faut qu'on repère tous les partenaires qui ne veulent pas justifier, et s'ils ne veulent vraiment pas justifier, ils n'ont pas de raison de rester dans notre pays. C'est une décision de l'État. Vous recevez l'argent au nom de la RDC, vous nous dites ce que vous avez reçu, vous nous dites ce que vous en avez fait, désormais », a affirmé Roger Kamba.
Sur les 226 millions de dollars mobilisés du premier plan de riposte, à peine plus de la moitié ont été justifiés au gouvernement par les humanitaires.